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Écrire pour la télévision : sept auteurs parlent

À l’occasion du 7e Festival des scénaristes de la Ciotat, qui a lieu du 14 au 18 avril 2004 et qui, pour la première fois, s’ouvre aux scénaristes de télévision, nous donnons la parole à sept auteurs travaillant actuellement pour le petit écran.

 
Femmes de loi
Ils sont scénaristes, auteurs, voire romanciers. À l’heure où la fiction télévisée française connaît une mutation en profondeur, avec l’arrivée de nouveaux genres comme le docufiction, ils sont aussi aux avant-postes. Mais, peut-être parce qu’ils exercent leur métier loin des projecteurs et des plateaux de télévision, ils occupent rarement le devant de la scène… Il faut aussi reconnaître que les médias, de façon générale, s’intéressent assez peu à leur profession. Combien de fois, en effet, oublie-t-on de mentionner leur nom en décrivant un projet de téléfilm, privilégiant en revanche celui du réalisateur et des comédiens qui y contribuent ? Pourtant, à la télévision encore plus qu’au cinéma, le rôle du scénariste s’est développé ces dix dernières années. “La culture du cinéma en France a, depuis la Nouvelle Vague, privilégié le point de vue du réalisateur. C’est en train de changer mais cela reste la culture générale. Ce n’est pas le cas à la télévision, où le rôle du scénariste est indépendant de celui du metteur en scène”, explique un observateur.

De plus, comme le souligne le délégué général de l’UGS (Union guilde des scénaristes), Alain Drahy, les scénaristes qui peuvent se passer de travailler pour la télévision sont très peu nombreux. “Selon une étude que nous avons effectuée il y a un an, il y a tout au plus une quinzaine d’auteurs qui travaillent exclusivement pour le cinéma.” La télévision est donc le vivier principal de scénaristes professionnels. C’est aussi le lieu où des formes novatrices d’écritures apparaissent, générées par des nouveaux genres, comme la télé-réalité, le docudrama ou la fiction documentaire, et cela en dépit des codes contraignants dont les scénaristes se plaignent, tout en réussissant à s’en accommoder. Ces formes d’écriture ouvrent à la fois de nouvelles possibilités pour les scénaristes de fiction et favorisent l’émergence de nouveaux scénaristes. Elles coïncident avec l’arrivée de nouvelles sociétés dans la production de fiction, comme ALP, Tony Comiti ou Jimmy Levy qui, auparavant, étaient plutôt spécialisées dans les émissions de flux.

Nous avons donc donné la parole à des auteurs très différents, parfois à la pointe de ces nouveaux domaines d’expression, pour qu’ils décrivent leurs façons de travailler, chacune très particulière, et leurs parcours, très variés également. Ce qui en ressort est un paysage de la création d’une énorme diversité qui, loin d’être sclérosé, semble de plus en plus ouvert à de nouvelles propositions. Un bémol cependant, si comme le reconnaît Alain Drahy, “un frémissement créatif” est détectable à l’heure actuelle, il n’en demeure pas moins que de l’avis général, les chaînes françaises dans leur ensemble manquent terriblement d’audace en ce début de millénaire. Nombreux sont les scénaristes à souligner que la situation a empiré, au niveau de la liberté d’écriture, plutôt que de s’être améliorée au cours de ces dernières dix années. Mais c’est peut-être justement la raison de ce besoin de renouveau.

Dossier réalisé par Catherine Wright

Vendredi 23 avril 2004


"La télévision est le vivier principal de scénaristes professionnels."


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