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Les déjeuners du "Film français" à la Plage des Palmes

Date de publication : 19/05/2011 - 11:31

Jerzy Skolimowski, Laurent Vallet, Jonathan Caouette, Pierre-Paul Puljiz, Nicolas Traube, Muriel et Delphine Coulin, Katia Lewkowicz, Aure Atika, Eva Ionesco et Lee Chang-dong. Remerciements à Stella Artois

Aure Atika,
Comédienne et réalisatrice

Que faites-vous à Cannes ?

A. A. : Je suis simplement venue accompagner la montée des marches de Pater.

Vous avez des beaux souvenirs cannois ?

A. A. : Oui, des fêtes sublimes sur des bateaux… Non, plus sérieusement, ici, c’est le cinéma mondial. On sort de la dimension franco-française. J’ai tourné plusieurs fois dans des films étrangers et ce qui est formidable, c’est que tout le monde fait les mêmes gestes, parle le même langage, que vous soyez sur un plateau de tournage, en Thaïlande, en Israël ou au Canada.

Vous avez une actualité chargée ?

A. A. : En ce moment, je suis abonnée aux films de comédiens. Le Skylab de Julie Delpy, dans lequel je joue une tante autoritaire, va sortir en septembre. Je pense que, grâce à Copacabana, les gens ont découvert que j’avais ce potentiel-là. Ensuite, en octobre, ce sera JC comme Jésus Christ de Jonathan Zaccaï. Pour l’anecdote, dans le film de Julie, je suis la mère de Vincent ­Lacoste et dans le film de Jonathan, je suis son ex-amante. Enfin, La vérité si je mens ! 3, dans lequel je reprends mon rôle de Karine, sortira en février. Et là, je suis en train de tourner le premier long métrage de Sylvie Testud, L’envie d’une autre, avec Juliette Binoche et ­Mathieu Kassovitz. Et au mois d’août, je tourne Villa Nesma, le premier film d’un jeune réalisateur tunisien, Homéïda Behi, qui sera le premier film de la post­révolution tunisienne. Le scénario est une sorte de polar qui ne traite pas directement des événements mais a été réadapté pour en tenir compte.

Et vos projets de réalisatrice ?

A. A. : J’avais fait un court et un long métrage. J’écris actuellement la V2 d’un scénario de long métrage avec François ­Bégaudeau toujours pour le même producteur, Bizibi. On commence le casting. J’avance tranquillement sans brûler les étapes.

Patrice Carré


Laurent Vallet,
Directeur général de l’Ifcic

L’Ifcic vient de lancer le fonds Media pour la production indépendante européenne (hors France). Les premiers résultats ?

L. V. : Le fonds a démarré son activité juste avant Cannes, géré par Florence Aviles. Nous venons de garantir un premier dossier d’une production allemande, un autre d’une luxembourgeoise. Un deuxième dossier allemand devrait l’être prochainement. Sur les deux premiers films, cela représente 5 M€ de garantie. L’Ifcic a été doté de 65 M€ par Media pour trois ans.

Plus largement, l’activité de l’Ifcic connaît une croissance sensible. Pourquoi ?

L. V. : Les nouvelles garanties de crédit tous secteurs confondus ont effectivement augmenté de 22% en 2010 et de 28% en 2009, soit plus de 55% en deux ans. 375 M€ de crédits garantis pour la production cinéma ont été accordés. Depuis le début 2011, notre activité croît de 15%. Cela s’explique par le niveau de production élevé et par le fait que quelques grosses productions sont portées par des indépendants. Par ailleurs, 2011 est l’année où nous avons démarré notre activité liée au théâtre privé.

Vos pistes de développement ?

L. V. : Nous allons continuer à accompagner le financement de l’équipement ­numérique de salles, suite à la ligne de crédit créée par le CNC en 2010 et renforcée en 2011. Pour le cinéma et l’audiovisuel, nous souhaitons, dans le cadre du prochain ­programme Media, que le nouveau fonds européen soit pérennisé et doté de moyens plus importants. Nous espérons développer en 2011 un fonds d’avance remboursable pour les jeunes créateurs de mode, couplé à des garanties de crédits, en partenariat avec Balenciaga, Chanel et Louis Vuitton. Un autre chantier est moins glamour mais fondamental : l’évolution de la réglementation bancaire mondiale menace le système de garantie en général. Nous avons 18 mois pour réagir. L’Ifcic sera un peu le chef de file des établissements de crédit de notre secteur pour défendre ­l’écosystème du financement du cinéma, qui est d’autant plus efficace que la Commission européenne en fait un ­modèle de développement pour le secteur.

