Cinéma
Medea Session, faire circuler les films hors cadre
Date de publication : 22/05/2026 - 14:38
Partenaire de cette première édition, Le Film Français s’associe à Medea Session, une projection professionnelle organisée le 11 juin à La Fémis en présence de Rosalie Varda, dédiée à une nouvelle génération de réalisatrices documentaires autoproduites et pensée pour favoriser la circulation de leurs films au sein de l’industrie.
Medea Session entend réunir productrices, producteurs, programmateurs, programmatrices, diffuseurs, journalistes et cinéastes autour d'une sélection de films encore peu identifiés par les réseaux traditionnels.
Comme la figure mythologique dont elle emprunte le nom, Medea Session invite à regarder autrement ce qui demeure à la marge. Dans le secteur, l'autoproduction peut pâtir encore d'une réputation ambivalente, parfois réduite à un manque de moyens ou d'accompagnement. Pourtant, elle constitue aussi un espace de liberté et d'expérimentation, où émergent des écritures documentaires singulières.
Avec MEDEA, le programme revendique l'émergence d'un nouveau courant documentaire international : une scène de réalisatrices qui produisent, écrivent, tournent et montent leurs films de manière indépendante, en dehors des modèles habituels de fabrication. Des films développés pendant des années, portés sans structure, sans relais, mais traversés par une même nécessité de cinéma. Pour cette première édition, Medea Session présentera les films de Vanessa Gunesch, Elfie Mahé, Lama Jamjoom, Éléonore Michelot-Brun et Anita Volker, sélectionnés parmi près d'une centaine de candidatures venues du monde entier.
À l'origine du projet, l'expérience de sa fondatrice, Hannah Rosselin, passée par l'autoproduction avant d'intégrer l'atelier scénario de La Fémis en 2023. Des documentaires fabriqués seule pendant plusieurs années, parfois sans production au départ, mais qui ont pourtant rendu possibles ses premières collaborations et finalement, son entrée dans le cinéma. Autour d'elle, Lola Degasne, Jessica Melcher, Anhly Colin et Camille Spiller, aux parcours entrepreneuriaux et complémentaires, participent à faire émerger Medea. Dans cette dynamique collective, Julie Allione, Rahmatou Keïta, Sarah Marx, Claire Leproust et Nozhat Badi accompagneront également les réalisatrices sélectionnées dans le développement de leurs projets, aux côtés de la marraine de cette première édition, Rosalie Varda.
À travers les échanges menés avec les professionnelles réunies autour du programme, MEDEA défend l'émergence d'une nouvelle scène de réalisatrices internationales qui, faute d'accéder aux circuits classiques de production, fabriquent déjà leurs films de manière autonome ; des formes contemporaines, libres et radicales que le programme entend désormais rendre visibles et faire circuler.
Dans cette logique de transmission, Rosalie Varda inscrit d'ailleurs l'initiative dans une continuité plus large. "Grandir auprès d'Agnès Varda, c'est comprendre très tôt que faire des films, c'est aussi inventer les conditions de leur existence. Avec son premier film, La Pointe Courte, qu'elle produit elle-même au sein d'une coopérative où acteurs, actrices et technicien·ne·s détiennent des parts sans être rémunéré·e·s, elle pose un geste fondateur : celui d'un cinéma libre, né en dehors des circuits, porté par l'urgence de créer. »
Elle ajoute : « Medea s'inscrit dans cette filiation directe. Le programme identifie des courts métrages documentaires autoproduits par des réalisatrices internationales, développés en marge des cadres traditionnels et encore peu visibles. Des films qui existent d'abord par la détermination de celles qui les portent, et par leur désir de partager des idées et des images ».
Le 11 juin, Medea Session réunira ainsi à La Fémis une nouvelle génération de réalisatrices documentaires et les professionnels appelés à accompagner leurs films.
La projection, organisée sur invitation, a déjà enregistré un important nombre de réservations dès ses premières annonces. Les professionnels souhaitant y assister peuvent adresser leur demande d'accès à [email protected]
Florian Krieg
© crédit photo : Bettina Pittaluga
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