Cinéma

C2I : De nombreux dirigeants de l'animation et des studios de tournage interpellent le Président de la République

Date de publication : 19/01/2026 - 17:45

[Exclusif] Alors que le gouvernement a déposé et fait adopter un amendement supprimant la prorogation du crédit d'impôt international, de nombreuses personnalités prennent la parole pour défendre un dispositif essentiel à l'attractivité de la France en matière de tournages. "Il en va de la survie de notre filière et de nos entreprises", déclarent les dirigeants.

Lors de l'examen du budget 2026, tout semblait bien se profiler pour le crédit d'impôt international. Censé prendre fin au 31 décembre 2026, les parlementaires avaient porté la date d’extinction du dispositif à fin 2031 (en 1ère lecture à l’Assemblée nationale) ou fin 2028 (en 1ère lecture au Sénat). Une visibilité salutaire et nécessaire pour l'ensemble de la profession. Or, contre toute attente, en nouvelle lecture à l'Assemblée nationale, le Gouvernement a fait adopter un amendement supprimant la prorogation et suscitant la stupeur et l'incompréhension au sein de la progression.

C'est dans ce cadre qu'une dizaine de dirigeants de studios d'animation et des industries techniques ont décidé de s'adresser à Emmanuel Macron. "En l’absence de visibilité dès à présent sur la pérennité du dispositif au-delà de la fin de cette année et face à la difficulté désormais avérée d’adopter un projet de loi de finances dans les délais habituels, les grands donneurs d’ordre internationaux ont déjà commencé à écarter la France au profit d’autres territoires comme l’Italie, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Allemagne,  l’Irlande, la Belgique, le Canada … qui ne cessent par ailleurs d’améliorer leurs dispositifs pour renforcer leur compétitivité, préviennent les dirigeants. Ces derniers gagnent désormais presque systématiquement à notre détriment les projets en compétition, cassant la dynamique engagée."

Pour les dirigeants, ce manque de visibilité va à l'encontre des ambitions de France 2030, qui faisait des studios un véritable pôle d'attractivité auprès de l'international. "Vous avez fait le choix de développer les capacités de la France en matière de production audiovisuelle et cinématographique afin de faire du territoire national un lieu incontournable pour le tournage de films et séries live ainsi que pour la fabrication de longs métrages et séries d’animation, avec à la clé près de 900 M€ d’investissements des entreprises de studios de tournage et d’animation concernées, ainsi que dans la formation. Ces nouvelles capacités entrent en bonne partie en service cette année et leur amortissement ne peut reposer sur les seules productions nationales."

Emmanuel Macron avait lui-même fait la promotion de ces structures répondant aux standards internationaux lors de l'événement Choose Film France au printemps dernier. "Nous vous en remercions car l’accès aux grands donneurs d’ordre a été renforcé. Cependant, l’extinction du crédit d’impôt pour les productions internationales est actuellement programmée, d’un point de vue législatif, à fin 2026. Les décisions de localisation pour les tournages 2027/2028 et le démarrage des films et séries d’animation se prennent dès cette année."

La position du gouvernement étonne donc. "Outre la fragilisation de toute la politique économique développée ces dernières années en faveur des industries audiovisuelles et cinématographiques déclinée au travers France 2030 et de nos entreprises, cette prise de position est d’autant plus surprenante que cette prorogation ne comporte aucun coût supplémentaire pour les finances publiques en 2026."

Les dirigeants comptent sur le soutien du Président de la République pour obtenir dans le cadre du recours au 49.3 ou aux ordonnances une prorogation a minima du dispositif jusqu’au 31 décembre 2028. "Il en va de la survie de notre filière et de nos entreprises."

Les signataires : Guillaume de Menthon (Studios de Bry), Thierry de Ségonzac (TSF, Studios d'Epinay, Studios et Backlot 77 de Coulommiers), Jacques Bled (Illumination Studios Paris), Rémi Préchac (Studios de la Montjoie), Brigitte Ségal (Studios de Paris), Olivier Marchetti (Provence Studios Martigues et Marseille), David Danesi (Studios de la Victorine, Nice), Sébastien Giraud (PICS Studio Montpellier), Béatrice Bauwens (MPC), Julien Meesters (Mikros Animation), Franck Lamberts (RodeoFX), Marc du Pontavice (Xilam), Hervé Dupont (Fortiche), Clément Calvet (SuperProd).

Florian Krieg
© crédit photo : Assemblée Nationale


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