Sarah Drouhaud


Jonathan Caouette, Pierre-Paul Puljiz
Réalisateur, producteur

Entre la présentation de Tarnation et ce film Walk Away Renee, présenté en séance spéciale à la Quinzaine, il s’est passé sept ans !

J. C : C’est vrai que je me suis beaucoup occupé de ma famille. Mais j’ai travaillé sur un film en Angleterre avec Patty Smith et sur un court avec Chloe Sevigny. Je suis très fier de cet objet qu’est Walk Away Renee. Il a pris différentes formes pendant son tournage. Et il ne sortira probablement pas en salle en France en octobre dans la version montrée à Cannes. C’est un “walk in progress” que je retouche, que j’enrichis en permanence. Je le vois comme une installation artistique en évolution.

Comment ce film est-il devenu une coproduction française ?

P. P. P : Avec Jonathan, nous nous sommes rencontrés sur la terrasse du Noga Hilton en 2004. Nous avons travaillé ensuite ensemble sur un doc pour CinéCinéma et commencé ce projet il y a trois ans. L’art de Jonathan, c’est de mixer réalité et fiction. Il n’arrête jamais. Pendant un an et demi, on a tourné et monté en même temps.

Un film aussi atypique que celui-là doit avoir du mal à trouver un financement ?

J. C : Comme nous avons travaillé en numérique, cela a facilité les choses.

P. P. P : Nous avons dit que nous faisions de l’art. Je compare le travail de Jonathan à celui de Jonas Mekas. Faisons-nous un film, un doc, une vidéo, un journal intime en vidéo ? Cela a interpellé beaucoup de monde.

Votre prochain projet sera la suite du travail commencé par Tarnation ?

J. C : Pas pour le moment. À moins que quelque chose dans ma vie me donne envie de filmer. Je pars maintenant vers un film plus proche de la fiction. Mon inspiration, c’est Bubble de Steve Soderbergh.

François-Pier Pelinard-Lambert

Lee Chang-dong
Réalisateur et président du jury longs métrages de la Semaine de la critique

Préférez-vous venir à Cannes avec un film ou bien en tant que juré ?

L. C. D. : Je préférerais toujours venir à Cannes avec un de mes films, même si c’est plus stressant et fatigant. Cannes est très différent des autres festivals, on n’a pas de contact avec le public et on est jugé par ses pairs.

Vous avez été ministre de la Culture de Corée. Quel effet a eu la baisse des Screen Quota sur la création cinématographique ?

L. C. D. : Cela fait environ quatre ans que les quotas de diffusion de films coréens dans les salles ont été réduits de moitié. Pour l’instant, on ne peut pas encore savoir si cela a eu des effets néfastes. Ils apparaîtront un peu plus tard.

Avez-vous du mal à produire vos films ?

L. C. D. : Cela a toujours été difficile même si j’essaie de les faire dans le système de ­l’industrie. Je veux qu’ils rencontrent le ­public dans les salles et non pas seulement en festival, qu’ils aient la capacité de se rembourser… Pourtant, mes films sont reçus comme étant trop difficiles pour être commerciaux. Je suis en train de finaliser un scénario que j’espère pouvoir commencer à tourner d’ici la fin 2011…

Comment avez-vous été approché par la Semaine de la critique ?

L. C. D. : On m’a dit que c’était le 50e anniversaire de cette sélection et on m’a invité pour communiquer avec les nouveaux réalisateurs, les stimuler… C’est en lisant le journal que j’ai appris que j’étais président du jury !

Que pensez-vous de la sélection ?

L. C. D. : Elle est de très haut niveau. Il arrive que des films de la compétition soient insupportables. Cette année, certains films de la Semaine de la critique sont à un tel niveau qu’ils auraient pu être en compétition, voire recevoir un prix.

Les critiques sont-ils importants pour vous ?

L. C. D. : Non, généralement je ne lis pas les critiques, surtout pas les bonnes ­critiques…

Anne-Laure Bell

 

Nicolas Traube
Producteur, président de la Commission Film France

Quels aménagements préconisez-vous pour améliorer le crédit d’impôt international, créé fin 2009 ?

