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1994 : Jacques Audiard "Miraculeux, exquis, délicieux !"

Date de publication : 17/05/2011 - 10:26

Spécial 50e édition Semaine de la critique : Chaque jour, un réalisateur ou une réalisatrice se souvient du film qui l'a révélé à la Semaine de la Critique.

"Le film était… c’était pas un film, et puis j’étais peut-être dans un état d’esprit particulier. Il a été dur à faire, à terminer. Avait-il du sens, était-il intelligible ? Et la Semaine le sélectionne. Tu te dis : ‘Ah bon ! Cela a un sens.’ J’ai peur de passer pour un terrible flagorneur, peur de me répéter. Je viens d’une sorte d’ère cinéphilie, où cinéma et critique n’existaient pas l’un sans l’autre. Aujourd’hui, la possible absence de ce rapport chez de jeunes cinéastes m’étonne. En arrivant à la Semaine, j’étais subitement dans un pays appelé la cinéphilie. Cette sélection avait une résonnance.

Je vivais à Rome. Je venais pour deux jours. Le même jour, il y avait les projections de Kieslowski avec Jean-Louis Trintignant. Et, comme il est dans le mien, je vois pour la première fois des journalistes étrangers. Sans lui, cela ne se serait jamais produit. Cannes est un tourbillon, tu habites près de la gare, tu vas à pied au truc. L’angoisse est venue après les projections. Le film passe d’une espèce d’inexistence, ou existence difficile, à une existence réelle. C’est incroyable, miraculeux, je trouve ça exquis, délicieux.

À l’époque, j’ai un rapport bizarre avec le fait de réaliser. Rétrospectivement, la Semaine, toute cette reconnaissance, a fait que le deuxième opus se passe plus simplement. Je sais à quoi le film et le cinéma m’ont servi à ce moment-là. Mais après, j’ai mis du temps à communiquer. Sur l’instant, je suis autiste. D’où le fait de douter de tout, incertain de l’intelligibilité de ce que je raconte."

Guillaume FRAT
© crédit photo : Mano


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