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Pour son rendez-vous mensuel, Le film français
a invité Anne Parillaud et Richard Anconina, interprètes
de Gangsters, Pierre Jolivet, réalisateur du Frère
du guerrier, Khaled Ghorbal pour son film Fatma.
Quest-ce
qui vous a séduit dans Gangsters dOlivier Marchal
?
Le scénario, un polar, très personnel. À
partir dun genre surconsommé, Olivier Marchal a traité
le sujet de manière très intensive, avec âpreté.
Gangsters est une fiction mais avec un aspect très documenté,
réel car Olivier Marchal a longtemps été
lui-même flic.
Vous vous êtes beaucoup investi pour que le film voit
le jour...
Quand jai rencontré Olivier, le scénario
était trop long, trop riche, mais déjà il
y avait le cur du film, lhistoire autour de linfiltration
de la police judiciaire
Jai donné mon accord
pour jouer dans son film, mais Olivier navait pas de producteur.
Je lai aidé à en trouver. Entre la découverte
du scénario et le premier jour de tournage, il sest
écoulé deux ans.
Avez-vous participé au travail de réécriture
?
Olivier Marchal, les deux producteurs (Cyril Colbeau-Justin
et Ariel Zeitoun) et moi nous sommes enfermés pendant quatre
jours pour étudier et déceler les failles du scénario.
Ensuite, Olivier la retravaillé. Cest une fois
finalisé quil est allé chercher Anne.
Cétaient des retrouvailles avec Anne Parillaud
?
Non, car même si nous étions effectivement tous
deux à laffiche du Battant, nous navions aucune
scène ensemble. Ce nest que sur Gangsters que la
rencontre sest produite.
Le fait que Gangsters soit un premier film, tourné
par un réalisateur qui est également comédien,
a-t-il influencé votre travail ?
Comme cest un comédien, il a le sens du jeu,
de la caméra. Il aime les acteurs et cest très
agréable. Pour le reste, je lui ai fait confiance depuis
le début. En tant quex flic, il connaissait tellement
bien son sujet quil ne pouvait pas se tromper.
Comment définiriez-vous le rôle du flic que vous
incarnez ?
Le personnage a deux facettes. Ce double jeu est un rôle
jubilatoire. Il y a la lecture du flic et celle du spectateur,
qui en sait toujours un peu plus que les flics. En même
temps, cest un personnage qui est dans une impasse, qui
est prêt à aller jusquau bout, il nen
à plus rien à faire
Vous dites quAnne Parillaud et vous-même navez
pas la même manière daborder votre travail.
En quoi vos approches divergent-elles ?
Anne devient le personnage, elle simmerge totalement
pendant toute la durée du tournage. Elle a besoin dêtre
pour jouer. Moi, en revanche, jai juste besoin de jouer
le personnage et non dêtre. Je prends plus de distance.
Vous avez souvent interprété des rôles
de gentils
Vous nêtes pas tenté de jouer
un vrai personnage de méchant ?
Cest comme être avocat, jai envie de défendre
des gens qui me touchent. Peu importe le personnage, sil
a une fêlure, une faille que je peux comprendre
Propos recueillis par Sarah Drouhaud

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