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EDITO
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Sophie Dacbert
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Produit
culturel
Le marché de la vidéo, ou plutôt
du DVD, est parvenu à maturité. En France comme ailleurs,
le disque numérique est entré dans la famille des
produits de grande consommation. Même si dans certains pays,
il conserve son aura culturelle, le DVD est même devenu produit
dappel. Et voilà que pour la première fois justement,
un produit culturel dérivé de secteurs très
encadrés la production cinématographique et
audiovisuelle notamment a créé ses propres
règles, ultralibérales et concurrentielles, favorisant
un environnement promotionnel et tarifaire peu ou pas maîtrisé.
Depuis le début de lannée, les offres promotionnelles
fleurissent de toutes parts. De lopération promo à
1 E le DVD dans les hypermarchés, aux offres couplées
avec la presse magazine ou quotidienne, en passant par le discount
via internet, difficile aujourdhui pour le consommateur de
garder une idée claire de la valeur dun film en DVD,
le commun des nouveautés se situant autour de 20 E. Pire,
les conséquences de la déferlante des prix cassés
sont loin dêtre mesurées, par lédition
et la distribution vidéo elles-mêmes, comme par la
filière cinéma.
Au-delà de la guerre des prix qui a cours dans le secteur,
cette situation nest pas sans poser des questions de fond.
Face à linévitable ascension de la VOD, lindustrie
de la vidéo na-t-elle pas tout intérêt
à profiter de sa formidable croissance en exploitant au mieux
un patrimoine culturel dune grande richesse ? Faire accéder
le plus grand nombre à ce trésor nest-il pas
bénéfique pour la fameuse diversité culturelle
? A contrario, le bradage ne dénature-t-il pas la notion
duvre et le travail déditeur ? Le consommateur
est-il capable de faire la différence entre une uvre
de qualité, agrémentée de bonus, et des séries
B bas de gamme ? À qui, finalement, profite cet état
de fait : au cinéma dauteur ou aux blockbusters, aux
indépendants ou aux majors ?
En attendant les réponses à ces questions, force est
de constater la vitalité dun support qui, en France,
pèse le double des recettes salle. Un rapport qui, sil
prévalait encore lannée dernière aux
Etats-Unis, y est passé du simple au triple en cette fin
2004, sans affaiblir les cinémas.
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