Cinéma

Intervention d’Emmanuel Macron : des réactions mitigées de la part des professionnels

Date de publication : 11/05/2020 - 16:35 - Modifié le 11/05/2020 - 19:20

(Actualisé le 11 mai avec la SACD, le Spi, le SPFA et l'Uspa) - Les annonces faites le 6 mai par le président de la République ont reçu un accueil en demi-teinte de la part des premières organisations à réagir. Si les mesures annoncées sont saluées, des questions restent toutefois en suspend regrettent certains. 

Parmi les premières organisations à avoir réagi, L’Arp s’est montrée la plus enthousiaste. Les cinéastes de l'Arp estiment que "les annonces du président de la République "marquent un véritable tournant dans la politique culturelle de ce quinquennat".  
Selon eux, "en mettant la préservation de notre souveraineté culturelle au cœur des priorités", Emmanuel Macron, "s'est montré à la hauteur des attentes des artistes et professionnels du secteur de la culture, et du cinéma en particulier." Ils le remercient pour "ses annonces très claires".
Les cinéastes de l'Arp indiquent néanmoins qu’ils seront "vigilants quant aux engagements pris", et soulignent qu’"il faut maintenant transposer par ordonnance, au plus vite, les directives SMA et droit d’auteur, pour faire contribuer les plateformes qui profitent largement de la crise, alors que le cinéma et tous nos partenaires audiovisuels français sont frappés de plein fouet. Leur transposition renforcera la diversité et l’indépendance de la création française et européenne."
La préservation de la souveraineté culturelle passe également selon eux par la protection "au plus vite nos actifs stratégiques, dont nos catalogues de films, afin qu'ils ne puissent être vendus dès demain à des acteurs chinois ou américains. Il s'agit de protéger notre patrimoine commun et nos atouts industriels, qui sont, avec les créateurs, les piliers de notre exception culturelle enviée dans le monde entier."
Parmi les autres séquences essentielles, ils soulignent "l'annonce par le chef de l'Etat d'un soutien à tous les intermittents et la prolongation jusqu’à fin août 2021 des indemnités de chômage, considérant cette période comme une année blanche. A été aussi annoncée la mise en place d'un fonds d'indemnisation, étape évidemment essentielle pour que les tournages puissent reprendre au plus vite. Ce sont des mesures attendues et indispensables pour la survie de nos métiers et de notre secteur."

Pour les Cinéastes de L’Arp,"le président de la République a initié une vraie démarche positive : plus que jamais, [ils] se tiennent prêts à inventer l'avenir à ses côtés." "La crise doit nous permettre d'être encore plus innovants, au service de notre cinéma, des spectateurs et de nos territoires. Neutralité technologique pour faire vivre la diversité culturelle sur les plateformes, rattrapage numérique proposé aux salles en cas d'indisponibilité du film, afin de rendre les œuvres accessibles pour le plus grand nombre, réforme de la redevance pour garantir un audiovisuel public fort, lutte plus efficace contre le piratage, modernisation des dispositifs d’éducation à l’image… : nous sommes prêts, dès aujourd’hui, à poursuivre le travail pour que ces solutions, sur lesquelles L’ARP réfléchit depuis de nombreux mois, se concrétisent", détaillent-ils. Ils ajoutent qu’ils "répondront présents" sur tous ces sujets "pour que vive la diversité culturelle à l’ère numérique, au-delà de la crise unique qui ébranle notre pays et dont nous saurons, collectivement, nous relever. Ainsi la France continuera à jouer le rôle central qu'elle tient au cœur de l'Europe et au niveau mondial quant à la défense de la diversité des œuvres et des idées."

