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ENTRETIEN
DU FILM FRANCAIS
Michaël
Boukobza
Directeur général d'Iliad
Avec larrivée de capacités
daccès à internet à très haut
débit, lurgence de parvenir à proposer des offres
de vidéo à la demande (VOD) pour contrer le piratage
des films via les réseaux peer-to-peer na jamais autant
été dactualité. Distributeur de chaînes
de télévision par ADSL, Free est le premier fournisseur
daccès à internet à proposer un tel produit.
Michaël Boukobza, directeur général de sa maison
mère, Iliad, entend être à cette occasion lallier
des producteurs de contenus.
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Quelle impression retenez-vous de votre première
immersion dans lindustrie du cinéma à loccasion
des dernières rencontres de Beaune ?
Pour Free, cétait une occasion unique de pouvoir
discuter avec les professionnels du cinéma afin de parvenir,
ensemble, à proposer une offre légale de cinéma
à la demande, dabord dans lintérêt
du consommateur mais aussi dans celui de lindustrie cinématographique
et celle de laccès aux contenus.
Free est le premier opérateur à lancer une offre
très haut débit.
Le 22 octobre, Free a été le premier à
proposer une offre commerciale avec la technologie dite ADSL 2+
(jusquà 15 méga, soit 4 fois plus que ADSL actuel).
Patrick Devedjian, le ministre délégué à
lIndustrie, est venu le lancer car cest une première
en France, et même en Europe.
À quoi sert tout ce débit ? Combien de temps faut-il
finalement pour télécharger un film ?
Il sert dabord à obtenir une immédiateté
de linformation. Aujourdhui, Internet est aussi fluide
que la radio ou la télévision, il ny a aucun
temps de latence. Ensuite, il sert à tous ceux qui jouent
en réseau ou utilisent des logiciels de visioconférence.
Enfin, il permet le téléchargement légal, comme
la mise à jour de logiciels. Concernant les contenus audiovisuels,
une partie de ce débit est déjà utilisée
par Free pour proposer des chaînes de télévision.
Leur qualité de diffusion va pouvoir saméliorer
en termes de débit dencodage. Et, bien sûr, la
voie pour une offre légale de vidéo à la demande
(VOD) est clairement ouverte.
Vous parlez de légalité. Mais cest le téléchargement
illégal de films via les réseaux de peer-to-peer qui
est largument commercial majeur de ce type dabonnement
?
Je nai vu aucune étude démontrant quon
sabonne au haut débit pour le téléchargement
illégal. Le piratage doit de toute façon être
combattu. Les fournisseurs daccès à internet
(FAI) se sont engagés en juillet dans une charte avec les
industriels de la musique. Et sans avoir encore signé un
tel accord avec laudiovisuel, nous avons déjà
pris une série de décisions. Par exemple, Free na
jamais vanté le téléchargement illégal,
na jamais communiqué de manière directe ou indirecte
sur des sites de téléchargement illégal, contrairement
à dautres opérateurs montrés du doigt
par les professionnels du cinéma.
Pensez-vous que les FAI parviennent à éradiquer
la gratuité sur Internet, comme le demandent les producteurs
?
Il ne faut pas se tromper de combat. À partir du moment
où une offre légale, claire, bon marché, et
simple dutilisation de VOD sera disponible, on arrivera à
endiguer le piratage et on créera un nouveau marché
pour le secteur audiovisuel. La pédagogie, et la répression,
nauront deffets quavec une telle offre.
Pouvez-vous assurer aujourdhui une sécurisation
de loffre légale ?
LADSL est le seul système inviolable de distribution
de contenus. Parce quil sinscrit dans une logique de
contrôle daccès physique de bout en bout, et
non plus dans une logique de course technologique développeurs/hackers.
Nous avons une cohérence physique testée à
chaque instant avec nos abonnés : adresse machine
à lintéreur de la Freebox, ligne de téléphone,
port du DSLAM (équipement de réseau). En zappant avec
la Freebox, labonné appelle une chaîne. Le réseau
demande à la base de données en interne sil
y a droit. Le contrôle daccès repose sur un lien
physique, unique, vérifié de manière continue.
La sortie du contenu audiovisuel se fait derrière la prise
péritel en analogique, avec un contrôle de laccès
physique. En termes de garantie de sécurité, nous
nous plaçons donc, jinsiste, au-delà des standards
existants ! Le système tourne à grande échelle
pour les chaînes de télévision depuis un an.
Il fonctionne parfaitement. Nous sommes totalement prêts pour
accueillir la VOD.
Comment abordez-vous la question de la rémunération
des ayants droit et du partage de valeurs ? Êtes-vous prêts
à une taxation des abonnements ou du trafic montant (upload)
?
Au sujet de la tarification, lensemble des opérateurs
ont fait un effort significatif pour baisser leur prix, monter la
bande passante, augmenter les services et, dans le cas de Free,
fournir gratuitement la Freebox. Le gouvernement vise 10 millions
dabonnés au haut débit fin 2007. Autant de clients
amenés par les FAI à laudiovisuel ! Or, cette
part de clientèle a été recrutée, équipée
et sécurisée sans effort de la part du monde du cinéma.
Nous allons créer de la valeur incrémentale : générer
un chiffre daffaires par les abonnements et les paiements
à lacte, notamment, sur la vente de contenus. Ce montant
sera prélevé sur les factures des FAI, sans problème
de recouvrement. Nous considérons que la majorité
de la valeur produite doit être redistribuée aux ayants
droit afin de financer la création. Via les pratiques contractuelles
ou des redevances aux sociétés dauteur, la réponse
ne nous appartient pas.
Autre point important, proposer une offre facile dutilisation
Free développe sa propre plateforme technique. Les contenus
seront mis en avant aussi simplement que le sont aujourdhui
les chaînes de télévision, accessibles par un
clic de télécommande. Et il ny a pas de limite
aujourdhui à la capacité de films ou de contenus.
Selon vous, y a-t-il urgence à régler lencadrement
de la VOD ?
Il y a beaucoup de problématiques à régler
: les fenêtres, les catalogues sur lesquels les droits doivent
être clarifiés
Mais ce nest pas à
nous dapporter des réponses. Nous sommes simplement
un nouveau distributeur. Nous ne sommes pas des professionnels de
contenus. Une fois que toutes ces problématiques seront résolues,
louverture commerciale se fera dans la foulée. Mais
effectivement, il est nécessaire daller vite.
Pourtant il y a encore peu, les FAI étaient plus réticents
à la discussion
Les premiers contacts pris avec les sociétés
de droits dauteur et le monde du cinéma datent dil
y a plus dun an. Lensemble du milieu a été
progressivement sensibilisé. Je nai pas le sentiment
dun changement de discours de notre part.
Vous venez de signer avec Canal+ pour une reprise des chaînes
de Canalsat, en plus des 110 chaînes que vous proposez déjà.
Combien dabonnés comptez-vous ?
Free recense 908 000 abonnés haut débit, dont
200 000 regardent régulièrement la télé
par ADSL grâce à la Freebox, soit 75% de ceux qui peuvent
le faire. Nous visons entre 17 et 20% de PDM sur lADSL en
France, sachant que fin 2007, je le répète, le gouvernement
vise plus de 10 millions dabonnés.
Quid de vos discussions pour une reprise de TPS ?
Suite à notre plainte devant le Conseil de la concurrence,
TPS, TF1 et M6 ne discutent pas avec nous, contrairement aux engagements
pris.
Propos recueillis par Sarah Drouhaud
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