Cinéma

Annecy 2019 - Sébastien Careil (Pathé) : "L’animation, un marché incroyablement concurrentiel en France"

Date de publication : 12/06/2019 - 08:35

Pathé présente deux longs métrages dans sélection officielle annécienne cette année, Playmobil, le film en ouverture et La fameuse invasion des ours en Sicile en compétition. Entretien avec son Dga marketing autour des spécificités de chacune de ces œuvres.

L’actualité de Pathé à Annecy cette année est exceptionnellement double, avec la sélection de deux titres en apparence bien distincts. En tant que distributeur, en quoi votre positionnement diffère sur chacun d’eux ?
On le voit de plus en plus, l’animation est un genre extrêmement large qui se prête à toutes les typologies de films. En l’occurrence, nous avons d’un côté Playmobil, le film avec On Entertainement (Le petit prince), un blockbuster familial qui s’apparente à ce que Warner, Fox ou Paramount peuvent produire –je mets de côté Disney/Pixar qui sont évidemment hors catégorie. Adapté d’une des plus grosses marques de jouets en France ayant une répartition à 50-50 entre les garçons et les filles – contrairement à Lego qui est essentiellement masculine –, le film plaira aux petits comme aux grands avec un positionnement aventure-comédie et une sortie événementielle pendant l’été.
Et de l’autre côté, La fameuse invasion des ours en Sicile, une production 100% française de Prima Linea (Zarafa, La tortue rouge…), qui est sur un créneau plus haut de gamme. Le film était en sélection officielle à Cannes, bénéficie du soutien de l’Afcae et devrait profiter d’un très bel engouement de la presse. De façon informelle nous "pitchons" le film comme un "Miyazaki européen". Malgré le côté réducteur de cette formulation, cela résume bien sa spécificité : un film à double lecture (aventure pour les enfants et fable philosophique pour les adultes) adapté d’une œuvre culte de Dino Buzzati par un très grand dessinateur italien : Lorenzo Mattotti. Le film est drôle, touchant, plein de poésie mais surtout d’une beauté graphique exceptionnelle.

Justement, quels sont les enjeux de distribution pour Pathé autour de ce dernier, que vous présentez en compétition à Annecy ce mercredi ?
Difficile de trop rentrer dans les détails à ce stade car beaucoup de partenariats sont encore en négociation. Mais ce sera une sortie importante, sur 350 copies environ, qui bénéficiera du soutien Jeune Public de l’Afcae ainsi que de la Fondation Gan pour le cinéma. Le film était présenté à Un certain regard et l’enjeu principal sera de jouer sur ses forces (qualité artistique, soutien de la presse et des salles art et essai) sans pour autant l’enfermer dans un cadre trop auteur-haut de gamme car il très accessible et destiné à un public familial large. La fameuse invasion des ours en Sicile bénéficiera d’une grosse campagne en salle et en presse, d’un travail en profondeur avec les écoles (œuvre originale et fiches pédagogiques envoyés aux professeurs de 5e) et d’un très beau travail d’accompagnement de Gallimard qui sortira quatre volumes autour du film – le roman, un art book, l’album du film, etc.

Pour sa part, qu’est-ce qui caractérisera le dispositif que vous prévoyez autour de Playmobil, le film, présenté en ouverture du Festival lundi ?
Pour Playmobil, nous sommes dans une catégorie blockbuster avec une sortie événementielle sur plus de 500 copies. Nous allons nous appuyer sur la puissance de la marque pour occuper l’espace médiatique tout l’été. En salle évidemment pour profiter de l’affluence garantie par l’offre familiale très riche (Toy Story 4, Le roi lion, Comme des bêtes 2) avec de l’achat de bande-annonce, la présence de PLV – des playmobils de 1m50 et d’autres gonflables de 4m de haut –, des menus, etc. Avec des partenaires média importants comme RTL, M6, Gulli… Mais également de très grosses opérations hors média, que ce soit avec Buffalo Grill, Nestlé, Vinci Autoroutes ou encore Relais H. Et bien sûr, de nombreuses opérations croisées avec les équipes de Playmobil France, et notamment un snap code sur toutes les boîtes de jouet et catalogues pour une lens Snapchat lancée cet été, qui transformera l’utilisateur en playmobil.

Pathé sort donc deux titres d’animation en 2019, est-ce un volet éditorial que la société compte appuyer plus régulièrement à l’avenir ?
Non, ce n’est pas une volonté éditoriale. On ne cherche pas à faire de l’animation à tout prix, les projets sont étudiés en fonction des potentiels et des coups de cœur et il se trouve que ces deux films étaient prêts la même année. C’est un hasard dû au process très long de la fabrication de films d’animation. De plus (et c’est particulièrement vrai cette année), l’animation est un marché incroyablement concurrentiel avec des périodes de sortie réduites et donc très compétitives. On est dépendant de la production US avec, par exemple, un été extraordinairement concurrentiel sur ce créneau comparé à l’année dernière.

Propos recueillis par Sylvain Devarieux
© crédit photo : DR


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