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Cinéma

Congrès FNCF 2014 - 4€, budget, piratage, chronologie, accessibilité au menu du débat avec les pouvoirs publics

Date de publication : 02/10/2014 - 08:40

Les échanges de la FNCF avec les pouvoirs publics, le 1er octobre à Deauville, suivis de l'intervention de la ministre de la Culture et de la Communication, ont fait ressortir des convergences et ont donné lieu à quelques annonces, pour la filière cinéma globalement et pour l'exploitation en particulier. La FNCF a aussi fait passer des messages sur des sujets délicats en cours.

Tarif à 4 € pour les moins de 14 ans

C'est d'abord la hausse de la fréquentation, de 14%, qui permet d'envisager une fréquentation totale en fin d'année de 200 à 210 millions d'entrées, et la part de marché très élevée, de 48%, du cinéma français qui ont été mises en avant lors de ce traditionnel rendez-vous entre la FNCF et les pouvoirs publics. Une hausse qui s'appuie notamment, en plus de l'offre de films et du dynamisme des exploitants comme l'ont souligné tous les intervenants, sur la mise en place du tarif à 4 € pour les moins de 14 ans applicable depuis le début de l'année. Une opération ardemment défendue de concert par le président de la Fédération, Richard Patry – qui a précisé qu'il ne méconnaissait pas les problèmes qui en découlent chez certains distributeurs et exploitants (sujet dont il a été largement question le matin lors du Forum de discussion) –, la présidente du CNC, Frédérique Bredin, et plus tard dans la soirée par la nouvelle ministre, Fleur Pellerin (photo), qui a fait à l'occasion de l'hommage rendu à Jacques Audiard sa première intervention publique sur le cinéma. Tous ont rappelé avec beaucoup de vigueur que cette mesure était la contrepartie de l'obtention du taux de TVA à 5,5% depuis le 1er janvier, au lieu du taux à 10% initialement prévu. Un rappel destiné à ceux qui émettent des doutes sur l'avenir de la mesure à l'heure des nouvelles discussions dans le cadre de la loi de finances 2015. 

"Nous nous réjouissons vraiment du succès de cette initiative et du bilan que nous pouvons présenter aux pouvoirs publics, aux parlementaires dans une situation des comptes publics très tendue", a déclaré Frédérique Bredin. 

La FNCF et le CNC ont aussi souligné que cette baisse de tarif conjugué à la hausse de la fréquentation ont permis le maintien de la recette moyenne par ticket, à 5,30 € au premier semestre 2014 contre 5,25 € en 2013. 

Le budget du CNC préservé

L'annonce de cette journée par les pouvoirs publics était bien sur celle relative à la préservation du budget du CNC, à un niveau équivalent à celui de 2014, malgré la baisse des recettes de la TST-D et sans ponction sur les réserves du Centre ni écrêtement des taxes. Les détails ayant été révélés par le ministère de la Culture et de la Communication directement

Assises du cinéma et chronologie des médias

Richard Patry a évoqué un sujet plus tendu avec le CNC, celui des Assises du cinéma. Il a regretté que le secteur de l'exploitation "à peine effleuré dans le rapport Bonnell" se soit "retrouvé au centre des débats des Assises du cinéma". "Nous ne pouvons pas régler tous les problèmes de la filière cinéma", a-t-il lancé. Si l'exploitation veut bien discuter des modalités de réservation des tickets dématérialisés, évoquer aussi la question de la transparence et des ventes liées, ou encore de la nécessité d'un contrat écrit entre exploitants et distributeurs, le secteur comme l'a clairement exprimé Richard Patry, refuse que soit mis sur la table la taxation de la confiserie et des recettes publicitaires des salles, ou encore un malus sur les films art et essai porteurs.

Sur ce sujet, le CNC a répondu à une question plus précise d'un exploitant évoquant l'éventualité de la mise en place d'une obligation de prendre certains films en plein programme pendant 15 jours, par la voix du directeur du cinéma, Olivier Wotling, qu'il avait soumis non pas des mesures mais des objectifs et que tout était ouvert. 

Autre sujet sur lequel la FNCF reste ferme, la chronologie des médias. Le président de la Fédération l'a dit devant Frédérique Bredin, puis répété à la ministre, les exploitants seront intransigeants sur la baisse du délai à 4 mois, en particulier sur les films commerciaux, alors que l'exploitation est le seul marché qui a vu son délai raccourci, de 6 à 4 mois, lors de la dernière modification de la chronologie il y a cinq ans.

Sur ce sujet de la modernisation de la chronologie des médias, en cours de discussions sous l'égide du CNC, la ministre a souhaité des avancées concrètes d'ici la fin de l'année. 

La lutte contre le piratage

Pour les exploitants, la lutte contre le piratage doit être une priorité pour les pouvoirs publics. Nicolas Seydoux, au titre de président de l'Alpa, – qui a rappelé qu'un Français sur trois téléchargeait des contenus de manière illégale une fois par mois –, et Richard Patry, devant Fleur Pellerin, ont salué sur ce point les propos tenus par le Premier ministre du 15 septembre, qui avait déclaré que le gouvernement "avait sans doute sous-estimé l'impact du piratage de  masse" et que la "réponse graduée conservait toute son actualité". Pour Frédérique Bredin, "aborder la question du numérique, c'est d'abord aborder la question du piratage". Elle a enchaîné en rappelant justement les propos de Manuel Valls et a salué l'engagement personnel de ce dernier sur ce point. Fleur Pellerin a indiqué qu'une de ses premières actions serait de reprendre les mesures proposées dans le rapport Imbert-Quaretta pour proposer un plan d'action.

À noter que Nicolas Seydoux a, par ailleurs, mis en cause personnellement le secrétaire général de l'Hadopi, Eric Walter, dont il a estimé qu'il avait eu un comportement inqualifiable, contraire à ceux de la création et des ayants droit.

Le président de l'Alpa a également plaidé pour la  mise en place de juges spécialisés dans certains parquets, qui "ne s'occuperont que des affaires de propriété littéraire et artistique". Car aujourd'hui "malheureusement un certains nombre de ces dossiers dorment devant les parquets".

Aide pour l'accessibilité des salles, pistes  pour renforcer l'acccès aux crédits

Autre dossier dans l'actualité des exploitants, celui sur l'accessibilité des salles pour les personnes en situation de handicap. Si ce point reste un objectif majeur pour les pouvoirs publics, la date obligatoire de mise en conformité des établissements, prévue initialement le 1er janvier 2015, a été reculée à 2017  et jusqu'à 2020 selon un certain nombre de critères et de modalités, qui avaient été précisés dans la journée dans le cadre du Forum de discussion. 

Mais pour accompagner les salles les plus fragiles pour leur mise en conformité, Frédérique Bredin a annoncé la mise en place d'une aide sélective à partir de 2015. Une aide rendue possible par le maintien du budget du CNC.

En outre, la présidente du Centre a évoqué des pistes de réflexion pour envisager l'avenir de la profession et garantir le pluralisme de l'exploitation face aux problèmes d'accès aux crédits dans le contexte actuel. Ainsi, pour faciliter cet accès notamment aux jeunes exploitants, le CNC a évoqué plusieurs pistes : le renchérissement de la garantie de l'Ifcic sur les crédits à long terme pour le rachat de salle, la création de prêts participatifs ou encore le travail sur l'adaptation des critères d'accès aux aides.

Sarah Drouhaud
© crédit photo : Sarah Drouhaud


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