N. T. : D’abord, il faut dire que le premier bilan est largement satisfaisant, avec 38 projets concernés ayant généré 119 M€ de dépenses. Cela dit, nous réfléchissons à la manière de l’améliorer en étudiant différentes pistes. La première consisterait à diminuer le seuil de dépenses éligibles sur le territoire français, de 1 M€ actuellement à 0,5 M€. Nous allons aussi proposer de relever le montant maximal du crédit d’impôt, plafonné à 4 M€ par œuvre aujourd’hui, et d’inclure d’autres dépenses éligibles dans le système, comme celles concernant l’hébergement. Nous demanderons également à ce que l’on tienne mieux compte de la rémunération des comédiens. Enfin, nous pensons qu’il serait intéressant d’incorporer dans les dépenses éligibles celles d’équipes françaises en tournage à l’étranger.

La France est-elle désormais concurrentielle en Europe ?

N. T. : Oui, mais on assiste à une surenchère de mesures incitatives de la part des différents pays européens pour attirer les tournages. Et ce n’est pas sain. L’Union européenne devrait y réfléchir de manière plus globale.

Votre société de production, Pampa, vient de faire ses premiers pas dans le cinéma ?

N. T. : Oui. Nous sommes producteur de John Rabe de Florian Gallenberger, sorti le 27 avril dernier. Et je coproduis Rouge Brésil, adapté du livre de Jean-Christophe Rufin, avec le Canada et le Brésil, qui consistera en une minisérie de 2x90’ pour la France, et une minisérie plus un long métrage pour le Brésil. À ce propos, je voudrais indiquer qu’il faudrait réfléchir à développer les traités de coproduction, trop peu nombreux en télévision, en élargissant, par exemple, ceux du cinéma à la télévision. Et surtout créer des ponts entre la télévision et le cinéma.

Carole Villevet

 

Katia Lewkowicz
Réalisatrice

Présenté à la Semaine de la critique, Pourquoi tu pleures ? raconte les déboires d’un trentenaire à quelques jours de son mariage. Comment est née cette histoire ?

K. L. : Je me suis dit que la meilleure façon de mettre le maximum de moi-même dans mon premier film était de raconter l’histoire d’un homme et non d’une femme. J’avais ainsi la distance nécessaire avec mon ­personnage, sachant que le féminin et le masculin se mélangent énormément dans notre société actuelle.

Benjamin Biolay tient son premier grand rôle au cinéma. Pourquoi lui ?

K. L. : Il était déjà dans le court métrage que j’avais fait pour la collection Écrire pour un chanteur sur Canal+. J’avais adoré travailler avec lui car c’est un vrai personnage. Du coup, j’ai écrit Pourquoi tu pleures ? en pensant à lui à chaque minute. Il m’a attendu et moi aussi. De toute manière, je n’aurais pas fait le film s’il n’avait pas été disponible.

Nicole Garcia et Emmanuelle Devos lui donnent la réplique…

K. L. : Oui. J’ai pensé très vite à Nicole pendant l’écriture du scénario. Je cherchais une femme qui puisse être à la fois simple et bourgeoise pour le rôle de la mère de Benjamin. Quant à Emmanuelle, je n’osais pas lui proposer le rôle de la sœur. Je me suis finalement décidée à le faire un mardi, on s’est rencontrées le mercredi et elle me répondait le jeudi.

Comment est venue l’idée de faire jouer Éric Lartigau ?

K. L. : C’est le coup de génie de mon agent, Cécile Felsenberg. Je ne trouvais pas le comédien qui puisse porter le rôle de Paco jusqu’à ce qu’elle me suggère le nom d’Éric. Je le connaissais bien puisque j’avais joué dans Prête-moi ta main. Du coup, il a accepté de passer des essais et je l’ai engagé.

Vous étiez comédienne avant d’être réalisatrice. Quelle voie envisagez-vous après ce film ?

K. L. : Je souhaite continuer la réalisation, d’ailleurs j’ai déjà l’idée de mon prochain film qui sera une comédie sur le féminisme sans aucun homme. Quant au métier de comédienne, je ne veux pas cachetonner. Il faudra des rôles qui soient vraiment stimulants.

Anthony Bobeau

 

Agnès B
Créatrice, productrice

Quels films a produit votre société Love Stream agnes b. Productions ?

