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Sophie Dacbert

 

 

Performance

Quelle leçon tirer des performances des uns et contre-performances des autres, en ces temps où les sondages et autres statistiques font trembler les politiques, les industriels et même les artisans et créateurs, affublés ou privés de l’américanisme “bankables”, quelles que soient leur cote du moment ou la qualité de leur travail ? Le bilan 2004 annoncé par la MPAA, association omnipotente de l’industrie cinématographique hollywoodienne, affiche une nouvelle progression du box-office américain, et des recettes en explosion dans le reste du monde (+ 44%). Avec 9,53 Md$ au compteur national, Dan Glickman, le nouveau patron d’Hollywood, a tout lieu de se réjouir. Car même si derrière l’irrésistible ascension des recettes US (+25% en quatre ans), se cache une nouvelle diminution de la fréquentation locale, il n’en demeure pas moins que le cinéma continue d’être vital pour l’industrie américaine. Seul bémol dans cette course folle à la rentabilité, le poids toujours plus écrasant des grosses machines, au détriment de la production indépendante, et donc du renouvellement de la création, tout américaine qu’elle soit. En France, après une année faste en matière de fréquentation, le début 2005 déçoit. L’absence de locomotives en est la raison : un seul film, Iznogoud, a dépassé les 2 millions d’entrées, quand cinq titres figuraient au-delà au premier trimestre 2004. Pour autant, faut-il occulter des réussites comme Ray ou Aviator, pour lesquels on peut rendre à Hollywood ce qui lui appartient, et en France des bijoux tels que De battre mon cœur s’est arrêté, Le promeneur du Champ de Mars,Tu marcheras sur l’eau ou cette semaine encore Tout pour plaire. Moindre en termes de box-office, leur performance n’en est pas moins réelle. Quant aux bilans du CNC concernant la production cinéma, ce ne sont que des indicateurs objectifs. Personne ne dit le contraire : les performances relevées, en nombre de films produits et en masse financière dégagée, ne cachent pas une fragilité latente du système français.

Vendredi 25 mars 2005

 



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