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EDITO
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Sophie Dacbert
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Ciné-vidéo
club
Nous sommes du même côté
de la barrière. La déclaration faite aux éditeurs
vidéo par le réalisateur-producteur Jacques Fansten,
lors de la table ronde que nous publions cette semaine, marque un
véritable tournant dans lhistoire de laudiovisuel
français. Car même si dans les faits, la vidéo
fait partie de la filière cinéma depuis plusieurs
années, ne serait-ce quà travers la taxe sur
son chiffre daffaires qui la fait contribuer au fonds de soutien
du CNC, ce nest que très récemment que le rapprochement
a pu sopérer réellement. Chaque secteur commence
seulement à sintéresser de près à
lautre, à ses problématiques, ses perspectives,
et à se trouver des affinités au point de se fixer
des objectifs communs. Fini le snobisme entretenu de part et dautre,
surtout du côté cinéma, il faut bien le dire.
Bienvenue au club, ciné ou vidéo, cest selon
! Les distributeurs salle deviennent éditeurs, les éditeurs
se lancent dans la distribution cinéma, le tout avec la bénédiction
des auteurs et des réalisateurs.
Raison de ce soudain intérêt mutuel : le DVD qui a
trouvé grâce auprès des gens de cinéma,
non seulement par ses qualités qui offrent une deuxième
vie digne de ce nom aux uvres de cinéma, mais aussi
plus personne ne dira le contraire , par son poids
économique grandissant. Aujourdhui en effet, le chiffre
daffaires des éditeurs vidéo français
est supérieur aux recettes guichets des films, et donc à
celui des exploitants et distributeurs salle réunis.
Conscients de la mutation en cours de la consommation des films,
les gens du cinéma ont, semble-t-il, décidé
de se rapprocher des éditeurs, le Syndicat de lédition
vidéo ayant même été intronisé
membre du Bureau de liaison des industries cinématographiques
(Blic). Et si le cinéma propose de réguler le marché
de la vidéo, cest pour mieux le défendre contre
le piratage, mais aussi contre le rouleau compresseur de la grande
distribution. Quoique ! Quune entreprise comme Cdiscount,
filiale de Casino, se prenne elle aussi à sintéresser
à la filière cinéma, en acquérant les
droits vidéo de films comme Les invasions barbares, voilà
qui mérite dêtre suivi de près.
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