Technologie
:
Quand le haut débit révolutionne Internet (suite)

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| Nettement plus vite, l’émission consacrée
au net sur Wanadoo ADSL. |
C’est l’ADSL, une technologie abordable
qui permet de véhiculer des débits numériques importants par
le fil du téléphone. Cette capacité à s’appuyer sur un réseau
existant permet d’envisager un déploiement plus large que le
câble. Après avoir longtemps tergiversé, France Télécom a lancé
son service ADSL en région parisienne fin 1999. Baptisé Nettissimo,
le forfait internet rapide de l’opérateur public est aujourd’hui
disponible dans 200 villes et compte 35 000 abonnés. A l’horizon
2003, 40 % de la population française devrait avoir accès à
ce service. Mais l’ADSL n’ira pas partout, notamment à cause
d’une faiblesse technologique. Pour pouvoir être desservi, la
prise de l’abonné ne doit pas se situer à plus de 3 km d’un
commutateur. Ce qui rend particulièrement difficile l’équipement
des zones rurales. Le dégroupage du réseau, qui consiste à ouvrir
à la concurrence les derniers kilomètres de lignes jusqu’à l’abonné
final, devrait permettre d’accélérer encore le déploiement de
l’ADSL. Des tests sont en cours sous l’égide de l’ART. Le dégroupage
devrait être opérationnel dès le 1er janvier 2001, avec une
trentaine d’opérateurs concurrents.
Mais, selon les spécialistes, ces offres ne devraient pas être
accessibles au grand public avant juin 2001. Autre technologie
susceptible de faire décoller l’internet haut débit : la boucle
locale radio, destinée à couvrir les zones urbaines et périurbaines.
Il s’agit d’installer un petit émetteur chez l’abonné en vue
directe de l’antenne de l’opérateur. Avantage principal : le
système permet d’offrir potentiellement des débits plus importants
que sur le câble et le téléphone. En juillet dernier, l’ART
a délivré 2 licences nationales à Fortel et à Firstmark, et
une partie des 22 licences régionales prévues par la loi. Par
ses capacités, la boucle locale radio vise une clientèle plus
professionnelle que grand public. Mais Fortel, un des deux opérateurs
nationaux, a déjà annoncé qu’il proposerait une offre à destination
des particuliers. Calquée sur l’offre du câble et de l’ADSL,
elle se contente malheureusement d’un débit de 512 kbit/s, bien
en dessous des capacités de la technologie radio. “Cela
va aller très vite, souligne-t-on chez Fortel. Selon
notre cahier des charges, nous devons avoir couvert 30% de la
population française à la fin de 2001, et 85% des agglomérations
de plus de 50 000 habitants d’ici à la fin de 2004.”

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| Le nez dehors, un programme de Wanadoo
ADSL. Le service haut débit de France Télécom prévoit le
lancement d’un bouquet de chaînes en 2001. |
Quatrième technologie prête à décoller
: le satellite. Plusieurs opérateurs devraient proposer des
offres haut débit accessibles même dans les zones les plus isolées.
C’est le principal avantage du satellite par rapport aux technologies
concurrentes. On installe chez le particulier une parabole capable
d’émettre et de recevoir des données. Une solution encore très
coûteuse. L’alternative est d’utiliser le fil du téléphone comme
voie de retour internet. Cette solution permettra aux opérateurs
de bouquets satellites de proposer un service internet haut
débit directement accessible depuis le téléviseur. Une offre
bon marché qui touchera rapidement un vaste public. Canal+ travaille
discrètement sur ce projet basé sur la nouvelle génération de
décodeurs numériques Net-top box. Véritable centre de communication,
celui-ci gérera les centaines de chaînes de télévision et l’accès
à de nombreux services interactifs, dont l’internet haut débit.
Equipé d’un disque dur de plusieurs gigaoctets, il pourra stocker
plusieurs heures de vidéo. “Avec
ce décodeur, on propose ce qu’on fait aujourd’hui sur PC, mais
accessible directement sur la télévision, explique
Jean-Louis Herneux de Canal+. L’objectif
est que le passage du mode TV au mode internet soit le plus
harmonieux possible. Le satellite est par définition une plate-forme
haut débit. Aujourd’hui, nous l’utilisons pour diffuser de la
télévision. Mais demain cela servira à internet.”
Canal+ compte déployer ses premiers décodeurs en 2001, avec
l’objectif de remplacer à terme l’ensemble du parc. Avec 1,5
million d’abonnés en France, CanalSatellite ouvrirait ainsi
toutes grandes les portes de l’internet haut débit à un large
public.
Patrick Caradec
