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Cinéma français : l’été de tous les dangers

Le cinéma français n’a pas brillé en juillet et août qui ont été marqué par une série d’échecs d’autant plus cinglants que la fréquentation estivale a progressé par rapport à 2003.

 
 
San Antonio, Atomik Circus et L’Américain font partie des films qui, au mieux, ont déçu, au pire, ont essuyé des échecs cinglants.

Des lendemains qui déchantent. Après l’euphorie du premier semestre où le cinéma français a multiplié les succès, des Choristes à Podium en passant par Malabar Princess et Les 11 commandements, l’été s’est révélé meurtrier pour les productions nationales, en particulier pour les comédies. L’Américain, Nos amis les flics, Atomik Circus, San Antonio, Cause toujours !, Bienvenue en Suisse, Casablanca Driver, Les gaous et Pour le plaisir, autant de films qui, au mieux, ont déçu et, au pire, ont essuyé des échecs cinglants. À qui la faute ? Chaque film a pu se prévaloir d’une exposition satisfaisante tant en terme d’affichage que de copies, la plupart profitant aussi de têtes d’affiche : Vanessa Paradis et Benoît Poelvoorde pour Atomik Circus, Gérard Lanvin et Gérard Depardieu pour San Antonio, Vincent Perez et Emmanuelle Devos pour Bienvenue en Suisse, Thierry Lhermitte et Lorant Deutsch pour L’Américain, Victoria Abril et Jean-Pierre Darroussin pour Cause toujours ! ou encore Daniel Auteuil et Frédéric Diefenthal pour Nos amis les flics. La réponse est donc à chercher du côté de la qualité apparemment insuffisante pour mobiliser le public. Aucun film n’a d’ailleurs dépassé la barre des 400 000 entrées, alors que Le coût de la vie était déjà millionnaire l’an dernier à la même période. Certains résultats sont à ce titre éloquents. Ainsi, San Antonio n’atteint pas la barre des 250 000 entrées alors qu’il a coûté 23,3 ME selon les devis du CNC. Sorti le même jour que le film de Frédéric Auburtin, Atomik Circus ne fait pas mieux avec 240 000 entrées pour un budget annoncé de 16 ME. Il n’était d’ailleurs peut-être pas judicieux de lancer le même jour deux productions coûteuses dont les chances de succès individuel étaient déjà peu élevées. Si leurs coûts de production étaient moins importants car inférieurs à 10 ME, L’Américain, Nos amis les flics et Cause toujours ! n’ont guère fait mieux, les deux premiers passant difficilement le cap des 300 000 entrées et le troisième enregistrant tout juste 250 000 entrées. Et il vaut mieux jeter un voile pudique sur les résultats de Pour le plaisir et Les gaous qui cumulent moins de 40 000 entrées. La comédie à la française n’est néanmoins pas la seule à avoir souffert de l’été. Sortis discrètement, Le cadeau d’Elena et L’après-midi de monsieur Andesmas ont connu des carrières… discrètes ! Folle embellie a aussi déçu avec un cumul inférieur à 30 000 entrées. De même, Je suis un assassin n’a pas profité pleinement de son trio d’acteurs (François Cluzet, Bernard Giraudeau et Karine Viard). Le film de Thomas Vincent totalise 101 260 entrées depuis sa sortie le 11 août dans 130 salles. Au final, seul J’me sens pas belle est parvenu à tirer son épingle du jeu. La comédie sentimentale de Bernard Jeanjean réalise plus de 260 000 entrées en trois semaines, ce qui, ramené à son petit budget de 1,3 M$, en fait un joli succès. Même constat – à un moindre niveau – pour Clara et moi produit pour 1 ME qui a enregistré 141 193 entrées. Tout est donc affaire de rentabilité et de relativité.

Les contre-performances françaises sont d’autant plus importantes que la fréquentation estivale n’a pas cessé d’augmenter par rapport à l’été 2003. La brillante continuation de Shrek 2 qui approche des sept millions d’entrées et les sorties réussies de Fahrenheit 9/11 et Spider-Man 2 ont dopé le box-office. Certaines semaines, les entrées progressaient de plus de 100% par rapport à la période correspondante 2003.

La fin de l’été s’annonce plus prometteuse. Malmené par la majeure partie de la critique, Tout le plaisir est pour moi réussit malgré tout à trouver sa place dans les salles. Sorti le 18 août, le premier long métrage d’Isabelle Broué emmenée par Marie Gillain a attiré 126 459 spectateurs dans 150 salles. De même, les premiers résultats des avant-premières de Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants étaient plutôt prometteurs à la veille de sa sortie. Le bilan de l’été ne serait toutefois pas complet sans mentionner l’insolente bonne santé des Choristes. À l’affiche depuis le 17 mars 2004, le film de Christophe Barratier est parvenu à se maintenir en juillet et août à des hauteurs que bon nombre de nouveautés n’ont jamais atteintes. Il cumule à ce jour près de 7,3 millions d’entrées. De quoi en laisser beaucoup rêveurs.

Anthony Bobeau

Vendredi 27 août 2004
"Des échecs d’autant plus cuisants que les budgets sont élévés."

 

 

 

 

 

 

 



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