Pour leur part, les scénaristes de cinéma réunit au sein du SCA se réjouissent pour "leurs camarades intermittents du prolongement des droits qu'a annoncé aujourd'hui le président de la République. 
Mais pour eux, les "grands oubliés de ce discours" sont les artistes-auteurs, dont les scénaristes font partie, quine bénéficient pas d’allocations chômage. "Le président a laissé dans le flou la place faite aux artistes-auteurs : commandes publiques, adaptation des aides… La seule mesure précise annoncée les concernant consiste à annuler pour 4 mois les cotisations sociales : qu’en sera-t-il pour les scénaristes, qui paient généralement à la source ces cotisations ? Car dans les mois à venir, les droits d'auteur risquent précisément de se raréfier. Être exonéré-e-s de cotisations sociales sur zéro euro ne constitue pas une aide en temps de crise !"
S'ils saluent "les efforts accomplis pour mettre en place des fonds d’urgence destinés aux auteurs", ils demandent que el'État s'engage à ce que ces aides soient réellement accessibles aux scénaristes, dans toute la variété de leurs situations". "Nous avons également besoin d’être pris en compte dans les mesures destinées à tous : nos adhérent-e-s n’ont pu encore bénéficier des indemnités versées par la Sécurité Sociale pour la garde d’enfants de moins de seize ans. Les scénaristes parents de jeunes enfants sont pourtant, comme tous les travailleurs concernés, empêchés de travailler par cette situation exceptionnelle. Notre statut précaire et mal défini rend en effet toutes les démarches d’accès aux aides générales difficiles, voire impossibles".
"Surtout, les auteurs ont besoin que les aides puissent les accompagner au-delà des mois de confinement, car c'est à moyen, voire à long terme, que beaucoup d'auteurs vont encaisser la crise du covid" ajoutent-ils.
"Au-delà d'un soutien aux industries culturelles, il est urgent que l'État prenne en compte qu'à l’origine de ces industries, il y a des créateurs : ceux-là même que le discours d'aujourd'hui a trop oubliés… et qui semblent toujours passer en dernier".

Toujours du côté des auteurs, la Scam jugent elle les annonces d'Emmanuel Macron, "encourageantes".
Elle salue elle aussi "la prolongation des droits des intermittents jusqu’en août 2021 qui répond à notre demande et celle d’une grande partie des acteurs du monde culturel. Les annonces relatives à l’exonération de cotisations sociales pour les créateurs et créatrices qui ne bénéficient pas du régime de l’intermittence, bien que positives, restent beaucoup moins ambitieuses" tempère la Scam.
La Scam se réjouit également que "le Président rappelle l’importance de transposer la directive SMA, c’est-à-dire notamment le financement de la création par les plateformes, dans le contexte d’une crise dont les grands gagnants sont précisément ceux qui ne participent pas à l’écosystème vertueux du financement de la création audiovisuelle et cinématographique. Par ailleurs, la transposition de la directive droit d’auteur est un outil majeur pour un partage équitable de la valeur au profit des auteurs et autrices sur les plateformes et réseaux sociaux dont la puissance phénoménale résiste à la crise actuelle".
"De même, la mise en place d’un fonds d’indemnisation pour les tournages annulés ne sera satisfaisante que si elle concerne équitablement l’ensemble de la création cinématographique et audiovisuelle, fiction et documentaire,. note la Scam Surtout, cette aide doit bénéficier équitablement à toutes les personnes concernées par les annulations qui les privent immédiatement d’une partie de leurs revenus. La mise en chômage partiel pour tous les tournages annulés, mais aussi reportés, point sur lequel la Scam restera vigilante, doit être facilitée et garantie mais aussi étendue à d’autres étapes de production".
Enfin, "si la commande publique devrait permettre de stimuler la reprise d’une création artistique", la Scam rappelle que "diffuser et rediffuser massivement la création contemporaine française dans les médias est le moyen simple et direct d’assurer des revenus aux créateurs et créatrices en générant des droits d’auteur".

"Si toutes les mesures annoncées doivent donc être saluées, les sérieux points d’interrogation qui demeurent doivent trouver rapidement des réponses. Il est dommage que le documentaire et l’audiovisuel en général soit encore trop absents des discours et des préoccupations du gouvernement. Les autrices et les auteurs du réel sont des acteurs à part entière de la culture. Ce n’est qu’en s’adressant à l’ensemble des professionnels de la création qu’un plan de relance digne de ce nom permettra de faire prospérer la diversité de la culture française dans le "monde d’après" conclut la Scam.

