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Unifrance : grande séduction au Japon

Le 12e Festival de Yokohama, au sud de Tokyo, a réussi une nouvelle fois à mélanger la promotion des stars et le commerce de droits des films français.

 
 
Yokohama s’est imposé comme la tête de pont des opérations de promotion du 7e art français à l’étranger.

Le cinéma français ne se résume pas. Il éclate dans des dizaines de tendances. Et l’une des grosses tendances ces dernières années, c’est la prise de pouvoir des réalisatrices.” C’est par ces mots que Jean-Paul Rappeneau a présenté Mariages !, le film de Valérie Guignabodet, projeté au Pacifico de Yokohama, à l’occasion du 12e Festival du film français organisé par Unifrance, la semaine dernière au Japon. Des films (longs et courts), des stars et des professionnels comme s’il en pleuvait, Yokohama s’est une nouvelle fois imposé comme la tête de pont des opérations de promotion du 7e art français à l’étranger. Et pour cause. On ne néglige pas le premier marché du cinéma français hors de ses frontières. On le chouchoute. L’an dernier, 4,2 millions de spectateurs japonais se sont rendus dans les salles pour voir des films français. Selon l’étude du territoire publiée par Gilles Renouard d’Unifrance, “la réceptivité des Japonais, publique et professionnelle, aux films français ne se dément pas. [...] Le Japon est cette année encore l’un des pays les plus rémunérateurs en termes de recette pour les films de langue française (44 ME pour les films français)”. Les artistes, producteurs, distributeurs connaissent l’enjeu et se déplacent bien volontiers au Japon en jouant le jeu de la promotion, dans des conditions frisant la perfection, grâce à une organisation rodée. En plus des présentations mutuelles des films des autres, les artistes ont été soumis à un prix du public (qui est allé à Moi César de Richard Berry). Ce prix est une première et selon les mots de Margaret Menegoz, présidente d’Unifrance, “nous avons pensé qu’une petite compétition était bonne pour les équipes. Si nous pouvions sentir l’enthousiasme dans les salles, nous n’avions pas de mesure précise. C’est désormais fait.” Cette année, la délégation avait confié sa présidence à Emmanuelle Béart, ambassadrice de charme et star certifiée auprès du public japonais. Patrick Bruel, Benoît Poelvoorde, Lio, Richard Berry, Marion Cotillard, pour ne citer qu’eux, se sont tous pliés aux séances polies de signature d’autographes et de séances photo via les téléphones portables nouvelle génération, sorte de prolongement japonais de la main. Pas de délire façon Festival de Cannes. Pas de bousculades. Une communion subtile entre un public et des artistes venus d’Europe. C’est ce mélange étonnamment homogène qui assure le succès du rendez-vous. C’est également l’alchimie entre le strass sans stress et le business qui motive Unifrance et ses partenaires à cajoler Yokohama. Car pendant cinq jours, la quasi totalité des exportateurs français de films rencontre la clientèle asiatique pour placer leurs films. Des rencontres qui sont même allées au-delà des frontières japonaises, certains exportateurs ayant fait le déplacement en Corée quelques jours avant Yokohama, et beaucoup d’acheteurs de pays asiatiques (Vietnam, Inde, Thaïlande...) ayant été conviés pour une grande réunion professionnelle.

Vincent Le Leurch

Vendredi 25 juin 2004


  Margaret Menegoz

"Le Japon est le premier marché du cinéma français hors de ses frontières."

 

 

 

 

 



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