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Cinéma

Congrès FNCF 2021 – Le Scare se tourne vers l’avenir

Date de publication : 22/09/2021 - 08:15

Outre "l’annus horribilis" que viennent de traverser les salles françaises, l’assemblée générale du syndicat a surtout été l’occasion de se pencher sur le futur du parc – notamment art et essai – hexagonal, pour lequel les sujets d’interrogations et les défis ne manquent pas.

Pour la deuxième année consécutive, le Syndicat des cinémas d’art, de répertoire et d’essai (Scare) organisait son assemblée générale dans le cadre du Congrès de la FNCF, au sein de la salle Lexington du Centre International de Deauville, qui l'accueillait ce mardi 21 septembre. L’occasion de retracer, telle que qualifiée par le Scare dans son rapport moral, "l’annus horribilis" que viennent de traverser les cinémas hexagonaux, dont ils semblent désormais sortir progressivement.  Une "interminable et abyssale période", durant laquelle "les aides financières de l’Etat, les aides sectorielles, l’exonération de la TSA, l’augmentation de 2,5 M€ de l’enveloppe art er essai ont été salutaires" pour les salles, a pointé le syndicat coprésidé par Christine Beauchemin-Flot et Stéphane Libs.
 
Pour autant, plutôt que de dresser à nouveau un bilan des difficultés rencontrées ces derniers mois, le Scare entend "maintenant [se] tourner vers l’avenir et des lendemains meilleurs pour tenter d’oublier cette année noire du cinéma". Un avenir où, entre fermetures des cinémas à répétition, bouleversements des habitudes de consommation et montée en puissance des plateformes de streaming, "la place de la salle de cinéma s’est déplacée", a signalé le syndicat.
 
Dans ce contexte, "nous devons (…) trouver des nouveaux modes de communication et de promotion avec le public, agir avec les outils modernes et des opérations innovantes sur les 15-25 ans, profiter du développement actuel du Pass culture, trouver un ton nouveau, plus proche des spectateurs et faire intervenir ces derniers de manière participative dans nos salles, qui ne sont plus forcément aujourd’hui des temples du 7ème art", a souligné l'organisation.
 
En corollaire, le syndicat a tenu à mettre un coup de projecteur sur les "nombreux sujets" dont "l’ampleur de la pandémie nous a écartés". Parmi eux : "la nécessaire réflexion sur la réforme de l’art et essai et le développement de l’aide à la programmation difficile, comme le Centre s’y était engagé" ; la nécessité d’avoir des "équipes formées régulièrement et sur tous les aspects de nos métiers" ; la "réforme des textes relatifs à l'aménagement cinématographique pour protéger notre profession si spécifique, [qui] n’a toujours pas trouvé de véhicule législatif" ; ou encore le "renouvellement numérique", qui "n’est pas une échéance future" et pour lequel "les travaux de l’observatoire mis en place au CNC doivent aboutir à des réponses concrètes".
 
Parallèlement, et dans la continuité du fameux calendrier concerté des sorties auquel l’Autorité de la concurrence a rendu un avis favorable en avril, le Scare souhaite "aussi pouvoir définir ensemble, sous l’égide de la Médiateure (du cinéma, Ndlr) et du CNC, les conditions d’un meilleur étalement des sorties et d’une programmation plus harmonisée, en particulier à Paris".
 
Plus largement, le syndicat a alerté sur la montée en puissance des plateformes de streaming, tant sur la concurrence qu’elle constitue à l’égard des salles que sur les risques qu’elles font peser sur la diffusion des œuvres. "Devons-nous nous inquiéter du nombre alarmant de films d’auteurs internationaux, présentés à la dernière Mostra de Venise, qui auront une exclusivité sur les platesformes ? Cette année nos écrans et nos spectateurs seront privés des films de Jane Campion, Pablo Larrain, Maggie Gyllenhaal ou Paolo Sorrentino. Les distributeurs salles pourront-ils résister devant des offres financières inégalables venant de plateformes souhaitant des titres-vitrines mais tirant leurs principaux revenus d’autres logiques commerciales ?", s'est ainsi interrogé le Scare, tout en soulignant qu’une "solidarité de la filière et de l’industrie, des pouvoirs publics mais aussi européenne est plus que nécessaire" dans ce contexte.
 
Des "réflexion et constat alarmistes, mais qui doivent nous inciter à renforcer ce qui a déjà fait notre résistance : l’importance et la nécessité de célébrer et partager les œuvres cinématographiques collectivement sur grand écran", a conclu l’organisation dans son rapport moral, avant de laisser la parole à la salle.
 
Le renouvellement du matériel numérique et l'investissement des salles en débat
Chose étonnante au regard du contexte de crise sanitaire auquel les salles sont confrontées depuis 18 mois, peu de prises de parole ont suivi la lecture de ce rapport moral. Si Jacques Richer, président de l'Acrira, a insisté sur la nécessité de "mettre la pression" pour que le pass sanitaire prenne bel et bien fin le 15 novembre comme prévu, l'essentiel des - rares - échanges s'est concentré sur la question du renouvellement du matériel de projection numérique et, in fine, le rôle crucial de l'investissement des exploitants dans les salles pour les prochaines années.
 
L'occasion pour Mélanie Dauverné, exploitante en Savoie, de questionner le devenir de l'Observatoire numérique de la petite et moyenne exploitation à l'heure où "les problématiques de renouvellement du matériel" commencent à se poser, avec les questionnements techniques qu'elles charrient.
 
Présente dans l'assemblée, Magali Valente, directrice du cinéma du CNC, a indiqué que cette question n'était "pas du tout oubliée" par le Centre. "Nous avions des problématiques d'urgence, que nous avons dû gérer. Nous sommes dans une logique de sortie de crise, de reprise des investissements, c'est donc évidemment une question qui va devenir absolument prégnante dans les semaines et les mois à venir. Nous n'avons pas encore décidé de la forme que cela prendra, mais ce sera évidemment en consultation avec vous (les exploitants, Ndlr)". Et de conclure. "Nous serons à votre disposition pour en discuter après le prochain plan de relance, qui est tout juste mis en oeuvre".
 
"A la fédération, nous pensons vraiment que le numérique fait partie d'une réflexion globale sur les investissements futurs dans les salles de cinéma, qui constituent un véritable enjeu, a rebondi Richard Patry, président de la FNCF.  Le numérique est l'un des éléments de cette réflexion, mais pas le seul, notamment parce que l'urgence est moins importante qu'anticipée". Une analyse en phase avec le choix de la traditionnelle table-ronde du Congrès, qui se déroulera ce mercredi 22 septembre à 10h autour de la question : "Quels investissements et quels financements pour assurer l'avenir du cinéma en salle ?".
 
En outre, cette assemblée générale s'est conclue par l'élection d'une partie du conseil d'administration du Scare. Ont ainsi été (ré)élus Jérémy Breta, Sylvain Clochard, Paul-Marie Claret et Aline Rolland.

Kevin Bertrand
© crédit photo : Scare


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