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ENTRETIEN
DU FILM FRANCAIS
Victor
et Samuel Hadida
Metropolitan Filmexport
Duo aussi atypique que discret à la tête
de Metropolitan Filmexport, Victor et Samuel Hadida poursuivent,
après la folie du Seigneur des anneaux un travail dorfèvre
en distribution (les prochains Terrence Malick, David Cronenberg,
Florent Emilio Siri) comme en production (les nouveaux films de
Tony Scott ou Christophe Gans). Entretien à deux voix
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Acteur
et réalisateur |
Cétait pour vous la première
année sans le Seigneur des anneaux. Comment avez-vous vécu
durant trois ans ce raz-de-marée ?
Victor Hadida : Cest une aventure magique et unique qui
a duré plus de cinq ans. Cela nous a permis de distribuer
trois films qui sont chacun devenus dénormes succès.
Samuel Hadida : Vous savez, cest une aventure qui ne
sarrête jamais ! En effet après la salle, nous
avons la vidéo puis les droits TV
Il faut mener chaque
aventure jusquà son terme. Et surtout en amorcer dautres
avec New Line, comme par exemple une nouvelle trilogie, intitulée
À la croisée des mondes, actuellement en préproduction.
Nous distribuerons également dautres grands films comme
Iron Man.
V.H. : Nous sommes effectivement repartis sur de nouvelles
aventures. Samuel développe pour les deux années à
venir un certain nombre de productions, tandis que nous cherchons
à proposer une programmation toujours plus diversifiée
et éclectique qui aille dans le sens des goûts du public.
Nous voulons continuer à surprendre, à suivre des
auteurs et ne pas nous reposer sur des formules. Le programme 2005
de Metropolitan devrait marquer ce goût pour la diversité,
du nouveau Terrence Malick avec Colin Farrel jusquau Fantôme
de lOpéra de Joel Schumacher. Un film baroque, 80 M$
de budget, une partition musicale que nous avons entièrement
adaptée pour le public français. Cest un coup
de cur, un vrai pari pour nous.
Autre nouvelle tendance, celle des frenchies à
Hollywood. Vous sortirez cette année les films que Florent
Emilio Siri et Jean-François Richet ont tournés là-bas...
S.H. : Le cinéma français a longtemps tenu
à linternational par ses stars (Delon, Depardieu),
mais aujourdhui ce sont les jeunes réalisateurs qui
sont en pointe. Hollywood est constamment en quête de nouveaux
talents et les agents comme les producteurs hollywoodiens sont constamment
en éveil. Un producteur comme Mark Gordon (Le jour daprès)
peut ainsi voir Nid de guêpes et proposer à Bruce Willis
Florent Emilio Siri comme réalisateur pour Hostage. Siri
comme Richet ou Alexandre Aja ont été nourris au cinéma
américain. Cest donc normal quils se frottent
à leur rêve. Mais la règle veut aussi quils
reviennent toujours en France, comme la fait Jeunet après
Alien Résurrection.
Votre accord cadre avec New Line se poursuit jusquen 2007
?
S.H. : Tout à fait. Nous avons commencé
notre partenariat en achetant quelques films puis nous sommes devenus
leur distributeur en France. Cest une belle histoire qui se
poursuit par un mariage. Et cela continuera tant que les deux parties
seront satisfaites. Nos cheminements sont proches. New Line a été
créée au même moment que Metropolitan, nous
avons la même culture de la diversité des genres
Venons-en à vos productions. Le pont du roi Louis de Marie
Mc Guckian avec Robert de Niro et Harvey Keitel sera sur les écrans
à Pâques en France. Pourquoi a-t-il mis tant de temps
à sortir ?
V.H. : Il a fallu tout dabord coordonner la sortie
du film à linternational. Puis nous devions attendre
la disponibilité des acteurs pour la promotion, ce qui nest
pas facile avec des personnalités comme De Niro.
S.H. : Cest encore un projet atypique dans la sphère
Metropolitan, un autre pari
Cest un film en costumes,
adapté dun roman lauréat du Pullitzer. Il faut
savoir que Tony Blair a lu, en forme de discours lors de la cérémonie
commémorative du 11 septembre, la dernière page du
livre
Cest un film qui colle à lépoque,
un film sur la mort et sur la quête philosophique. Cest
une coproduction européenne, entre la France, la Grande-Bretagne
et lEspagne pour un budget de 25 M€.
