| ENQUÊTE
Télévision, TNT : les grandes ambitions
des petits nouveaux
Les groupes AB, Bolloré, Lagardère,
NRJ et Pathé vont profiter de la télévision
numérique terrestre pour faire leur entrée dans la
diffusion hertzienne nationale. Quils soient déjà
opérateurs de chaînes, de radios ou alors totalement
novices dans le secteur, ces grands groupes audiovisuels ou industriels
affichent tous une volonté de prendre une vraie place face
aux leaders historiques TF1, M6 ou Canal+.
A vouons-le : il est plus ou moins incongru de qualifier de groupes
comme Bolloré, Lagardère, AB, Pathé ou NRJ
de nouveaux entrants. Car, au-delà de ce sobriquet
hautement symbolique, ces arrivants sont loin d'être des bleus
Trois des cinq groupes retenus par le CSA ont déjà
une solide expérience en matière de télévision
(Lagardère, Pathé, AB), le quatrième (NRJ)
dispose du premier réseau radiophonique français et
a participé à la brève expérience de
TV6 entre 1987 et 1988. Seul finalement, le groupe Bolloré
n'avait aucune expérience audiovisuelle jusqu'au rachat,
via Euromédia, de la SFP en 2001. Pourtant, malgré
leur légitimité industrielle et leur assise solide,
ces cinq groupes vont bel et bien essuyer les plâtres d'une
nouvelle aventure audiovisuelle, celle de la télévision
numérique hertzienne. Pour cela, les nouveaux entrants présenteront
12 chaînes gratuites ou payantes sur un total de 30 canaux.
Il y aura quatre nouveautés (NT1, Direct 8, i-MCM et NRJ
TV) et les duplications de 8 programmes déjà existants
(AB1, Match TV, Canal J, CinéCinéma Premier, Planète,
TMC, Cuisine TV, Comédie). Dans cette nouvelle aventure,
ils devront surtout se mesurer aux trois opérateurs historiques
déjà en place : TF1 et sa puissance de feu, M6 et
ses velléités de challenger, sans oublier Canal+,
à la fois emblématique et fragilisée. Mais,
dans ce contexte, les ambitions des uns et des autres ne sont pas
forcément les mêmes.
Il y a tout dabord ceux, en dehors de lattrait du média
télévisé, pour qui la TNT est aussi un moyen
de prendre une certaine revanche. Cest le cas de NRJ. Notre
intérêt pour la télévision date dun
certain nombre dannées, note Marc Pallain, responsable
du projet TNT du premier groupe radiophonique français. Lexpérience
avortée de TV6, première chaîne musicale en France,
nous a donné un certain goût de reviens-y
Nous navons pas pu accéder, il y a quelques années,
dans loffre de TPS ou de CanalSatellite, car certains des actionnaires
de ces bouquets (M6 ou Lagardère, également éditeurs
de chaînes musicales) nous ont plus ou moins barré la
route. Mais au-delà de ces querelles, la volonté
du groupe de Jean-Paul Baudecroux est aujourdhui de pouvoir
développer sa marque sur un support essentiel. Il faudra,
certes, investir prudemment dans le numérique, mais il a le
grand avantage doffrir un nouveau mode de consommation de la
télévision. Et Marc Pallain de goûter déjà,
avec le lancement de la TNT, à lambiance que NRJ avait
déjà connue lors de lexplosion de la FM au début
des années 80.

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