La
diffusion des films en ligne,
objet de tous les fantasmes
(suite)
Mais comment Subway
et Le gitan
ont-ils trouvé le chemin d’internet ? S’il est impossible d’obtenir
une réponse à cette question de la part de kkrs,
on peut supposer que les films ont été numérisés à partir d’une
cassette vidéo. L’un des sites les plus riches est certainement
movieflix.com,
qui propose 1 200 films, courts et longs, en streaming et accessibles
gratuitement. Pour la fin de l’année, les responsables tablent
sur une offre de près de 2 000 films pour environ 500 000 consultations
par mois. Il s’agit essentiellement de vieux films, les longs
métrages les plus récents datant du milieu des années 70. À
côté de nombreux films de série Z, on trouve Metropolis
de Fritz Lang, The Stranger
d’Orson Welles, His Girl Friday
de Howard Hawks, et aussi, plus curieusement Les
diaboliques d’Henri-Georges Clouzot. Si Movieflix
dit négocier les droits avec les distributeurs du monde entier,
TF1 International, qui détient les droits des Diaboliques,
ne se souvient pas de les leur avoir cédés…

(cliquez sur l'image pour accéder
au site) |
| Le site américain movieflix présente l’offre
la plus riche, avec 1 200 titres accessibles gratuitement. |
Parmi les sites les plus souvent cités,
on trouve également sightsound.com,
qui a débuté en 1995 avec de la musique et se vante d’avoir
été le premier à proposer des longs métrages en ligne en 1999.
Les films, essentiellement de série Z et antérieurs à 1975,
sont en location pour 2,50 $ (deux jours) et en vente pour 4,95
$. Un prix qui paraît assez élevé face à la gratuité des autres
sites. Sightsound
propose également le premier long métrage réalisé pour internet,
Quantum
Project, avec John Cleese. Demeure la question
des particuliers, qui filment un écran au moment de la sortie
d’un film pour le mettre en ligne. Si cette pratique existe
effectivement, elle concerne principalement les productions
américaines d’envergure, telles que Star
Wars ou Matrix.
Mais on imagine aisément que les conditions d’enregistrement
et la vision sur un écran d’ordinateur ne sont pas susceptibles
de remplacer une salle de cinéma. Sans parler du fait que les
spectateurs qui vont chercher la version piratée de Matrix
sur internet sont ceux-là mêmes qui vont le voir deux fois en
salles. En revanche, ce type de piraterie risque d’avoir à terme
un impact sur la chronologie des médias qui pourrait se resserrer.
Les majors envisagent dès à présent de sortir plus rapidement
les vidéos et autres DVD pour éviter que ce marché, plus exposé,
ne pâtisse de la piraterie. Car répondre à une demande reste
toujours le meilleur moyen de lutter contre le piratage – à
condition que le prix ne soit pas excessif.
Élizabeth Conter
et Vincent Le Leurch