Quels sont les autres projets sur lesquels vous travaillez actuellement
?
S.H. : Je suis en train de produire le nouveau film de Tony
Scott, Domino. Depuis True Romance, nous cherchions un nouveau projet
commun. Cest une histoire inspirée de la vie de la
fille de lacteur Lawrence Harvey, Domino Harvey, qui a décidé
de devenir chasseur de primes à 20 ans. Keira Knightley joue
Domino, entourée dun casting de vedettes pour des seconds
rôles à la True Romance, où lon retrouve
Mickey Rourke, Lucy Liu, Christopher Walken ou même Jacqueline
Bisset ! Le film est écrit par Richard Kelly, réalisateur
de Donnie Darko que nous avions distribué. Tony Scott a un
house deal avec la Fox mais cette dernière na
pas suivi sur le projet. Il ma donc proposé de le reprendre.
New Line a donné son accord pour la distribution nord-américaine.
Le budget est de 60 M$ avec nos partenaires internationaux traditionnels.
Si le film est terminé à temps, nous le proposerons
pour Cannes.
Vous retrouvez également Christophe Gans pour Silent Hill...
S.H. : Avant Rahan, Christophe va en effet réaliser cette
adaptation du jeu vidéo bien connu. Le film devrait se tourner
dès le mois de mars au Canada. Roger Avary met actuellement
la dernière touche au scénario. Focus vendra le film
à linternational. Le film nest pas encore budgété,
mais nous devrions être dans une fourchette haute.
Jusqualors, les adaptations de jeux vidéo au cinéma
nont pas toutes bien marché en salle...
S.H. : Parce que ce ne sont pas des gens du sérail
qui les ont portées à lécran. Les studios
se sont souvent contentés dacheter les droits dun
jeu, de plaquer son intrigue dans un scénario et de donner
le tout à un réalisateur lambda non initié
à ce nouveau langage. Pour Silent Hill, nous travaillons
avec des passionnés du genre.
V.H. : Nous coproduisons aussi El Aura, le nouveau film du
metteur en scène de Neuf reines, Fabian Bielinsky. Là
encore, nous suivons un auteur qui nous est cher.
Vous qui travaillez souvent à linternational, quel
est votre regard sur la polémique autour du film de Jean-Pierre
Jeunet ?
S.H. : Le système français peut être dune
aide précieuse. Mais Un long dimanche de fiançailles
est un film français, quon lui donne ou pas cette qualification
pour des raisons techniques ou économiques. Dans le monde
entier, il portera létendard du cinéma français.
Le public nira pas voir plus loin.
V.H. : Lautre question est de savoir : existe-t-il
une alternative autre guichet pour les majors hollywoodiennes
qui veulent coproduire des films français comme elles le
faisaient auparavant avec des films de Tavernier ou Louis Malle
ou des comédies populaires comme la série de la Cage
aux folles ? Cest une question qui sadresse davantage
aux pouvoirs publics quaux professionnels.
Vous demeurez un duo atypique dans
le milieu... Comment vous sentez-vous dans la famille du cinéma
français ?
S.H. : Nous nous sentons bien dans la famille du cinéma
tout court ! Nous avons cette particularité de ne pas nous
arrêter aux frontières. Nous travaillons avec Tony
Scott, Christophe Gans et Fabian Bielinsky. Nous achetons la plupart
du temps sur scénario les films que nous produisons ou que
nous distribuons. Lessentiel, cest une bonne histoire,
où quelle nous emmène.
V.H. : Il y a aujourdhui un cinéma français
vivant, des acteurs et des réalisateurs qui émergent.
Il y a un foisonnement en France qui suscite lintérêt
de beaucoup de professionnels à létranger. Il
y a des talents en France quil faut suivre. Nous recevons
dailleurs beaucoup de projets français
S.H. : Et pour tout vous dire, nous avons acheté les
droits dun roman français qui raconte une histoire
damour sur fond de guerre Napoléonienne !
Propos recueillis par Fabrice Leclerc
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