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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

Ce mois-ci, Le film français a invité au Flora Danica, pour son déjeuner mensuel, les réalisateurs Bernard Rapp pour Un petit jeu sans conséquence, Ismaël Ferroukhi pour Le grand voyage (à l’affiche depuis le 24 novembre) et Pierre Erwan Guillaume pour son polar L’ennemi naturel ainsi que les comédiens Éric et Ramzy, deux des interprètes des Dalton.

Bernard Rapp

Un petit jeu sans conséquence était au départ une pièce de théâtre qui a remporté un gros succès à Paris. Pourquoi avez-vous choisi de l’adapter au cinéma ?
J’étais à Bruxelles en plein mixage de Pas si grave quand Bruno Pesery m’a appelé pour me proposer de faire le film. C’était une première pour moi, car je n’avais jamais fait de film de commande. J’ai donc vu la pièce et j’ai pu constater que le public réagissait bien aux dialogues. C’est vrai qu’il est très facile de s’identifier aux personnages ou d’identifier des proches. L’histoire ressemble à un raccourci d’humanité qui parle à tous. J’étais aussi intéressé par la cruauté inhérente à l’histoire.

Quels sont les ajustements auxquels vous avez dû recourir pour transposer l’histoire de la scène à l’écran ?
La pièce mettait en scène cinq personnages quand le film en comprend 18. En fait, j’ai fait intervenir les personnages qui étaient hors-champ au théâtre. La bande d’amis était seulement évoquée alors qu’elle est présente à l’écran. La pièce constitue cependant la base du film. Les dialogues étaient magnifiques, et ils ont été conservés. Il a juste fallu élargir le propos pour dire tout ce qui ne pouvait être dit au théâtre.

Les comédiens qui ont créé la pièce ne figurent pas au générique du film…
Ils étaient formidables sur scène, mais je souhaitais évoluer vers un casting plus cinéma. De plus, ils connaissaient tous très bien leur rôle et je craignais certains automatismes qui auraient trop tiré le film vers la comédie de boulevard.

Comment avez-vous choisi les acteurs du film ?
Pour le mari, je voulais un comédien qui soit physique. Le personnage devait être un battant, pas un simple cocu. Yvan Attal s’est imposé de lui-même dans ce rôle. Marina Fois était porteuse de l’ambiguïté nécessaire au personnage de la meilleure amie. Le cousin ne devait pas être un crétin, mais un trentenaire touchant qui veut qu’on l’aime. Lionel Abelanski était parfait pour ce rôle. Quant à Jean-Paul Rouve, il est à contre-emploi dans le film car je n’avais pas envie d’un jeune premier qui aurait rendu trop évident le personnage du séducteur.

Avez-vous beaucoup répété avant le tournage ?
Non, j’ai préféré faire plusieurs lectures qui nous ont permis de faire quelques ajustements.

Le film se déroule dans une unité de lieu et de temps. Le tournage en était-il plus compliqué ?
C’est sûr que le tournage a été difficile sur le plan technique. D’autant plus que nous avions choisi de tourner en mai et juin pour profiter du beau temps et qu’il a fait un temps épouvantable. Le travail d’éclairage était très lourd, du coup l’attente était longue pour les comédiens. Nous devions guetter la moindre éclaircie pour faire des plans larges en extérieur.

La maison est bien plus qu’un simple décor, c’est un personnage à elle toute seule…
J’ai utilisé des focales courtes et moyennes pour que le décor soit toujours présent à l’écran. La maison n’est ainsi jamais floue à l’image. C’est le côté théâtral du film.

Des projets ?
J’ai des idées et des envies, mais pas de projets. Je vais déjà aller au bout de cette aventure.

Propos recueillis par Anthony Bobeau

Vendredi 24 décembre 2004

   Bernard Rapp

   Eric & Ramzy

   Ismaël Ferroukhi
   Pierre Erwan Guillaume
 
 

 

 

 

 


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