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ÉVENEMENT
La prophétie des grenouilles:
un pari 100% français
Lancé sur 300 copies le 3 décembre,
La prophétie des grenouilles marque la sortie du premier
film danimation de cette envergure entièrement fabriqué
en France, depuis Le roi et loiseau.
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La superbe création
graphique de Iouri Tcherenkov pour La prophétie .
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En moins dun an, le cinéma
aura réussi à obtenir la mise en place dun instrument
fiscal visant à favoriser la production française
et à relocaliser les tournages et les prestations techniques
en France, et en conséquence à maintenir de nombreux
emplois dintermittents. LAssemblée nationale
a ainsi adopté en première lecture le 14 novembre
un amendement au projet de loi de finances pour 2004 instituant
le dispositif de crédit dimpôt pour le cinéma.
Sous réserve de sa confirmation par le Sénat, le mécanisme
et ses curseurs sont conformes à ce qui a été
défendu par le ministère de la Culture et de la Communication
et le Centre national de la cinématographie, en concertation
avec la profession, depuis plusieurs mois.
Concrètement, à partir de janvier 2004, tout producteur
délégué de film agréé qui réalise
lessentiel de ses dépenses de tournage et de postproduction
en France bénéficiera dune baisse de limpôt
sur sa société ou, en labsence de bénéfice
imposable, situation la plus fréquente pour les sociétés
de production, dun chèque des services fiscaux. Le
crédit dimpôt correspondra à 20% de ses
dépenses. Il est plafonné à 500 000 €
par film de fiction ou documentaire. En revanche, le secteur de
lanimation a obtenu un plafonnement supérieur, à
750 000 € par film. Un montant qui se justifie par la part
beaucoup plus importante des dépenses techniques en animation,
représentant de 70 à 80% du budget dun film
contre 35 à 40% pour un film en prises de vues réelles.
La déduction fiscale oscillera entre 6 à 8% du budget
des films. En cas de coproduction déléguée,
le crédit dimpôt sera attribué aux différentes
sociétés de production proportionnellement à
leur part dans les dépenses engagées. Avantage de
ce système : sa simplicité et son automaticité.
Au vu de lagrément des investissements du CNC, ladministration
fiscale naura quà constater léligibilité
du film à ce mécanisme, et donc le crédit dimpôt
pour la société. Pour en bénéficier,
le producteur devra réunir au moins 38 points sur les 40
du barème de lagrément sur les postes suivants
: techniciens et collaborateurs de création, ouvriers, tournage
et postproduction. Deux points de franchise pour raisons artistiques
sont donc conservés.
Cette mesure devrait représenter pour lÉtat
un coût fiscal de lordre de 23 M€. Très
attendue par les secteurs de la production et des industries techniques,
elle devrait leur apporter un bol dair. LARP, la Chambre
syndicale ou le SPI ont notamment souligné sa pertinence
pour la production indépendante. À la différence
du crédit bail fiscal initialement envisagé, le crédit
dimpôt va en effet bénéficier à
un spectre beaucoup plus large de la production. En revanche, lavantage
fiscal est moins important que ceux accordés chez un certain
nombre de voisins européens (cf. FF n°3014). En attendant,
le premier effet de cette mesure est conjoncturel : un certain nombre
de productions ont été reculées à janvier
2004 pour pouvoir bénéficier de la mesure.
Du côté de lanimation, qui produit trois à
cinq longs métrages par an, lenthousiasme est aussi
de mise : Cest une très bonne nouvelle et cest
la première fois que nous faisons entendre notre spécificité
dans le cinéma, souligne Stéphane Le Bars du
SPFA. Pour nos prochaines productions, nous réfléchissons
très sérieusement à notre grille de points.
Cest une vraie bouffée doxygène pour rapatrier
les savoir-faire en France, explique le producteur Didier
Brunner (Les Armateurs) au nom dun secteur particulièrement
enclin à la délocalisation du fait de la nécessité
des montages financiers internationaux, pour des budgets oscillant
entre 7 à 10 M€. Nous allons tenter dharmoniser
le mécanisme avec dautres systèmes européens,
comme le crédit dimpôt belge, pour boucler les
montages financiers, ajoute le producteur. Or justement, le
système nest a priori pas prévu pour être
cumulé avec des coproductions qui nécessitent des
contreparties en dépenses techniques, soit lessentiel
des coproductions. En France, son articulation avec certaines aides
assises sur la même assiette, comme les aides aux industries
techniques de la région Ile-de-France se fera de la manière
suivante : laide non remboursable calculée sur la même
assiette de dépenses que le crédit dimpôt
sera soustraite de lassiette de calcul du crédit dimpôt.
Autre précision pratique recueillie auprès du CNC,
les dépenses éligibles seront celles facturées,
et non celles payées. Le contrôle du mécanisme
se fera de manière classique a posteriori par ladministration
fiscale.
Un autre point à éclaircir porte sur le traitement
juridique et comptable du crédit dimpôt. Constitue-t-il
une créance à intégrer dans le plan de financement
dun film ou une créance pour la structure ? Cette créance
qui sera escomptable, sera aussi susceptible dêtre cessible
à un établissement bancaire. Les conditions de cette
cessibilité sont à préciser. Une réunion
sur le sujet est prévue au CNC la semaine prochaine avec
les établissements financiers concernés. Pour le dirigeant
de Coficiné, Didier Duverger : Le crédit dimpôt
est beaucoup plus pertinent que le crédit bail fiscal. Son
économie globale est bonne. En revanche, la sécurité
attachée à la cessibilité de cette créance
est très faible et constitue une garantie ténue pour
les banques. Nous aimerions être inscrits en priorité
lors de sa naissance. En effet, si la créance sera
cessible au moment de lengagement des dépenses, elle
naîtra pour ladministration fiscale au moment de la
communication au Trésor public de la déclaration dimpôt
de la société, parfois jusquà un an et
demi après les dépenses engagées.
À linstar des secteurs de la production audiovisuelle
de fiction et de lanimation, la Ficam milite pour son extension
à laudiovisuel, autre secteur très atteint par
la délocalisation. Or, lors du vote à lAssemblée
nationale, un amendement présenté pour lextension
du mécanisme à la production audiovisuelle a été
écarté. Cette extension représenterait un coût
fiscal de lordre de 40 M€ pour lÉtat. De
plus, le système devra faire ses preuves avant dêtre
peut-être un des objectifs du budget 2005, comme
la indiqué Jean-Jacques Aillagon devant lhémicycle.
Sarah Drouhaud
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