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Sophie Dacbert

 

 

Cases

Bonne nouvelle : TF1 n’a pas de problème avec le cinéma français, même si Patrick Le Lay, son président, affirme dans l’entretien qu’il nous a accordé cette semaine, n’avoir pas suffisamment de films à disposition, et avoir dû renoncer à certaines de ses cases cinéma du mardi soir au profit du foot, faute de productions capables de relever le défi du prime-time. Faut-il comprendre que les cases cinéma pourraient donc refleurir sur la première chaîne française, pour peu que les films aient une carrure événementielle ? Sans doute. TF1, entreprise privée des plus pragmatiques, a prouvé qu’elle n’était fermée à rien, jusqu’à apporter les moyens nécessaires aux “artisans” du cinéma pour qu’ils puissent créer, si, in fine, le groupe y trouve du profit. Patrick Le Lay n’a jamais caché sa politique capitalistique et libérale, mais a montré aussi qu’il était capable de s’engager dans des projets aussi ambitieux qu’originaux, comme c’est le cas d’Immortel d’Enki Bilal que l’on attend avec impatience pour le 24 mars prochain. Plus globalement, le cinéma français peut trouver son compte dans la logique de soutien au cinéma populaire, même si la quête d’audience de TF1 exclut de plus en plus toute une frange de la création.

Mauvaise nouvelle : TF1 a un problème avec la fiction française qui lui coûte 16% de son chiffre d’affaires, pour une diffusion dans un délai de 18 mois – contre trois ans avant les nouveaux décrets –, et sans part producteur. Pour cette raison, TF1 a déposé plainte l’année dernière auprès de Bruxelles contre la réglementation française en matière d’investissement dans la production. Une démarche qui, si elle aboutit, risque de mettre en péril la fragile existence des producteurs audiovisuels qui, oh paradoxe, apportent à TF1 ses plus beaux succès d’audience. De plus, Patrick Le Lay le dit lui-même : “Être producteur, c’est posséder un projet, mener une démarche créative, plus que juridique et financière.” La définition est parfaitement juste pour les producteurs de cinéma… comme de fiction audiovisuelle.

Vendredi 23 janvier 2004



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