Suite aux annonces, la SACD indique pour sa part "s’inquiéter et s’interroger sur les perspectives et les ambitions pour la politique culturelle française en général et pour celle à l’égard des auteurs en particulier. Car comme l’avait dit Churchill, pourquoi nous battons-nous si ce n’est pour notre culture ?".
Elle retient de l’intervention d’Emmanuel Macron, "deux engagements fermes et positifs qui étaient attendus et espérés."

Le premier, la confirmation de la transposition au 1er janvier 2021 de la directive SMA, "à laquelle il faudra ajouter la directive Cab-Sat, permettra de mieux défendre le droit des auteurs à l’ère numérique, de faire contribuer les plateformes à des obligations de financement de la création et de protéger les catalogues et le patrimoine audiovisuel et cinématographique français". Elle ajoute souhaiter "une transposition très rapide, si possible avant la date limite du 30 septembre qui s’impose à la France pour transposer la directive sur les services de médias audiovisuels, pour introduire ces progrès dans notre régulation."

Le deuxième, le prolongement d’une année des droits des intermittents jusqu’au mois d’août 2021, qui "va soulager et sécuriser nombre d’artistes et de techniciens qui pourront ainsi bénéficier d’une prise en charge ces prochains mois." La société d’auteurs ajoute que "l’annonce de la préparation d’un fonds d’indemnisation temporaire pour venir en aide aux tournages annulés ou reportés sera un élément fondamental pour reprendre les tournages de films et de fictions dans notre pays."

La SACD juge toutefois ces décisions "importantes" mais "insuffisantes pour dessiner une vision et fixer un cap pour notre politique culturelle."
"Sans attendre une quelconque injonction, les auteurs ont su depuis des décennies se renouveler, travailler différemment, appréhender les nouvelles technologies, créer de nouvelles formes, construire de nouvelles relations avec les publics et investir les écoles. Dans le contexte actuel, ils attendent de l’État un même esprit de créativité, une réelle ambition et une capacité à sortir des sentiers comptables tracés depuis de longues années, en particulier pour l’audiovisuel public, et qui emmènent l’ensemble de la création dans des ornières embourbées", écrit-elle.
"C’est aux pouvoirs publics aujourd’hui de se réinventer, de remettre en question ces choix souvent budgétaires qui affaiblissent le soutien à la création et de se donner les moyens de répondre à la crise comme de réussir la relance culturelle."

Elle souligne que "répondre à l’urgence de cette situation ne doit se faire ni dans l’impréparation ni dans l’improvisation. Or, les pistes évoquées pour assurer dès à présent la présence d’auteurs dans les établissements scolaires ou cet été dans le cadre de colonies laissent plus que perplexes."
"Intervenir face à des enfants ne s’improvise pas et ne répond pas nécessairement aux motivations, aux compétences ou aux projets professionnels de créateurs dont l’activité principale est bien d’être avant tout des réalisateurs, des scénaristes, des vidéastes, des chorégraphes, des écrivains de théâtre, des metteurs en scène..."
Citant les opérations Un artiste à l’école ou le fonds de dotation Auteurs solidaires dont elle est à l’inititative, la SACD explique savoir "combien la préparation avec les établissements et les enseignants et un haut niveau d’exigence sont nécessaires pour réussir de tels projets."

Elle ajoute regretter "globalement que la volonté souvent rappelée de placer les auteurs au cœur des politiques culturelles n’ait eu aucune traduction ni aucun écho dans le discours présidentiel, sinon celui de préparer les auteurs à une forme d’économie de la débrouille."

"Près de deux mois après la fermeture des théâtres, des cinémas et l’interruption des tournages et sans perspective définitive de reprise ou de réouverture, aucune annonce n’a été faite pour envisager un accompagnement financier sur le long terme alors que beaucoup de ces auteurs, qui ne sont pas intermittents, seront sans ressources et sans revenus pour encore plusieurs mois. Malheureusement, l’exonération de cotisations sociales pendant 4 mois ne saura être d’aucun secours pour des auteurs, notamment de spectacle vivant, dont les œuvres ne seront pas jouées et qui ne percevront aucune rémunération", indique-t-elle.
Pour elle, "les initiatives prises notamment par la SACD, avec les concours financiers du CNC et du ministère de la Culture, pour mettre en place des fonds d’aides aux auteurs devront impérativement se prolonger dans les prochains mois. Mais, la réponse publique devra aussi être plus massive et reposer sur une ambition partagée, souhaitée par le président de la République, autour d’un plan d’ampleur et puissant de relance par la culture, pour la culture et avec les auteurs."

