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DÉJEUNERS DU FILM FRANCAIS

Ce mois-ci, Le film français a invité au Flora Danica les réalisateurs Anne Fontaine pour Nathalie… et Jean-Marc Moutout pour Violence des échanges en milieu tempéré, ainsi que les comédiens Sarah Grappin à l’affiche de Je t’aime, je t’adore et Jalil Lespert pour Les amateurs.

Sarah Grappin

Dans Je t’aime, je t’adore, vous interprétez le personnage de Delphine, une jeune femme qui tombe enceinte de son amour de jeunesse (Manuel Blanc) qu’elle quittera pour un autre homme (Clovis Cornillac). Qu’est-ce qui vous a intéressée dans ce personnage ?
Ce rôle, c’est le fantasme maximum d’une petite fille qui joue à la poupée et au papa et à la maman. Pour moi qui à ce moment-là n’avais pas d’enfant, c’était un challenge énorme. Quand on n’a pas vécu cet état très particulier qu’est la grossesse, on ne peut s’en remettre qu’à son imaginaire. Interpréter ce rôle, c’était faire comme lorsque j’étais petite, et que je jouais à me mettre un oreiller sous le pull. C’est ce qui s’est passé pendant le film où je portais des postiches. Ce qui m’a intéressée par ailleurs, c’est le travail sur l’évolution et la progression du rôle : du moment où Delphine apprend qu’elle est enceinte à celui où elle accouche, à la fin du film.

Ce rôle est très physique puisque parallèlement à la grossesse, Delphine, votre personnage, prépare son diplôme de maître nageur.
Le physique est au cœur du film. Bruno [Bontzolakis, le réalisateur, ndlr] a fait tout un travail sur le corps. Que ce soit sur l’évolution due à la maternité qui a nécessité un travail important de maquillage pour que mon visage soit grossi par exemple. Inconsciemment, il se trouve que j’ai beaucoup grossi pendant le tournage ! J’ai également doublé de carrure avec les entraînements de natation. C’est aussi ce qui m’a plu dans le personnage de Delphine. Son côté à la fois infantile qui me touche beaucoup et à côté de ça, le fait qu’elle soit pleine de vie, et que ce soit une fonceuse. Comme beaucoup de sportifs, elle met la tête dans l’eau et elle nage pour arriver à exercer son métier. J’y vois d’ailleurs une métaphore avec le métier de comédien…

Comment avez-vous rencontré Bruno Bontzolakis ?
Par hasard. Il se trouve que le réalisateur Jacques Maillot et lui sont amis. Pendant que Jacques montait Froid comme l’été [une fiction diffusée sur Arte dans laquelle Sarah Grappin jouait le personnage principal, ndlr], il a demandé à la femme de Bruno, Mélina Jochum, également coscénariste de Je t’aime je t’adore, de visionner le premier montage de son film. Après m’avoir vue, celle-ci a conseillé à Bruno de me rencontrer pour le rôle de Delphine. J’ai lu le scénario et j’ai tout de suite été très emballée. L’autre hasard fait qu’au départ, c’est Sylvie Testud qui devait interpréter le rôle et que cela ne s’est pas fait parce qu’elle tournait Stupeur et tremblements d’Alain Corneau avec qui j’ai moi-même débuté au cinéma.

Car votre première apparition remonte à 1994, dans son film Le nouveau monde.
J’avais 13 ans quand je me suis présentée au casting du film un peu par hasard : à l’époque, je faisais beaucoup d’équitation et une foulure à la cheville m’empêchant d’aller à mon cours, un mercredi, j’ai passé le casting. En réalité, je prenais des cours de théâtre et je voulais déjà faire ce métier de comédienne mais pour sortir de ma vie monotone de lycéenne. J’ai ensuite eu un petit rôle dans Petits désordres amoureux d’Olivier Péray, puis enchaîné pas mal de fictions TV, plus ou moins bonnes, mais avec lesquelles j’ai appris mon métier. Et puis, il y a eu Nos vies heureuses où j’ai rencontré Jacques Maillot qui a ensuite écrit le rôle de Rachel dans Froid comme l’été, pour moi.

Ce téléfilm, pour lequel vous avez reçu le prix d’interprétation, il y a deux ans au Festival de la fiction de Saint-Tropez, a-t-il eu un impact dans votre parcours ?
C’est encore un peu tôt pour en mesurer les répercussions dans la mesure où Arte ne l’a diffusé qu’en octobre dernier. Cela dit, c’est après avoir vu le film que Robert Guédiguian m’a contactée pour une participation dans son prochain film, Le promeneur du Champ de Mars, dont le tournage démarre le 29 janvier. J’y jouerai la jeune femme que Jalil Lespert, qui interprète le rôle de Georges-Marc Benamou, le journaliste biographe de François Mitterrand dans le film, croise dans son périple.

Propos recueillis par Emmanuelle Miquet

 

Vendredi 30 janvier 2004
   Anne Fontaine
   Jalil Lespert
   Sarah Grappin
   Jean-Marc Moutout

 

 

 

 


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