A. B. : Walk Away Renee de Jonathan Caouette présenté à la Semaine de la critique et celui de Jérôme de Missolz, Des jeunes gens mödernes, projeté à la Quinzaine des réalisateurs. Christophe Audeguis, François-Xavier Frantz et Bérangère Barrier sont en charge de la production.

Quels sont vos projets de production ?

A. B. : Nous avons un projet avec Harmony Korine, avec notre société américaine O’Salvation. J’ai exposé Harmony dans ma galerie. Je passe mon temps avec les artistes qui m’intéressent. Dans ce métier, j’aime les croisements entre les disciplines artistiques. J’ai produit Trash Humpers d’Harmony ­Korine, que nous avons montré au Festival de Londres il y a un an. Je rêve de le sortir en salle en France mais je veux trouver le bon distributeur. Nous voulons aussi coproduire le prochain film de Jonathan Caouette et avons un projet de Quentin Dupieux produit par Charles-Marie Anthonioz à Los Angeles.

Sarah Drouhaud

 

Eva Ionesco
Réalisatrice

Comment s’est passée la projection de My Little Princess ?

E. I. : Je suis ravie d’avoir fait l’anniversaire des 50 ans de la Semaine de la critique. Mais le projecteur s’est cassé en pleine séance et là je suis moins contente. J’avais voulu que ce soit en 35 mm parce que c’est beaucoup plus beau mais j’ai la preuve que ce n’est pas si pratique que ça.

Le développement a été long ?

E. I. : Oui, très. J’aurais souhaité que le scénario grandisse avec une production et se développe avec elle. J’ai perdu beaucoup d’énergie en changeant de producteurs. Je sais que c’est toujours compliqué de faire un premier film. Pourtant, il existe des sociétés, comme Pelléas par exemple, qui encadrent leurs réalisateurs du court au long métrage. Moi, ça n’a pas été mon cas et ça m’a fait perdre trois ou quatre ans.

Comment avez-vous trouvé votre alter ego ?

E. I. : Au début, je cherchais une fille qui aurait pu vaguement me ressembler quand j’étais jeune. Mais celles qui avaient un air de famille avec moi n’étaient pas bonnes. Et puis, j’ai découvert Anamaria Vartolomei qui a arraché le rôle. À dix ans et demi, elle avait cette conscience de se dire qu’il fallait qu’elle y arrive, que c’était nécessaire pour elle. Elle vient de Roumanie et elle a une histoire qui a un air de famille avec la mienne puisqu’elle a rencontré sa mère quand elle avait six ans.

Vous aviez une idée visuelle très précise de ce que vous vouliez ?

E. I. : Pas au départ. Le film a pris cet aspect pour plusieurs raisons. Je ne voulais pas que ce soit trop réaliste. J’aurais pu aller vers le documentaire mais je pense que la petite fille aurait craqué. Ma narration est très simple mais j’aime que l’image soit foisonnante. Quant à Isabelle Huppert, je me suis souvenue d’une phrase qu’elle avait dit : “Un ­acteur, c’est quelqu’un qui fait un hold up dans une maison.” Donc j’ai essayé de ­mettre le plus de choses en places afin qu’elle puisse prendre le meilleur.

Patrice Carré

 

Muriel et Delphine Coulin
Réalisatrices

17 filles, en compétition à la Semaine de la critique, est adapté d’un fait divers… Comment avez-vous eu l’idée d’en faire un film ?

M. C. : J’ai lu le fait divers en premier, qui s’est déroulé aux États-Unis. Notre ville d’origine est Lorient, c’est un port militaire sur le déclin, mais c’est également une petite ville où aurait pu se dérouler ce genre d’histoire, C’est un endroit où l’on s’ennuie beaucoup à l’adolescence…

D. C : Oui, le fait divers nous a interpellées parce que nous nous sommes toujours intéressées à la féminité, aux corps féminins et à leur sensualité. Ce sont des questions que nous avons déjà abordées dans nos courts métrages, et à la question du temps, qui leur paraît interminable à ces adolescentes.

Votre film est d’une grande douceur et ne vire jamais dans le réalisme social, on pense à Virgin Suicides de Sofia Coppola… C’est une référence que vous acceptez ?

