Cinéma

Congrès FNCF 2016 - Richard Patry : "Une fenêtre Pay TV à six mois n’est absolument pas envisageable"

Date de publication : 27/09/2016 - 08:29

Alors que la grand-messe de l’exploitation inaugure aujourd’hui ses différents temps d’échanges, le président de la FNCF fait le point sur les dossiers chauds du moment : chronologie des médias, piratage, recommandation sur les monoécrans.

La table ronde du mercredi permettra notamment d’aborder la chronologie des médias. Où en sont les discussions interprofessionnelles, débutées au printemps dernier, sur ce sujet ?
Depuis le printemps, les réunions sous l’égide du CNC avaient permis d’arriver à une plateforme de consensus. Canal+ avait réservé sa position, notamment du fait des changements importants qui ont eu lieu en interne, et de la réflexion que la chaîne a mené sur son modèle de commercialisation. Maxime Saada a exprimé, très récemment, la position de Canal+ dans la presse. Ce sont des demandes a priori peu consensuelles, mais qui vont permettre aux discussions de reprendre. Il est clair que, pour nous, une fenêtre Pay TV à six mois n’est absolument pas envisageable, notamment du fait de la pression que cela exercerait sur la fenêtre de la salle. Je rappelle que la salle est le seul diffuseur à avoir contribué en 2009 à la modernisation de la chronologie des médias.

L’an dernier, Frédérique Bredin, présidente du CNC, concluait son intervention en abordant la lutte contre le piratage, dont les premières mesures visant l’assèchement des ressources des sites illégaux venaient d’être actées. Un an après, quelle est votre perception de l’action des pouvoirs publics dans ce domaine ?
Le CNC et le ministère de la Culture ont effectivement favorisé la signature de deux chartes. La première, par les régies publicitaires, a permis de voir disparaître les grands annonceurs français des sites illégaux. Cette logique "Follow the Money" s’est poursuivie par une charte sur les moyens de paiement, mais qui n’a pas encore eu le même succès. Nous nous félicitons de la position très claire du gouvernement, annoncée l’an dernier à Cannes. Toutefois, peu a été fait depuis. Alors que nous étions en avance sur nos voisins en matière de lutte contre le piratage, on voit des solutions pragmatiques et efficaces apparaître, par exemple en Allemagne, via un système d’amendes. Nous ferions bien de nous en inspirer.

La médiatrice du cinéma a émis, au début du mois, une recommandation sur la diffusion des films dans les monoécrans. Quel regard portez-vous sur celle-ci ?
C’est un document essentiel, sur lequel les exploitants concernés et les distributeurs vont pouvoir s’appuyer. Je remercie très chaleureusement Laurence Franceschini d’avoir pris cette recommandation, prévue par l’accord signé le 13 mai 2016 à Cannes par l’ensemble des organisations professionnelles. Pour la première fois, la spécificité de programmation des monoécrans est reconnue. C’est essentiel, car plus de la moitié des établissements cinématographiques sont des monoécrans.
Et cette recommandation rappelle qu’il faut pouvoir assurer une offre diversifiée de films au spectateur. C’est d’ailleurs aussi le cas pour les très petits cinémas, pour qui la problématique est très proche et pour qui nous souhaitons que la réflexion soit poursuivie. Il ne faut pas oublier les autres mesures très importantes de l’accord du 13 mai qui concernent les petites et moyennes villes : les engagements de distribution vont permettre que celles-ci bénéficient de plus de copies pour les films art et essai porteurs. Une recommandation conjointe de la médiatrice et du comité de concertation numérique est venue renforcer ce point. Enfin, cet accord a prévu la modernisation des engagements de programmation des salles. 

Propos recueillis par Kevin Bertrand et Sylvain Devarieux
© crédit photo :


L’accès à cet article est réservé aux abonnés.

Vous avez déjà un compte


Accès 24 heures

Pour lire cet article et accéder à tous les contenus du site durant 24 heures
cliquez ici


Recevez nos alertes email gratuites

s'inscrire