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Technologie :
Quand le haut débit révolutionne Internet

Indispensable pour véhiculer et diffuser de la vidéo sur internet, le haut débit est en train de s’imposer en France. Une tendance qui va s’accélérer avec l’arrivée des technologies alternatives et l’ouverture à la concurrence du réseau local de France Télécom.

TECHNOLOGIE

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Avec 45 000 abonnés à son service haut débit, le câblo-opérateur Noos est un des premiers fournisseurs d’accès à l’internet rapide en France.

i on risque de regarder un jour des chaînes de télévision et des films sur internet dans de bonnes conditions, c’est grâce aux technologies de transmission haut débit. Appelé “broadband*” par les Anglo-Saxons, le haut débit permet de dépasser les goulots d’étranglement que présente une transmission internet classique. Avec cette technologie, on multiplie par 10 la vitesse de chargement des images et des sons. Un confort indispensable pour regarder de la vidéo sur le web. Et il ne s’agit là que d’une étape intermédiaire. Car à un horizon de 2 à 3 ans, les opérateurs de télécommunications devraient proposer aux particuliers des débits encore plus importants, passant de 512 bits/s actuellement à près de 2 Mbits/s. “Internet connaît une formidable croissance de ses abonnés chaque année, explique-t-on à France Télécom. Or le développement d’internet va de pair avec une exigence accrue des utilisateurs en ce qui concerne la rapidité, les débits de transmission, les temps de réponse et la qualité de l’image. L’ADSL permet de répondre à cette demande.

On compte déjà près de 150 000 abonnés à un service haut débit en France. Un chiffre modeste, face aux 4 147 000 abonnés à l’internet classique, mais qui reste important si on le compare à la faible part de la population bénéficiant de ce service aujourd’hui. Sans parler du prix prohibitif de l’abonnement : entre 300 et 400 F par mois . “Tout le monde est d’accord sur un point : le haut débit est l’avenir d’internet, souligne Jean-Christophe Le Toquin, délégué général de l’Association française des fournisseurs d’accès (AFA). Mais il y a encore beaucoup d’inconnues, comme la vitesse à laquelle se fera le dégroupage de la boucle locale. C’est un sujet sensible.” A tel point que beaucoup d’adhérents de l’association refusent de diffuser le nombre de leurs abonnés au haut débit, et encore plus leurs prévisions de développement. Ce manque de transparence ne favorise pas la visibilité sur ce marché pour les producteurs de contenus pour internet. A l’Assemblée nationale, le 10 octobre dernier, Jean-Michel Hubert, président de l’Autorité de régulation des télécommunications (ART), donnait cependant quelques clés : “L’accès à internet à haut débit va constituer à court terme un marché moteur pour le développement d’internet. Il pourrait représenter de 5% à 7% des abonnés à internet en 2000, puis croître pour atteindre une part de marché comprise entre 15% et 30% en 2003.” L’institut d’analyses Forrester prévoit 27 millions d’abonnés au haut débit en Europe à l’horizon 2005, dont 2 733 000 en France. Un chiffre, très prudent, qui intègre le retard important de l’Hexagone par rapport à ses voisins européens. France Télécom cale plus ses estimations sur le marché américain, où 50% des abonnés à l’internet bénéficieraient d’un service haut débit en 2006. Fluctuant entre 2,7 millions et 10 millions, les estimations des spécialistes montrent le flou dans lequel évolue ce secteur.

En France, on peut espérer avoir un million d’abonnés à l’internet à débit rapide en 2002. L’an prochain, l’offre va se démultiplier avec l’arrivée de nouveaux acteurs et technologies sur le marché. Et cela en grande partie grâce à l’ART, qui se bat pour ouvrir à la concurrence les derniers maillons du monopole de France Télécom. Pionner de l’internet rapide en France, le câble a pris une longueur d’avance sur les autres technologies. Dès septembre 1996, la Lyonnaise Câble, rebaptisée Noos, proposait un service haut débit sur ses réseaux du Mans, d’Annecy et de Chambéry. Mais des problèmes techniques et un conflit ouvert avec France Télécom, propriétaire du réseau, accusé de freiner le passage au numérique, ont ralenti la diffusion du service. A tel point que l’ART a été obligée d’intervenir pour débloquer le conflit. Depuis, France Télécom a revendu les réseaux dont il n’était pas opérateur. De fait, Noos affiche aujourd’hui 45 000 abonnées à son service d’internet rapide. Ce qui en fait un des principaux opérateurs. “Notre réseau comprend 2 200 000 prises raccordables, dont 80% peuvent offrir un accès haut débit, souligne Fabien Viry pour Noos. Nous avons un programme de 2 milliards d’investissements pour étendre notre réseau en banlieue parisienne et remettre à niveau celui de Paris. Avec ce réseau plus évolué technologiquement, la fibre optique arrivera plus près de l’abonné. Ce qui permettra d’offrir un service plus performant.” Même chose chez les autres opérateurs, comme Numéricâble, filiale de Canal+, dont 75% des prises permettent de proposer un accès haut débit aujourd’hui. Et de nouvelles villes sont régulièrement équipées. Le câble redevient un média attractif grâce au numérique, qui lui permet de véhiculer de la télévision, de l’internet et, bientôt, du téléphone. Reste que la couverture du câble en France est limitée géographiquement. Une autre solution technique est donc nécessaire pour donner accès plus largement à l’internet haut débit.


 
 
 
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