Cinéma

Congrès FNCF 2019 - Géographie du cinéma : le parc de salles et la fréquentation toujours dynamiques en 2018 selon CNC

Date de publication : 19/09/2019 - 15:55

À quelques jours de l'ouverture du 74e Congrès des exploitants à Deauville, le CNC a présenté son étude annuelle sur la géographie du cinéma, mettant en avant un maillage assez important du parc de salles en France, et un attrait toujours fort des Français pour le 7e art. Pour la première fois, l'étude s'est penchée sur l'emploi dans le secteur de l'exploitation, ainsi que sur les performances des films, français et américains, par région. 

À l’occasion de la présentation de la géographie du cinéma 2018, Dominique Boutonnat, le président du CNC, a salué l’attachement des Français à la salle de cinéma, aidé par un réseau étendue à travers toute la France, et qui se traduit notamment dans les bonnes performances de la fréquentation, qui se maintient à plus de 200 millions d’entrées. Afin d'accompagner les exploitants, le CNC a rappelé la mise en place en début d’année du Tour de France digital, qui vise à former les exploitants qui le souhaitent aux outils numériques afin d’attirer toujours plus de public.

La France reste le premier marché d’Europe

En 2018, la France reste le premier marché européen du cinéma en nombre d’entrées, avec 201,1 millions de spectateurs, et en recettes, avec plus de 1,3 Md€ sur 5 982 écrans. Le Royaume-Uni se classe en deuxième position, avec 177 millions de tickets et 1,3 Md€ de recettes sur 4 340 salles, alors que l’Allemagne est distancée à la troisième place, avec 105,4 millions de billets et 899,3 Md€ de recettes sur 4 849 écrans.

Les Français sont également les plus grands consommateurs de 7e art avec le plus fort indice de fréquentation, à 3,1 entrées par habitant. Plus largement, sur toute l’Europe, le cinéma reste la première sortie culturelle, la plus fréquente et plus appréciée.

Un loisir toujours plébiscité par les jeunes, mais aussi des plus de 50 ans, émergence des salles innovantes 

En France, l’étude souligne que les plus grands consommateurs de cinéma sont les 15-24 ans, confirmant qu’il est un loisir très répandu chez les jeunes. L’étude montre notamment que 83% des moins de 25 ans se sont rendus en salle au moins une fois par an en 2018.
Nouvelles tranches d’âge qui émergent, les 50-59 ans (5,2 entrées par spectateur) et les plus de 60 ans (7,5 entrées par spectateur), qui plus nombreux dans la population, sont également de gros consommateurs. Sur l’ensemble de la population, le taux est équivalent à celui de 2017, avec en moyenne 4,9 entrées par spectateur en 2018.

Parmi ces spectateurs, de nouvelles pratiques se mettent en place. C’est le cas des réservations des places. Ils sont ainsi 25,6% à avoir réservé leur place à l’avance en 2019, contre 14,4% en 2016. Ce qui motive ce choix, pour 62,4% des spectateurs, c’est d’être sûr d’avoir une place pour le film choisi. À noter que le cinéma est une sortie principalement collective pour 80,7% des Français, dont 38,1% en couple. Ces sorties sont principalement prévues à l’avance, tout comme le choix du film, même si 20% des spectateurs se rendent dans les salles sans idée précise du film qu’ils vont aller voir.
79,6% des spectateurs fréquentent toujours le même cinéma, choix prédéfini par la proximité avec le domicile.

Une tendance se renforce, celle de l’achat de confiseries, avec 47,7% de consommateurs parmi les spectateurs. Le produit le plus plébiscité est le pop-corn, 32,7% des spectateurs déclarant en acheter, et 52,3% des 15-24 ans.

L’émergence des salles premium (4DX, Imax/laser, Screen X…) est aussi une grande tendance de cette année 2018. Cela représente 86 000 séances en 2018 (1% des séances), et 3,2 millions d’entrées (1,5% des entrées).
20,3% des spectateurs ont déjà assisté à une projection dans une salle premium au cours des 12 derniers mois. Le taux de satisfaction est globalement élevé. Le public de ces salles est principalement masculin, jeune, urbain et habitué.

117 ouvertures de salles en 2018

Avec 117 ouvertures et 48 fermetures, on compte 69 écrans supplémentaires en 2018. En dix ans, la France a gagné 500 écrans.
En termes de cinéma, le CNC a recensé 18 ouvertures (dont six multiplexes et six mono-écrans), et 24 fermetures, soit six cinémas en moins.
Au niveau du parc de salles, plus de la moitié des établissements sont des mono-écrans (56,2%). Une tendance qui n’a pas connu d’importante variation puisqu’ils étaient 58,6% en 2009.
La fréquentation est, quant à elle, majoritairement concentrée dans les mutliplexes. Ces derniers ont ainsi réalisé 60% des entrées en 2018. On note là aussi une stabilité puisqu’en 2009 ils en engrangeaient 58%.

La France conserve un parc particulièrement dense avec 1 657 communes équipées d’un cinéma. Si l’on ajoute les cinémas itinérants, ce chiffre grimpe à 3 000.
Dans les faits, un Français sur deux possèdent un cinéma dans sa commune, et 70% ont un cinéma à proximité de chez eux.

Au total, on comptabilise 2 040 établissements cinématographiques (-6 par rapport à 2017), 5 982 écrans (+69 par rapport à 2017) et 1 126 074 fauteuils (+7 158 par rapport à 2017).
Au total, 23 150 séances sont programmées par jour en France.

Le parc art et essai est également étendu, avec 57,8% des cinémas classés art et essai, ce qui représentent 1 179 établissements.

Le secteur de l'exploitation emploi 16 000 personnes, dont la moitié de femmes

Pour la première fois, en se basant sur les chiffres d’Audiens, le CNC s’est penché sur l’emploi dans le secteur de l’exploitation cinématographique. À noter que la FNCF a également mené une étude sur le sujet, et plus particulièrement sur la place des femmes dans ce milieu, dont les résultats seront dévoilés lors du Congrès des exploitants.
On dénombre ainsi 16 000 salariés pour une masse salariale totale de 231 M€. En dix ans, les effectifs ont ainsi augmenté de 6% et la masse salariale de 21%.
Il regroupe 98% de salariés permanents (CDD-CDI), dont une majorité de femmes (51% des effectifs totaux).
Au niveau de sa répartition, 68% de l’emploi de l’exploitation se trouve en région et 32% en Île-de-France.

Une offre de films diversifiée par région 

Ainsi, sur les 648 films sortis en salle l’an dernier, le CNC relève une offre diversifiée par région. En moyenne, 456 œuvres sortent par département, 29 départements programment plus de 500 nouveaux titres par an, et 71 plus de 400. Le top 3 se compose de Paris (677 films), du Rhône (610) et des Alpes-Maritimes (595).

En ce qui concerne leur performance, alors que les longs métrages français affichent en 2018 une part de marché (PDM) de 39%, et les films américains de 44%, l’étude souligne que, dans dix départements, les titres hexagonaux atteignent une PDM supérieure à 50% – dont le Lot (55,8%), la Haute-Loire (53,5%) et l'Orne (52,4%). Le constat est le même pour la PDM des films américains, qui dépassent 50% dans huit départements – dont la Seine-et-Marne (58,2%), la Haute-Corse (54,5%) et et Val-de-Marne (54,5%).

Téléchargez la géographie du cinéma 2018 (PDF)
Les chiffres clés par région (PDF)
La géographie du cinéma – La programmation
La géographie du cinéma – Les départements

Océane Le Moal
© crédit photo :


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