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EDITO
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| Sophie Dacbert |
Roman
Le 55e tome du roman de Cannes s’est refermé par
le couronnement d’un autre Roman : Polanski lui-même, dont Le pianiste
boucle en quelque sorte la boucle de sa vie d’homme et de cinéaste
hors norme. On gardera d’ailleurs de la manifestation dans son ensemble,
le sentiment d’une boucle bouclée à bien des égards, et par delà,
de l’ébauche d’une nouvelle ère.
L’hommage rendu par Roman Polanski à Pierre Lescure d’abord, venu
en ami plus qu’en ancien patron de Canal+, soutenir le travail fait
par StudioCanal auprès des cinéastes de tous horizons, et qui obtient
ainsi sa deuxième Palme d’or consécutive après La chambre du fils
de Moretti. La présence dans les palmarès, officiel ou parallèles,
de producteurs français impliqués dans pas moins de sept prix majeurs
du cru 2002 boucle le lien indéfectible des Français avec le cinéma
de la diversité : Alain Sarde et Robert Benmussa dans Le pianiste
de Polanski donc, Fabienne Vonier dans L’homme sans passé de Kaurismäki
, Humbert Balsan dans Intervention divine de Suleiman, Denis Freyd
dans Le fils des Dardenne, Anne-Dominique Toussaint dans Respiro
d’Emanuele Crialese, et Alain Benguigui dans Bord de mer de Julie
Lopes-Curval.
L’alliance de TF1 avec Miramax, qui devrait constituer un des piliers
du studio TF1, montre le désir persistant des grands groupes français
de marquer de leur empreinte, selon une logique économique affirmée,
le processus de la création cinématographique. Et c’était jusqu’au
nouveau ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, dont les
premières déclarations ont plus rappelé l’ère Jack Lang que celles
des derniers ministres de droite. Une boucle qui relève autant de
la fin d’une histoire, que du début d’une autre. Et qui prouve,
en tout cas, que le roman du cinéma, lui, n’est pas prêt de se refermer.
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