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Annecy 2019 - La réalité virtuelle franchit un nouveau cap

Date de publication : 15/06/2019 - 08:25

Répartie sur deux sites principaux, dont l’un dédié au grand public, et devenue compétitive, la XR a fédéré cette année plus de 5700 visiteurs, selon des chiffres encore provisoires.

L’an passé le festival avait opéré des choix draconiens. La capacité d’accueil de la salle création de Bonlieu étant limitée à une dizaine d’installations, des projets de qualité avaient dû être écartés. Décision a donc été prise cette année de créer une compétition regroupant les œuvres ayant des ambitions artistiques clairement affirmées, tout en créant un nouvel espace, ouvert au grand public, pour les expériences plus ludiques et familiales, tournant pour certaines autour de l’univers du jeu. Installé sous un dôme, monté pour l’occasion dans la cour des haras, le lieu a accueilli près de 4 000 visiteurs, selon des chiffres recueillis vendredi soir, soit une journée avant sa fermeture.

Une vingtaine d’expériences y ont été proposées, réparties sur quatre espaces distincts. Celui d’Arte, le plus artistique, proposait huit œuvres, dont les séries sur la peinture telles que Les Rêves du Douanier Rousseau de Nicolas Autheman, Claude Monet, l’obsession des Nymphéas de Nicolas Thépot ou encore Caravaggio – In tenebris de Matthieu Van Eeckhout. Orange offrait neuf contenus plus "entertainment" en live action mais aussi en animation, dont l’ensemble des réalisations d’Eric Darnell produites par Baobab Studios, la dernière en date étant Bonfire, présenté pour la première fois fin avril, au festival de Tribeca.

Une place était réservée au documentaire, l’espace Made in Annecy permettant de s’immerger dans les premières cités lacustres via Le Roselet de Florian Desaunay. Enfin le plus vaste des espaces, dédié à l’univers Playmobil, présentait Ready Player Dance, a Playmobil: The Movie VR Adventure, pensé comme un "VR companion", plaçant le spectateur à l’intérieur d’une séquence du film, en compagnie de ses personnages.

De son côté la salle, de création Bonlieu a accueilli neuf projets, quatre étant en accès direct (photo), les cinq autres nécessitant un système de réservation préalable, en raison notamment de leur durée et de certaines contraintes en termes d’installation. Ayahuasca - KosmiK Journey de Jan Kounen, qui propose une expérience interactive au travers des rituels chamaniques de la forêt amazonienne, se déroulait ainsi dans une sorte d’abri de feuillage, baigné de couleurs vertes. Une autre comme Le Cri de Sandra Paugam et Charles Ayats, se présentait sous la forme d'une expérience documentaire quasi sensorielle "donnant vie et pensées aux démons du peintre Edvard Munch".

D’autres offraient un travail d’immersion à 360°. Gymnasia, des canadiens Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, a ainsi emmené le spectateur dans un gymnase abandonné où apparaissaient peu à peu des présences fantomatiques, qui prenaient notamment corps grâce à une bande sonore extrêmement travaillée. Et les Autrichiens Virgil Widrichet Martin Reinhart, plaçaient dans tx-reverse 360° l’utilisateur dans une salle de théâtre. Celui-ci devenait soudain le centre de l’attention du public en raison de l’apparition juste au-dessus de lui d’un vortex, finissant par aspirer peu à peu tous les spectateurs. 1 700 personnes se sont succédées au cours de la semaine pour voir ces œuvres, la capacité limitée de Bonlieu ne permettant pas d’aller au-delà de 350 par jour. Des chiffres plus fins, disponibles ultérieurement, permettront de déterminer par la suite le nombre réel de visionnements.

Enfin, le Mifa avait multiplié par deux l’espace réservé aux stands des studios présentant leurs dernières inventions technologiques, de même que celui consacré aux espaces de visionnage et d’expériences XR, tandis qu’étaient mises en place des Demo Sessions dédiées à l’immersif.

Patrice Carré
© crédit photo : Patrice Carré


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