Télévision

Les chaînes privées et le documentaire : RMC Découverte suspend ses commandes mais pas Canal+

Date de publication : 07/05/2020 - 19:29

Durant le confinement imposé par la crise du Covid-19, et du fait de l’écroulement des recettes publicitaires qui s’en est suivi, certains diffuseurs ont suspendu leurs engagements documentaires. C’est le cas de la chaîne thématique de la TNT. Canal+ affirme valider normalement ses programmes, en revanche.

Comme certaines de ses concurrentes, RMC Découverte bat des records, pendant le confinement, même égalés. La semaine du 27 avril au 3 mai, la chaîne documentaire TNT du groupe Altice Média a ainsi enregistré une PDA moyenne de 2,7%, soit son plus haut niveau historique, déjà atteint en début d’année et en 2019.

Pour autant, si les équipes de la thématique continuent à lire les projets et les dossiers envoyés par les producteurs, les engagements ont été suspendus durant le confinement, instauré le 17 mars dans l’Hexagone. RMC Découverte confirme cette suspension, qui vaut pour tous les programmes (les magazines, outre le documentaire). Pour autant, la chaîne n’a pas souhaité répondre plus amplement à nos questions, considérant qu’il était "encore trop tôt" et que "la reprise va se faire petit à petit".

En quelques années, le diffuseur est devenu un acteur important pour le secteur. En juin 2019, à la veille du Sunny Side, dans nos colonnes, Guénaëlle Troly, directrice générale de RMC Découverte et de RMC Story, faisait valoir un investissement annuel prévisionnel de "28 M€" qui devaient être engagés dans "un volume de production originale compris entre 260 et 270 heures, contre 25 M€ dans 255 heures en 2018" (photo : 39-45 : amours interdites).

Ces derniers jours, la rumeur faisait état d’une situation comparable au sein du groupe Canal+, qui, aurait gelé ses investissements dans le domaine du documentaire. Faux, répond Christine Cauquelin, directrice des chaînes découverte et des documentaires du groupe. "Les comités d’engagements se sont poursuivis, sur Teams (le logiciel de Microsoft, Ndlr). Le dernier a même eu lieu le 4 mai". Cette dernière reconnaît qu’il y a pu y avoir un décalage, "de trois semaines, un mois", au début du confinement, le temps que soit mis en place l’organisation à distance. Mais "nous avons validé des programmes normalement afin de remplir notre grille en 2021", avance Christine Cauquelin. "Des programmes tournés en France et à l’étranger", ajoute-t-elle, précisant qu’elle ignore en revanche quand leurs tournages pourront avoir lieu.

L’épidémie du Covid-19 pourrait toutefois impacter la rentrée documentaire des chaînes Canal+ (outre la chaîne premium, les antennes découvertes thématiques telles Planète+, Planète+ Crime Investigation…), en terme de programmation. "Il a des films que je devais avoir et que je n’aurai pas" (du fait de l’arrêt des tournages)", anticipe Christine Cauquelin, qui évoque un glissement de diffusions initialement prévues sur "septembre, octobre-novembre" à "janvier-février-mars".
"Mais nous n’avons rien annulé. Et éventuellement, nous décalerons", poursuit la patronne des documentaires du groupe privé, à l’instar de ce que déclarait Catherine Alvaresse, dans Le Film français du 1er mai. La directrice des documentaires de France Télévisions, premier partenaire du documentaire, en France, y espérait en outre une reprise des tournages d’ici septembre au plus tard.

Pour mémoire, le groupe public a adopté un plan de soutien à la filière audiovisuelle (en particulier la production), dès le 2 avril. La semaine dernière, Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, a également annoncé que le diffuseur investirait 20 M€ supplémentaires dans la création patrimoniale audiovisuelle (hors cinéma) en 2021, soit 440 M€.

Quant à Arte, autre acteur de poids dans le documentaire (auquel la chaîne consacre plus de la moitié de sa grille), et le plus discret depuis le début du confinement (trop, diront certains), Fabrice Puchault explique l’approche du diffuseur dans un entretien publié sur le site du Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire.
"Il fallait et il faut que les engagements de programmes se poursuivent, qu’il n’y ait aucun arrêt des signatures de coproductions et préachats. C’est ce qu’Arte a réussi à faire, les projets sont examinés, les réunions d’engagement se tiennent, les contrats se signent, des films sont lancés, exactement au rythme des années précédentes. Il y a eu une grande difficulté pratique à s’adapter à ce 'nouveau' monde, entièrement 'distancié', et quelques cahots, mais nos investissements n’ont pas été suspendus", y développe Fabrice Puchault. "En sus, nous avons décidé notamment d’ouvrir le développement à l’ensemble des cases de l’unité et donc d’engager plus de développements qu’à l’habitude. Et bien entendu nous allons continuer notre politique de coproduction internationale."

Emmanuelle Miquet
© crédit photo : La Famiglia/RMC Découverte


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