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Cinéma

Congrès FNCF 2021 - René Kraus : "La grande exploitation rencontre des difficultés très importantes"

Date de publication : 21/09/2021 - 08:05

Le tout nouveau président de la commission de branche de la grande exploitation de la FNCF fait le point sur les premiers mois de réouverture des salles françaises, particulièrement compliqués pour la branche depuis l’instauration du pass sanitaire.

Vous avez été élu, en juin dernier, président de la commission de branche de la grande exploitation pour la première fois. Pour quelles raisons vous êtes-vous présenté ?
Etant membre du Conseil fédéral depuis bientôt dix ans, et de la commission de la grande exploitation depuis quelques années, il m’est apparu légitime de me présenter à la présidence. Mon expérience en tant que directeur général du Capitole Studios du Pontet n’a fait que renforcer ce positionnement. De plus, les conversations que j’ai partagées avec Line Davoine (précédente présidente de la commission de branche de la grande exploitation, Ndlr) et mon engagement auprès d’elle m’ont permis de me déterminer.
 
L’été dernier, la grande exploitation avait été particulièrement éprouvée par la crise sanitaire au moment de la réouverture des salles, avec des baisses de fréquentation souvent très prononcées. Qu’en est-il depuis la réouverture du 19 mai ?
S’il semblait tout à fait évident que les deux périodes ne pouvaient pas être comparées, il n’en demeure pas moins que le contexte sanitaire et les obligations qui en découlent n’ont pu qu’aggraver la situation. La reprise envisagée au 19 mai, apportant un nouvel espoir, a été fugace. Au 21 juillet, l’obligation du pass sanitaire – appliquée alors majoritairement dans la grande exploitation – a scellé la chute drastique de fréquentation du public. Nous avons ainsi subi une baisse de 37% des entrées, et ce malgré la présence de films populaires et ambitieux, tel Fast & Furious 9, qui devaient ramener le public dans nos salles.
 
Dans quelle situation économique se trouve d’ailleurs aujourd’hui la grande exploitation ? Plusieurs groupes avaient, notamment, réalisé de très grosses acquisitions dans les années ou les mois précédant le début de la crise sanitaire…
Au regard de la situation économique, nous ne pouvons que constater que la grande exploitation rencontre des difficultés très importantes. Le principe d’aides équitables, renforcé par un fonds de solidarité plus ample, ont été d’un secours indéniable, mais insuffisant. Il est certain que ces acquisitions font porter un poids très lourd à ces entreprises, qui ont pu investir à un moment (2019) où le marché était en pleine expansion. En conséquence, si des solutions ne sont pas trouvées, tel que le crédit d’impôt à l’investissement par exemple, le développement sera ralenti.

Ces derniers mois, plusieurs circuits ont revendu des cinémas de taille moyenne – voire même conséquente – à des exploitants indépendants. S’agit-il selon vous d’opérations "habituelles" ou d’une nouvelle stratégie visant à "rationaliser" leur parc de salles à l’aune des incertitudes et difficultés économiques engendrées par la crise sanitaire ?
Il me parait très clair que certaines tailles d’exploitation ne correspondent pas à la gestion d’un groupe. Il s’agit donc ici plutôt d’opérations habituelles ou de transformations actionnariales classiques.
 
La mise en place du pass sanitaire dans les cinémas, le 21 juillet, a entrainé des réactions parfois très vives des spectateurs. Deux mois plus tard, qu’en est-il ?
La situation actuelle, que je qualifierais d’empire de la contradiction, nous a amenés à être attaqués sur les réseaux sociaux et à subir des comportements inappropriés du public, avec une agressivité pouvant aller jusqu’à la violence. De plus, les contrôles des services de gendarmerie et de police municipale ont été beaucoup plus fréquents que ce qui a été dit. Si la tendance est à l’amélioration, nous restons vigilants.
 
Des annonces devraient être faites au Congrès pour la filière, dans la continuité des déclarations formulées par Bruno Le Maire le 30 août. Qu’attendez-vous pour l’exploitation, et votre branche en particulier ?
L’entrée en vigueur du pass sanitaire a fait perdre plus de 7 millions de spectateurs, soit 50 M€ de recettes, la plus grande partie au préjudice des plus gros cinémas. Cela justifie que nous puissions bénéficier d’aides économiques. Le déficit financier et le préjudice moral que nous avons subis doivent être pris en considération au cas par cas, en regardant la situation réelle de chaque cinéma.

Propos recueillis par Kevin Bertrand
© crédit photo : DR


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