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ÉVENEMENT

Rodolphe Belmer, nouvel homme fort de Canal+

Le retrait de Guillaume de Vergès de la direction générale du groupe Canal+ pousse deux hommes sur le devant de la scène : Rodolphe Belmer et Michel Denisot.

 
 
Rodolphe Belmer passe de la direction du marketing et de la stratégie à la direction générale déléguée de la chaîne cryptée.

Info ou intox ? Depuis vendredi dernier, date de l’annonce officielle du retrait de Guillaume de Vergès de la direction générale du groupe Canal+ “pour des raisons de santé”, les questions et les rumeurs fusent. Il est vrai que la nouvelle valse des dirigeants de Canal+, neuf mois à peine après l’arrivée des actuels numéros 1 et 2 du groupe, n’incitent ni à tranquilliser les esprits, ni à rassurer sur l’avenir du groupe. Pour autant, il est un fait : souhaitant “réduire sensiblement ses activités à compter du 1er décembre 2003”, le numéro 2, Guillaume de Vergès cède une partie de ses responsabilités au sein du groupe Canal+. Il devient conseiller du président et supervisera à ce titre l’ensemble des activités cinéma du groupe, StudioCanal compris. À sa place, pour diriger “l’ensemble des activités de la chaîne Canal+”, un jeune homme de 35 ans, Rodolphe Belmer, est nommé directeur général délégué. Précédemment directeur marketing et stratégie du groupe Canal+, il se positionne a priori davantage comme stratège que comme homme de programmes, même si la direction de la chaîne insiste sur sa participation active à la mise en place de la grille de rentrée 2004. Pour autant, le nouvel homme fort du groupe Canal+ ne récupère pas toutes les responsabilités de Guillaume de Vergès. Lui échappent le cinéma, mais aussi la direction des chaînes thématiques du groupe (Sport+, i>télé, CinéCinéma, CanalJimmy, Planète,etc.), qui revient, elle, à Michel Denisot. Ce dernier, déjà directeur général adjoint et conseiller du président pour le sport, récupère ainsi Multithématiques.

Dans cet organigramme remanié pour cause de force majeure, deux autres nominations interviennent. Alexandre Bompard, jusqu’ici conseiller du ministre des Affaires sociales, François Fillon, devient directeur du cabinet de Bertrand Méheut à compter du 1er décembre. C’est aussi à cette date que Sophie Guelot, actuellement directrice juridique de Thomson, prendra en charge la direction juridique corporate du groupe, rapportant au secrétaire général de Canal+, Olivier Courson. Deux profils politiquement marqués à droite, pour rassurer le gouvernement, entend-on de part et d’autre…

Ceci dit, et quelles qu’en soient les raisons, le groupe Canal+ doit faire face à un nouveau tremblement de terre qui ne favorise pas, c’est le moins que l’on puisse dire, sa stabilisation, voire son développement ou son redéploiement. Depuis le départ précipité de Pierre Lescure en avril 2002, la valse des dirigeants ne s’est pas interrompue. En février 2003, quand sont nommés, après l’éviction de Xavier Couture, Bertrand Méheut et Guillaume de Vergès, on se dit que le groupe Canal tient peut-être là un couple qui va durer : le gestionnaire d’un côté, l’homme des programmes de l’autre. Les résultats financiers de la chaîne ou sa grille de rentrée 2004, la plus attendue du PAF, peuvent-ils aujourd’hui pousser un manager à mettre un terme prématurément aux responsabilités de son second, au risque de déstabiliser à nouveau un groupe qui n’en a pas besoin ? Difficile de le penser, même si Bertrand Méheut reste toujours très discret sur la remontée des abonnements de la chaîne premium. Rien dans les chiffres connus, qu’ils soient financiers, d’audience ou de satisfaction des abonnés, ne permet d’imaginer une telle solution d’urgence. Car c’est bien d’urgence dont on parle ici, la nouvelle grille de Canal+ construite par Guillaume de Vergès, ayant à peine deux mois d’existence. En télévision, la vie court vite, mais quand même…

Carole Villevet

Vendredi 14 novembre 2003

 

   Bertrand Meheut

 

 

 

 

 

 

 



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