La SACD souligne que "d’autres secteurs particulièrement touchés par la crise, comme la restauration, l’hôtellerie ou l’aéronautique, ont déjà obtenu des engagements fermes en faveur de l’adoption rapide de plans de relance spécifiques. La même urgence dans l’action doit prévaloir pour la culture et l’ensemble de ses professionnels, eux aussi très lourdement impactés par le Covid-19."

Elle estime enfin que la sortie de crise "ne peut s’envisager sans un renforcement de l’Europe de la culture, trop faible aujourd’hui. Au-delà des engagements financiers que l’Europe doit prendre, la France, dont la parole a toujours compté pour porter une ambition culturelle, doit saisir l’opportunité de faire progresser l’Union dans deux directions : faire enfin émerger une plateforme de distribution audiovisuelle numérique européenne, autour notamment des services d’Arte et avec les services publics ; défendre les outils de diversité culturelle menacés face à l’impérialisme commercial américain et aux risques que fait peser le Brexit."



Côté production, le Syndicat des producteurs indépendants, le SPI, s'interroge après l'intervention du Président de la République si en matière de "production audiovisuelle et cinématographique", les conditions de la reprise sont-elles réunies.

Le Spi note des "avancées importantes". Il salue ainsi "les engagements nécessaires et attendus pris par le Président de la République le 6 mai dernier tels la transposition en droit français de la Directive SMA d'ici la fin de l'année ou encore la sanctuarisation de notre catalogue d'œuvres cinématographiques françaises face à des prédateurs internationaux. La prolongation des droits au chômage partiel des intermittents du spectacle jusqu'à août 2021 est également une décision majeure que nous avons sollicitée."
"Ces engagements sont essentiels à la survie de notre souveraineté culturelle, fortement mise à mal depuis le début de cette crise et qui doit désormais composer avec les plateformes mondiales de streaming, grandes bénéficiaires de la situation actuelle."

Mais le syndicat pose ensuite le conditions de la reprise de l'activité. Pour que celle-ci soit effective, il est nécesaire "que le fonds d'indemnisation temporaire pour les futurs tournages, soit mis en œuvre de toute urgence avant le mois de juin 2020 et que les assureurs acceptent de contribuer dans ce cadre à l'effort fait par l'ensemble du secteur. L'engagement du Président de la République a été fort à ce sujet : sa mise en œuvre concrète est donc attendue !"

"Reste à savoir quelle considération sera accordée aux tournages définitivement arrêtés du fait de la crise sanitaire ? s'interroge-t-il aussi. Nous pensons particulièrement aux captations audiovisuelles de spectacles lourdement touchées dès avant le confinement par les annulations qui ne peuvent être reportées, ou encore aux tournages de documentaires en cours à l'étranger qui ne pourront être terminés. Aujourd'hui, aucune solution n'est proposée pour ces productions."

Pour cette reprise "ardemment souhaitée par les producteurs", le Spi travaille "activement à la finalisation du protocole sanitaire de reprise des tournages via les CCHSCT de la production cinématographique et audiovisuelle. Mais jusque dans les prochains mois, la question des conditions sanitaires des comédiens pourrait, dans certains cas empêcher la reprise des tournages, sauf à dénaturer les œuvres concernées. Il y a là un vrai problème dont nous devons avoir conscience" alerte le syndicat alors qu'une réunion du CHSCT se déorulait encore cet après-midi du 11 mai.

C'est pourquoi demande le Spi qu'il reste "indispensable que les entreprises qui demeurent soumises au risque COVID puissent momentanément remettre leurs salariés au chômage partiel dans deux situations :
- après la reprise d'un tournage, en cas d'interruption sanitaire forcée. Cette mesure est la mesure essentielle qui devrait permettre à la filière de faire face à cette crise. Elle demeure cruciale dans les mois qui viennent.
- pour les entreprises qui resteraient dans l'incapacité de reprendre les tournages programmés au cours des prochains mois et qui seraient dans l'incapacité de maintenir l'emploi dans cette attente".