M. C. : Oui, nous aimons beaucoup son ­cinéma, même si nous n’avons pas du tout l’impression d’être au même niveau qu’elle. Nous avons essayé de faire un film très sensitif, où le toucher, le ressenti, est essentiel… Et de nous en tenir, dans la mesure du possible, à certaines couleurs, le bleu et le jaune.

Comment vous répartissez-vous les tâches sur le tournage ?

D. C. : L’une prend le relais de l’autre, très naturellement. Nous n’avons pas de ­domaine réservé pour l’une ou pour l’autre, nous partageons tout à 50/50. Nous écrivons, réalisons et montons le film ensemble. Peut-être parce que nous sommes des sœurs, nous n’avons souvent pas besoin de parler, nous nous comprenons instinctivement.

On sent une réelle harmonie entre les jeunes actrices sur le tournage… comment l’avez-vous créée ?

M. C. : Comme nous allions travailler avec de très jeunes filles qui n’avaient souvent jamais fait de cinéma, nous savions qu’il était essentiel de créer une atmosphère agréable entre elles pour qu’elles soient justes. C’est pour cela que nous avons répété pendant trois semaines avant le tournage pour qu’elles aient le temps de se connaître, de former une cohésion de groupe.

Comment les avez-vous choisies ?

D. C. : Avec le plus grand soin. Nous avons auditionné environ 600 jeunes filles avant de choisir celles qui allaient faire partie du film. Nous avions des idées très établies au départ du genre de fille pour chaque rôle… Mais certaines d’entre elles nous ont surpris dans les essais. On a donc décidé de les inclure et cela a un peu changé notre point de vue.

Le film sort quand ?

D. C. : Nous n’avons pas de date précise mais ce sera cet automne. Diaphana le distribue.

Avez-vous d’autres projets ?

M. C. : Nous avons plein d’idées, mais il faut faire le tri ! Il est peu probable que nous abandonnions nos obsessions par rapport à la féminité, aux corps et au temps…

Catherine Wright

 

Jerzy Skolimowski
Réalisateur et président du jury courts métrages de la Semaine de la critique

Vous êtes revenu au cinéma après 17 ans d’absence avec Quatre nuits avec Anna à la Quinzaine. Vous venez de faire Essential Killing, vous allez continuer à faire du cinéma ?

J. S. : Je n’avais pas prévu de m’arrêter pendant 17 ans. J’avais pris la décision de me consacrer pleinement à la peinture, mon premier métier. Ma carrière de peintre s’est développée de telle manière qu’elle m’a ­totalement absorbée. Une fois que j’ai été reconnu comme peintre, j’ai pu revenir au cinéma mais, je n’ai pas d’autres projets.

Pourquoi avez-vous accepté de présider le jury courts de la Semaine de la critique ?

J. S. : Je me suis dit que ce serait sans doute la fonction la plus plaisante que je pourrais remplir au sein de ce festival. Mes films ont été sélectionnés plusieurs fois en compétition, je suis même venu en tant que juré, donc à chaque fois, c’était avec beaucoup de pression. Même en tant que juré, il y a beaucoup de films à voir, il faut attribuer plusieurs prix… les distribuer de manière la plus honnête possible et ce n’est pas toujours facile ! Là, j’évite le stress qui accompagne habituellement ma venue à Cannes.

Vous avez vu les longs métrages de cette section ?

J. S. : Non. J’ai vu The Tree of Life seulement, mais je ne ferai pas de commentaires, je ne suis pas critique de cinéma.

Lisez-vous les critiques de cinéma ?

J. S. : Il y a des noms que j’aime et que je lis, Michel Ciment, Derek Malcom, Todd McCarthy. Même si je ne suis pas toujours d’accord avec eux, j’aime connaître leur opinion et les comparer avec la mienne…

Avez-vous discuté avec Lee Chang-dong de votre mission de président ?

J. S. : C’est difficile parce qu’on ne se voit que lors de nos trajets en voiture ! On a un peu parlé de The Tree of Life, c’était le seul film qu’on avait vu tous les deux.

C’est important pour vous les prix ?

J. S. : Oui, ça fait toujours plaisir d’être reconnu mais je déteste cette compétition sportive qui place un film no 1, un autre no 2… Cela dit, être récompensé, ça donne l’impression que les gens comprennent ce que vous tentez de faire.

Anne-Laure Bell

Mis en ligne par

© crédit photo : Mano


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