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ÉVENEMENT
BVI prend son autonomie, Gaumont rejoint Columbia
Laccord de distribution qui liait depuis
1993 Gaumont et Buena Vista International nétant pas
reconduit, le studio américain crée une filiale indépendante.
De son côté, la vétérante française
sapprêterait à sassocier avec Columbia
Tristar.
Le GIE créé en janvier
1993 entre Nicolas Seydoux, Pdg de la société à
la marguerite, et Jim Gianopoulos, alors patron de la distribution
internationale chez Disney-Buena Vista International, prendra fin
au début de lautomne. Arrivé à son terme,
laccord qui liait les deux partenaires pour la distribution
commune en salle des films Gaumont et des films du groupe Disney
(Disney, Pixar, Buena Vista, Touchstone) na pas été
renouvelé. La séparation ne devrait pas se concrétiser
avant échéance du contrat, pour permettre aux deux
sociétés de prendre leurs nouvelles marques.
Si le groupe Disney se trouve aujourdhui un peu chahuté
aux États-Unis (attaqué sur son management, Michael
Eisner, le Pdg du groupe était ces derniers jours à
Paris pour solutionner la situation financière du parc à
thème français), cest également un tournant
décisif pour Buena Vista International. En effet, la filiale
française saligne désormais sur ce qui existe
déjà dans la majorité des territoires internationaux,
à savoir la présence dune structure autonome,
qui sera constituée en France autour de léquipe
de Jean-François Camilleri, actuel Dg de GBVI. Si la distribution
physique des films est une activité totalement maîtrisée
par elle, cest sans doute sur la politique dacquisition
et de coproduction que se détermineront, le cas échéant,
les nouvelles orientations de BVI France. Entamée ponctuellement
sur quelques projets coup de cur (Juste un baiser et Souviens-toi
de moi de Gabriele Muccino), une diversification dans ce sens devrait
permettre à BVI France de jouer la complémentarité
entre productions américaines et films dauteur internationaux,
européens en particulier et, pourquoi pas, français.
À ce titre, Warner France prend valeur dexemple, même
si la production déléguée dun film par
une filiale américaine pose toujours problème en France.
Quoi quil en soit, BVI France devrait pouvoir démarrer
dans sa nouvelle configuration cet été avec Le village
de M. Night Shyamalan, réalisateur de Sixième sens,
et un peu plus tard avec le nouveau dessin animé Pixar, Les
indestructibles, prévu le 24 novembre. Toujours en négociations,
laccord liant Disney et le studio danimation Pixar semblerait
finalement voué à perdurer après dâpres
négociations, ce qui conférerait à BVI France
lassurance sur le long terme dun apport en productions
particulièrement enviées. Reste que BVI France ne
pourra plus sappuyer sur le parc de salle Gaumont, certes
aujourdhui aux mains de Pathé, sous lenseigne
EuroPalaces.
Chez Gaumont, aussi, il sagit dune étape décisive,
les dix années GBVI reflétant une position dominante
dans le paysage de la distribution française. Après
huit ans de règne quasi ininterrompu en tête du box-office
général des distributeurs français, avec de
grands succès issus de part et dautre de lAtlantique
(Le cinquième élément, Armageddon, Le dîner
de cons, Toy Story 1&2, Les visiteurs 2, etc.), cest à
partir de 2001, année dAmélie Poulain (UFD)
et de La vérité si je mens (Warner Bros) que la situation
sassombrit pour GBVI. Le manque de réussite est particulièrement
patant du côté des productions Gaumont, notamment avec
léchec cuisant en salle des Visiteurs en Amérique,
entièrement portée par la société française.
Conséquence de cette grosse baisse de régime, la société
dirigée par Nicolas Seydoux se trouve contrainte de fusionner
son parc de salles avec Pathé qui en prend le contrôle.
En 2002, Gaumont a vu ses comptes basculer à nouveau dans
le rouge avec une perte de 8 ME contre un résultat net 2001
qui affichait un solde positif de 59,2 ME. Elle navance dailleurs
pour lheure que trois films dans son line-up 2004, dont une
belle acquisition (La grande séduction de Jean-François
Pouliot, le plus grand succès au Quebec lannée
dernière).
Si lannonce nest toujours pas faite au moment où
nous bouclons ce numéro, Gaumont aurait pourtant trouvé
un nouveau partenaire dans le studio Columbia TriStar (Sony). Une
association dautant plus légitime, que les deux sociétés
se connaissent bien pour avoir travaillé ensemble sur la
vidéo, à travers la structure Gaumont Columbia TriStar
Home Vidéo jusquen 2003. Il y a quelques années,
Columbia avait déjà cherché à se rapprocher
de Pathé. Classé en septième position des distributeurs
en 2003, le studio se prépare à lancer cette année
plusieurs blockbusters, dont le très attendu Spider-Man 2
mais aussi des films plus personnels comme Big Fish de Tim Burton
.
Sophie Dacbert et Fabrice Leclerc
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