Pour "réinventer l'avenir de notre filière de production indépendante", "'autres questions fondamentales et tout aussi urgentes, touchant à l'économie même des entreprises de production doivent être envisagées, comme les surcoûts et pertes de productivité quotidienne engendrés par les mesures de sécurité sanitaire, l'absence de perspectives de relations d'affaires à moyen terme liée à la suppression des marchés et festivals, la fixation d'un calendrier clair pour la réouverture des salles de cinéma" aloute le Syndicat.

Dans ce contexte, le Spi plaide pour la mise en place d'un fonds de solidarité pour les entreprises de production les plus fragilisées par la crise afin de "préserver leur capacité à prendre des risques et donner ainsi aux créateurs la liberté d'inventer".

"Au-delà de ces mesures propres à faire face aux conséquences d'une situation sanitaire exceptionnelle", le SPI appelle "à la mise en place d'un véritable plan de relance structurant pour soutenir la reprise de tous les acteurs de la diversité et de l'indépendance de la création audiovisuelle et cinématographique française, justement salués par le Président de la République".

Dans une réaction commune, l'Union syndicale de la production audiovisuelle, l'Uspa, et le Syndicat des producteurs français d'animation (SPFA), se félicitent eux aussi "de l’annonce mercredi dernier, par le Président de la République, de la transposition de la directive Services de Médias Audiovisuels d’ici la fin de l’année et de sa mise en oeuvre effective dès le 1er janvier 2021.
"Dans un contexte de forte baisse des recettes publicitaires des chaînes de télévisions privées, il est indispensable en effet que les plateformes américaines investissent dans la création française et européenne et participent ainsi à la relance de l’activité, alors qu’elles enregistrent actuellement des augmentations massives de leurs abonnés. Cette transposition accélérée était une demande forte de la production indépendante, qui veillera maintenant aux conditions de sa mise en oeuvre avec pour objectif la défense des intérêts patrimoniaux de la création française. Il est indispensable que le savoir-faire du tissu productif et créatif français ainsi que les actifs des sociétés françaises ne passent pas aux mains des plateformes américaines, comme c’est le cas dans d’autres pays" rappellent les deux organisations. 

L’USPA a par ailleurs "pris bonne note de la création d’un fonds de garantie pour les tournages de fiction et de cinéma dans le courant du mois de juin et l’appel solennel du Président de la République aux assureurs". "Les tournages ne pourront reprendre dans les prochaines semaines sans la mise en place de ce fonds de garantie, dont les contours et les mécanismes restent encore à définir, rappelle le syndicat. Les producteurs ont pour ambition de redémarrer progressivement les tournages dans le cadre des préconisations établies par les CCHSCT cinéma et audiovisuel en cours de finalisation".
Le SPFA indique aussi que les "studios d’animation vont quant à eux rester massivement en situation de télétravail pendant le mois de mai, avec un redémarrage sur site qui se fera progressivement dans le cadre des mesures définies pour la branche, au travers d’un guide propre à la convention collective de la production de films d’animation".

Les deux syndicats saluent également les mesures annoncées par le Président de la République en faveur des intermittents du spectacle "qui permettront, avec la reprise progressive des tournages, de ne laisser personne au bord de la route. Dans ce cadre, le ministère du Travail devra veiller à traiter la question des reports de franchises qui affectent plus particulièrement les intermittents de la production audiovisuelle et cinématographique".

Mais "au-delà de ces premières annonces attendues", il reste encore pour l'Uspa et le SPFA "à construire un plan de relance spécifique à l’audiovisuel autour de quelques idées fortes pour stimuler l’activité et l’emploi : adaptation du crédit d’impôt cinéma et audiovisuel pour faire face aux surcoûts qu’engendrent la crise actuelle et les mesures sanitaires à mettre en oeuvre, relance du marché publicitaire, révision de la trajectoire financière de France Télévisions avec un investissement renforcé dans la création et le maintien de France 4."

Océane Le Moal et Sarah Drouhaud
© crédit photo : Capture d'écran BFMTV


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