Cinéma

Plein air et drive-in : la FNCF écrit au CNC

Date de publication : 15/05/2020 - 11:00

La fédération a adressé hier un message au Centre concernant les séances de drive-in et de plein air, regrettant notamment "les dégâts médiatiques et économiques que provoqueront ces manifestations qui détournent les spectateurs, les médias, l’administration locale et nationale du seul combat à mener : la réouverture des salles".

Depuis quelques semaines, les initiatives de drive-in se multiplient à travers l'Hexagone - du Lux de Caen à la Scop Le Navire en passant par le Drive-in Festival -, en réaction à la fin du confinement et au maintien de la fermeture des salles. Une tendance que goûte peu la Fédération nationale des cinémas français, qui a "adressé un message" au CNC ce jeudi 14 mai concernant les séances de drive-in, mais aussi, plus largement, de plein air.

"A titre liminaire, nous regrettons que la réflexion d’aujourd’hui se déroule sans connaitre les conditions de la relance de l’activité à moyen terme et le soutien financier immédiat que l’Etat entend apporter à la réouverture des salles et aux distributeurs sur les premiers mois de la reprise de l’activité. Sur ce dernier point, nous soulignons à nouveau l’urgence à ce que le CNC apporte des réponses aux préoccupations des professionnels", écrit en introduction la FNCF.

Débutant par le cas des séances de plein air traditionnelles, la fédération insiste sur le fait que "les conditions sanitaires imposées à notre pays doivent amener le CNC à n’autoriser aucune de ces manifestations :
- Interdiction de rassemblement de plus de 10 personnes.
- Fermeture des salles de cinéma et réouverture à terme sous réserve de validation de fiches métier par la DGS/DGT pour garantir la sécurité sanitaire du public (ce qui n’est bien sûr pas le cas des organisateurs de plein air).
- Impossibilité de garantir les règles de distanciation physique lors d’une telle manifestation alors que le public sera nombreux, libre de ses déplacements, sans que l’organisateur ne puisse jamais le contrôler.
- Nécessité de cohérence de la réglementation et de son application pour un spectacle très proche : pourquoi laisser fermer des lieux plus sûrs et plus encadrés et ouvrir des manifestations où aucune règle ne peut être respectée ?
- Risque sanitaire majeur rendu possible par une autorisation que le CNC accorderait, et par conséquent risque majeur pour les salles de cinéma qui pâtiraient en communication comme par la réaction des pouvoirs publics qui prolongeraient la fermeture des cinémas.
- Utilisation de l’argent public pour des manifestations événementielles alors que les collectivités devraient le concentrer sur la réouverture des salles".

En conséquence, la fédération demande au CNC de "n’autoriser aucune projection en plein air, notamment au titre de l’alinéa 2 de l’article L 214-6 du code du cinéma qui prévoit de tenir compte de la situation locale de l'exploitation".

Sur le sujet spécifique des drive-in, la FNCF demande cette fois "l’application extrêmement stricte du dispositif réglementaire en vigueur", autour de trois points :
- "Garantie du respect des conditions sanitaires par la validation par la DGS/DGT d’un protocole sanitaire précis, à l’identique de l’ensemble des branches professionnelles de notre pays. Il n’y a aucune raison que ces initiatives échappent à la règle générale et mettent en péril les spectateurs et les salariés. Ce protocole devra être consultable.
- Application très stricte de la procédure d’autorisation et notamment des avis en DRAC avec consultation obligatoire du groupe d’experts (compte tenu de la situation particulière de la période actuelle et de la nécessité de tenir compte de la situation locale de l'exploitation).
- Engagement de la collectivité sur un plan de soutien des salles de cinéma locales transmis au CNC".

En conclusion, la fédération "regrette profondément les dégâts médiatiques et économiques que provoqueront ces manifestations qui détournent les spectateurs, les médias, l’administration locale et nationale du seul combat à mener : la réouverture des salles, seul lieu structurant et pérenne de la culture cinématographique".

Kevin Bertrand
© crédit photo : Scop Le Navire


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