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ÉVENEMENT
Les cinq grands favoris au palmarès de Cannes
Affichant sa volonté de noublier
personne, le jury de David Lynch a récompensé lensemble
des favoris de cette 55e édition, même si la Palme
dor attribuée au Pianiste de Roman Polanski donne au
palmarès un goût très consensuel.
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Les deux grands vainqueurs
de lédition 2002, Roman Polanski et Aki Kaurismäki,
Palme dor et Grand prix du jury. |
Consensuel. Tel est l’adjectif
qui revient le plus souvent parmi les professionnels pour qualifier
le palmarès du 55e Festival de Cannes. Il est vrai qu’aucune vraie
surprise n’était à constater dimanche soir. Le jury présidé par
David Lynch a récompensé les cinq favoris des festivaliers : Polanski,
Kaurismäki, Moore, Suleiman et Im Kwon-taek sont tous repartis avec
un prix.
En décernant la Palme d’or au Pianiste de Roman Polanski, le jury
a choisi de récompenser un film que certains considèrent comme le
plus classique de la sélection. En s’attaquant à l’histoire vraie
d’un pianiste juif qui a survécu à l’enfer du ghetto de Varsovie,
Roman Polanski a en effet livré une œuvre empreinte d’une extrême
sobriété, qui ne semble pas avoir été du goût de tous. Nul doute
qu’au-delà du film lui-même, la Palme d’or récompense ici un cinéaste
majeur, peu habitué aux récompenses internationales. Favori de la
presse qui lui attribuait d’avance la plus haute distinction, L’homme
sans passé d’Aki Kaurismäki s’est tout de même imposé en raflant
deux prix : Grand prix et prix d’interprétation féminine pour Kati
Outinen. Sélectionné une première fois en 1996 avec Au loin s’en
vont les nuages, le cinéaste finlandais était reparti bredouille.
Pour sa deuxième sélection, il a créé l’événement tant l’accueil
fait à son film fut exceptionnel lors de sa projection officielle.
Les récompenses cannoises devraient logiquement lui permettre de
sortir de la confidentialité des cercles de cinéphiles pour toucher
un plus large public qui pourrait être sensible à un film humaniste,
poétique et surtout drôle. Présent en sélection officielle pour
la première fois, Michael Moore s’est vu décerner un prix unique,
celui du 55e anniversaire pour son documentaire Bowling for Columbine.
Pointant les travers de la société américaine, l’auteur remarqué
de Roger et moi et The Big One a choisi de se pencher sur la culture
de la violence dans son pays.
Le résultat est une démonstration implacable des méfaits de la vente
libre des armes à feu dont l’acteur Charlton Heston, aujourd’hui
président de la National Rifle Association (lobby des armes à feu),
ne ressort pas grandi. En sélectionnant le Palestinien Intervention
divine, l’équipe du Festival se mettait en prise directe avec la
douloureuse actualité au Proche-Orient. L’originalité du film a
valu un prix du jury amplement mérité à son réalisateur Elia Suleiman.
Une récompense plus importante n’aurait pas été injustifiée, mais
elle aurait certainement fait grincer des dents. Deux ans après
Le chant de la fidèle Chunhyang, Im Kwon-taek est revenu en compétition
officielle avec Ivre de femmes et de peinture. Ce film vaut au cinéaste
coréen découvert tardivement en France (après quelque 80 films)
le prix de la mise en scène. Un prix partagé avec une valeur montante
du jeune cinéma américain, Paul Thomas Anderson dont Punch- Drunk
Love pourrait être au comique Adam Sandler ce que The Truman Show
fut à Jim Carrey, le film qui l’impose comme un comédien à part
entière aux yeux de ceux qui doutaient encore de son talent. Enfin,
le jury a distingué les collaborateurs de cinéastes déjà reconnus
à Cannes : Olivier Gourmet qui remporte le prix d’interprétation
masculine pour Le fils des frères Dardenne et Paul Laverty qui obtient
le prix du scénario pour Sweet Sixteen de Ken Loach.
Anthony Bobeau
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