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Bac Majestic
Le premier indépendant à parier sur la Bourse
Avec
une capitalisation de plus de 900 MF, le groupe de Jean Labadie
espère trouver les moyens de son ambition et préserver son indépendance.
L’entrée en Bourse est accompagnée amicalement par Miramax qui
reconduit pour trois ans son accord exclusif.

Jean Labadie, Pdg de Bac Majestic.
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articiper
à la création de la première major indépendante française”.
En ces temps de mégafusions teintées de mondialisation, le message
est d’autant plus original qu’il s’adresse au nouveau marché français
de la Bourse – dont on connaît la traditionnelle réticence vis-à-vis
du secteur cinématographique –, et qu’il s’appuie sur la notion
bien fragile de l’indépendance. Il reflète en tout cas l’ambition
de Jean Labadie qui espère ainsi trouver les moyens de son ambition.
La première cotation de Bac Majestic qui doit avoir lieu le 4
juillet se traduira par une augmentation de capital (85% en placements
garantis auprès d’institutions financières, 15% auprès du public).
L’opération donnera lieu à une capitalisation boursière de plus
de 900 MF (140 millions d’Euros).
Concrètement, il s’agit donc pour Jean Labadie de faire passer
la vitesse supérieure à chacune de ses activités afin de constituer
un groupe totalement intégré verticalement, capable de marcher
sur les plates-bandes des autres groupes français, Gaumont, Pathé
et autres UGC… Porté par une formidable passion pour le cinéma
et des qualités indéniables d’entrepreneur, le parcours de Jean
Labadie est déjà remarquable. Depuis sa création en 86, Bac a
entièrement autofinancé sa croissance, au prix d’un endettement
important. “L’entrée en Bourse est la meilleure des opportunités
lorsque l’on désire poursuivre et même accélérer sa croissance
tout en gardant intactes son indépendance et sa liberté de choix,
explique-t-il. En 99, nous avons atteint un chiffre d’affaires
de 397 MF, après une progression régulière de plus de 20% depuis
trois ans. Nous tablons sur une augmentation de 37 % par an sur
les trois prochaines années, pour passer le cap du milliard de
francs en 2002”, précise celui qui conservera, au terme
de l’opération, 60% du capital du groupe, aux côtés de Jean-Martial
Lefranc, fondateur de Cryo Intercative (15 %).
Même si l’objectif est de parvenir à un meilleur équilibrage des
activités (cf. graphiques), c’est naturellement autour la production-acquisition
et la distribution de films – pivot de la société et passion toujours
aussi vivace –, que Jean Labadie compte maintenir le plus la pression.
En 1999 déjà, Bac
Films se taillait 10% de part de marché de la distribution
en salles, avec 44 films lancés sur les écrans français. Fort
de la confiance de StudioCanal qui détient 80% de l’outil Bac
Distribution depuis le début de l’année, il prévoit de booster
encore le chiffre d’affaires de Bac Majestic sur la distribution
de films qui passerait selon ses vœux de 265 MF à 560 MF d’ici
à trois ans. “La fusion de Canal+ avec Universal ne changera
rien pour nous, du moins pour les cinq ans à venir durant lesquels
le studio s’est engagé à rester dans le GIE UIP”, répond
Jean Labadie à la question qui brûle naturellement toutes les
lèvres.
Miramax prend 1,9% du capital de Bac Majestic
Autre signe encourageant, le renouvellement pour trois nouvelles
années de l’accord de distribution avec Miramax qui en profite
même pour prendre une participation dans Bac Majestic. Mineur
en terme financier (1,9% du capital), le geste reflète bien la
confiance du plus gros indépendant américain dans le groupe français.
Une amitié partagée par les talents qui ont contribué au succès
de la société : de Bertrand Tavernier, qui souligne le respect
de Jean Labadie pour les créateurs, les films et donc le public,
aux Frères Coen, John Turturro ou encore Roman Polanski qui n’ont
pas hésité à apporter leur contribution à la présentation du groupe
pour son entrée en Bourse.
Bac Films
qui dispose aujourd’hui des droits de 160 longs métrages “récents
et de qualité”, insiste Jean Labadie, envisage ainsi d’enrichir
son catalogue de 40 à 50 nouveaux films par an.
L’entrepreneur attend également les fruits de ses investissements
dans l’exploitation de salles. Sous pavillon Majestic flottent
déjà 19 salles de cinéma, dont 13 à Paris. En 2000, ouvrira le
premier multiplexe Majestic à Douai, en attendant les quatre projets
prévus pour 2001 et les quatre autres pour 2002, avec pour cibles
privilégiées les villes moyennes où il a conclu des partenariats
avec les exploitants locaux indépendants. D’ici à trois ans, Majestic
compte détenir 10% du parc national des multiplexes, et afficher
sur le secteur de l’exploitation un CA de 560 MF, contre 80 MF
aujourd’hui.
Enfin, l’avenir de Bac Majestic passera par les nouveaux supports.
Outre internet qu’il a déjà investi avec son site promotionnel
et celui de ventes de produits dérivés (cineshopping.com),
on pourrait bien retrouver le groupe dans la production de jeux
vidéo adaptés de films, secteur que Jean Labadie envisage de développer
aux côtés notamment de Miramax.
Sophie
Dacbert
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