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Sophie Dacbert

 

 

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Il y a une semaine, Jean-René Fourtou était applaudi par les 2 000 actionnaires de Vivendi Universal présents au Palais de Congrès, ceux-là mêmes qui avaient, à la même heure un an plus tôt, chahuté son prédécesseur Jean-Marie Messier, peu avant son limogeage. Cette semaine, c’est au tour du nouveau patron de Canal +, Bertrand Méheut, d’affirmer dans nos colonnes son optimisme pour le groupe, avec comme message à ses partenaires historiques, un nouveau gage de fidélité. Non seulement Canal + n’est donc pas à vendre, mais elle compte revenir à l’essence même de son concept : la télévision à péage et l’un de ses deux programmes moteurs, le cinéma pour lequel il n’est pas question de revoir les investissements à la baisse, ni par une réduction de l’enveloppe, ni par le niveau des curseurs d’interventions.

Bertrand Méheut va même plus loin en adressant ce message aussi clair que pragmatique : mieux Canal + se portera, plus elle contribuera à la production cinématographique française. Et au passage, de souligner qu’il n’est pas forcément malin de lui renvoyer le ballon rond comme responsable d’un soi-disant désinvestissement vis-à-vis du cinéma. Sans les accords signés avec la ligue de foot, Canal + perdait d’un coup d’un seul 25% de ses abonnés. Le calcul qui s’en suit est simple, net et précis : pas de foot, pas d’abonnés ; pas d’abonnés, pas de chiffre d’affaires ; pas de chiffre d’affaires, pas de soutien au cinéma… Si l’avenir de StudioCanal semble moins évident, s’inscrivant franchement dans un contexte d’économies drastiques, le spectre d’une vente immédiate, dans la lignée de la cession imminente de toute la branche Vivendi Universal, s’éloigne aussi. Peut-on espérer un retour, sinon à l’aisance, du moins à une certaine sérénité ? Il faut l’espérer. Mais si un vent rassurant souffle sur le cinéma français, il n’emportera pas pour autant la leçon de ces derniers mois : la trop forte dépendance du secteur au financement d’un seul partenaire fragilise, à terme, tout le monde. Le financeur comme les financés.

Vendredi 16 mai 2003



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