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EDITO
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Sophie Dacbert
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Ovni
Il y a les idées reçues, les attentes
déçues, les surprises inattendues. En ce début
dannée, les exemples se multiplient qui confirment
les seules vérités en matière de cinéma
: rien nest acquis, mais rien nest jamais perdu non
plus, si le désir et la sincérité sont là.
La nomination des Triplettes de Belleville aux Oscars, aux côtés
du Monde de Nemo dans la catégorie des meilleurs films danimation
et celle de la meilleure chanson, en est la preuve vivante. Même
sil ressort bredouille de la compétition américaine,
le film de Sylvain Chomet sera le grand gagnant de la quête
de la singularité et de lindépendance. Une exigence
qui porte dautres artistes, réalisateurs, comédiens
ou même producteurs pourtant sollicités plus quà
leur tour par la facilité. Si nous avons choisi cette semaine
de mettre en valeur Blueberry, le film de Jan Kounen, à travers
le récit croisé de ses deux comparses, le producteur
Thomas Langmann et le comédien Vincent Cassel, cest
que le pari de production était risqué, lexpérience
unique, et le résultat au-delà des espérances.
Ce nest pas pour rien si Vincent Cassel a été
choisi par Steven Soderbergh, demandé par Ridley Scott ou
Oliver Stone. Comme il le dit lui-même, cela le conforte dans
lidée quil vaut mieux garder une identité
forte et ne pas se diluer à Hollywood comme ailleurs.
Même écho de la part de Thomas Langmann : si
Blueberry est fort, cest parce que Jan Kounen sest servi
de toute son âme. Et si Barbet Schroeder a accepté
de réaliser Mesrine, un nouveau projet ambitieux à
venir chez La Petite Reine, cest sans doute quil sinscrit
aussi dans ce cercle vertueux. Le cinéma est une activité
de prototype où chaque nouveau film remet en cause les expériences
passées, les modèles économiques, créatifs
et humains. Et si, par malheur, un exercice déçoit,
rien ne justifie le déchaînement médiatique,
sauf quand le projet est crapuleux. Ce qui, heureusement, est rarement
le cas dans le cinéma !
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