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Alors
que débute le 16e Festival européen du film court
de Brest, Le film français a réuni au Cap Seguin
cinq jeunes talents en compétition officielle. Deux auteurs
de premiers films : Hiam Abbas pour Le pain et Gérald Hustache
Mathieu pour Peau de vache. Trois autres plus confirmés
: Valérie Gaudissart, réalisatrice de Mes insomnies,
Régis Roinsard pour Simon et Patrick Pleutin pour Pavane
de lange.
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De
gauche à droite et de haut en bas : Régis
Roinsard, Gérald Hustache Mathieu, Hiam Abbas et
Valérie Gaudissart.
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Vous êtes
un cinéaste narratif ou expérimental ?
Jai plutôt lambition dêtre un
cinéaste plasticien. Jai commencé par des
vidéos expérimentales pures, en travaillant sur
une palette graphique ou du multicouche, sans aucun récit.
Mon premier film Lhôtel du vent a été
réalisé en cartons animés mais comportait
une narration daprès une nouvelle littéraire.
Pour Pavane de lange, jai voulu pousser la scénarisation.
Je me suis rattaché à des dialogues et jai
fait le choix de travailler avec des comédiens. Maintenant
je sais quil faut une vraie structure narrative pour arriver
à faire passer les plus fortes plasticités, sinon
on reste cantonné dans la catégorie expérimentale.
Quel est le sujet du film ?
Cest une enquête autour des camps gitans près
de Narbonne. Je traite de la relation entre un enfant qui habite
un pavillon neuf et ceux qui vivent en face dans leurs caravanes.
Le petit garçon de la ville va jouer dans une zone interdite
près de chez lui, dans de vieilles usines et des maisons
délabrées. Il va au contact des Gitans et ils vont
se battre pour des lieux imaginaires. Mais un accident fera basculer
le récit.
Et vous avez utilisé une pellicule particulière
?
Une pellicule infrarouge. En la manipulant depuis plusieurs
années avec mon chef opérateur Gérard Sergent,
je me suis rendu compte quelle sapprochait dun
outil plastique et pouvait servir une dramatisation. Tous les
végétaux sont en rouge, ce qui donne un côté
automnal. Cest une pellicule qui lit derrière les
choses, qui marque où est la vie. On peut penser que cest
lunivers dans lequel vit lenfant et ça renforce
le côté conte narratif.
Le résultat nest pas trop déconcertant ?
Le changement de gamme de couleur se fait vite oublier quand
on rentre dans lhistoire, qui est une matière réelle.
Dailleurs quand jai fait la première projection
à Narbonne, les enfants se sont tout de suite identifiés
à ce quils voyaient à lécran.
Propos recueillis par Patrice Carré

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