Télévision

Festival de la Fiction 2023 - Compétition officielle : focus sur "Les indociles"

Date de publication : 14/09/2023 - 08:40

En compétition francophone internationale, Les indociles (RTS, Box Productions) est un 5x50’ suisse réalisé par Delphine Lehericey qui suit trois amis, des années 1970 à nos jours guidés par leurs idéaux de changer le monde et créer un lieu communautaire et précurseur : la Ferme des Indociles. Rencontre avec la réalisatrice pour un projet, et une série, hors normes.

Adaptée de la bande dessinée éponyme du scénariste Camille Rebetez et du dessinateur Pitch Comment, Les Indociles raconte les trente années, de 1973 à 2003, que vont traverser Lulu, Joe et Chiara. Les trois personnages principaux et leurs compagnons de route vont s’affranchir des carcans de la société et créer un lieu communautaire et précurseur : la Ferme des Indociles. Ils passeront leur vie côte à côte en essayant de changer le monde. Une saga émouvante d’une grande famille, aux prises avec les époques et l’histoire récente de la Suisse, pour réfléchir à ce que l’on souhaite devenir, à ce que l’on devient et à ce que l’on parvient à transmettre au bout de la route.
 
La série, qui est en Compétition à La Rochelle et qui est vendue à l'international par Oble, sera diffusée sur la RTS, le service public suisse francophone, début novembre après une présentation au Festival du Film International de Genève.
 
A la base, la série est adaptée d’une bande dessinée éponyme de Camille Rebetez et Pitch Comment, à la base plutôt comique ?
La BD offrait une rythmique qui pouvait être utile quand on construisait la dramaturgie, mais je voulais vraiment faire une fresque car ce qui m’intéressait dans la BD, c’était les personnages et les années qui passaient. Notre référence a longtemps été Nos meilleures années. Comment des destins changent au fil des rencontres et nous transforment. Dans la BD, il y avait plus de personnages masculins que féminins. On les a donc renforcés. En tant que réalisatrice, j’avais une responsabilité auprès de mes camarades actrices et il était important pour moi qu’il y ait une forme de parité dans la répartition des rôles. J’ajouterais que l’arène de la toxicomanie n’existait pas dans la BD. On y parlait d’un lieu autonomiste, de gauche, c’était la création du Café du soleil qui existe encore aujourd’hui. La BD jouait beaucoup sur le slapstick de dialogue, mais n’abordait pas des questions sociétales. Et j’aime les mélodrames. Dans la série, on a le temps de s’attacher aux personnages, de déployer des arches. L’arène de la toxicomanie était connue de nous les suisses, mais peu du reste de l’Europe, et il fallait vraiment la raconter. En tournant la série, nous avions l’espoir que cette série touche et aille plus loin que les frontières de la Suisse.
 
Comment le projet est-il venu à vous ?
J’étais en montage du film Le milieu de l’horizon quand mes producteurs de Box Productions me l’ont proposé alors qu’ils allaient le pitcher à la RTS.

Cette série va faire découvrir à certains l’existence d’une fiction originale en Suisse ?
Il y a une vraie nouvelle génération de réalisateurs et de réalisatrices en Suisse comme Carmen Jaquier (le choix suisse pour les Oscars 2024 avec Foudre, ndlr) ou Antoine Russbach (Ceux qui travaillent). Pour ma part, j’ai réalisé Last Dance! avec François Berleand qui a attiré en Suisse plus de 60 000 spectateurs, un très beau succès à l’échelle du pays (le film sort en France chez Epicentre le 20 septembre). A l’échelle de la France, cela aurait représenté près de 600 000 entrées. Il y aussi une énorme énergie de la part des producteurs. Dans quelques semaines, va se tourner une énorme série pour la RTS et Netflix, Winter Palace. Avec tous nos excellents techniciens, on arrive à produire dans notre tout petit pays à produire films et séries. C’est une saine émulation.
 
Quel a été le budget de la série ?
Il a été de 1 million de francs suisses par épisode. Soit 5,21M€ pour les cinq épisodes. Avec 49 jours de tournage en Suisse et 1 en Belgique.
 
C’est en plus une série historique, donc une série chère ?
A chaque épisode correspondait une époque. C’était la partie la plus compliquée. Sur une journée de tournage, on pouvait passer des années 70 aux années 90.
 
Qu’est ce qui fait qu’il n’y ait pas plus de coproductions franco-suisses en matière de série ?
On avait peut-être l’impression que la Suisse ne défendait que des séries sur l’héritage. On s’imagine aussi que la Suisse a beaucoup d’argent et que l’on fait beaucoup de séries autour de l’argent. Et que le pays va bien, et qu’il n’y a pas beaucoup d’histoires à raconter. Rien n’est plus faux ! Mais il y a eu aussi de belles copros comme Sacha de Lea Fazer faite avec Arte. Il y a tel champ sur la série aujourd'hui que je suis confiante.
 

Francois-Pier Pelinard-Lambert
© crédit photo : Box Productions


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