Cinéma

Congrès FNCF 2015 - La Cinémathèque française lance un appel aux exploitants

Date de publication : 30/09/2015 - 08:43

Cet après-midi, Richard Patry, président de la FNCF, va faire le don officiel à Costa-Gavras, président de la Cinémathèque française, des Archives de la Fédération. La Cinémathèque va aussi lancer un appel solennel aux exploitants aux dons de leurs archives. Explications des enjeux avec Joël Daire, directeur du patrimoine de la Cinémathèque française.

Pourquoi cet appel, la Cinémathèque française ne possède-t-elle pas déjà des salles de cinéma dans ses Archives ?
Aujourd’hui, nous n’avons quasiment pas d’archives sur l’exploitation. Nous avons seulement deux fonds sur des cinémas. L’un sur une salle des années 1920, et l’autre sur une salle des années 1950/60. Nous possédons également quelques ouvrages pointus sur l’architecture des cinémas des années 1930/40 ainsi qu’un reportage photo qu’Henri Langlois avait commandité au début des années 1950. Il pressentait alors que ce type de cinémas allait disparaître. De fait, la plupart des salles en question ont disparu. Donc nous ne possédons que ces éléments, or l’histoire de l’exploitation fait partie intégrante de l’histoire du cinéma, de plus en plus de chercheurs s’y intéressent.

Comment est né cet appel aux exploitants ?
La FNCF a proposé, il y a environ un an, de nous confier ses archives. Nous avons accueilli cette proposition avec beaucoup d’enthousiasme. Du coup, cette démarche a noué un dialogue entre nous, et elle nous a proposé d’être présents ici pour nous adresser directement aux exploitants.

Et de quoi est constitué le fonds d’archives que vous donne la FNCF ?
Si nous n’avons bien sûr pas encore procédé à un inventaire détaillé, que nous allons le lancer en octobre, nous pouvons déjà dénombrer trois grands ensembles.
Le premier contient les archives administratives de la Fédération depuis sa création, en 1945. À travers des documents administratifs, juridiques, économiques, toute la vie de la profession est retracée. Le deuxième est constitué des archives des congrès successifs, avec les différents sujets abordés, les personnalités invitées… Il retrace en quelque sorte la vie publique de la Fédération, les rapports avec ses membres et avec les autres acteurs du secteur ainsi que ses rapports avec les pouvoirs publics. Enfin, le troisième rassemble toute la documentation amassée par les équipes de la Fédération pour travailler. La presse, même si nous avons déjà beaucoup d‘éléments, mais aussi ce qu’on appelle la littérature grise, comme les rapports, ce qui est beaucoup plus rare.
Avec ces trois ensembles, nous avons donc une base de travail pour les chercheurs au moins depuis 1945, précieuse, riche et inédite.

Que ressort-il des archives que vous possédez déjà ?
Dans les archives que nous avions déjà, une première analyse des comptes de ces salles donnent à penser que l’économie des cinémas semble plus compliquée que ce qu’on peut imaginer. Ainsi que le statut du film. On a tellement fétichisé le film, qu’on a réduit l’histoire du cinéma à l’histoire des films. Or l’histoire du cinéma est peut-être plus complexe et variée. On peut par exemple se demander à partir de ces documents si, dès les années 1950, le "film" n’est pas un produit d’appel pour vendre tout autre chose, si les exploitants ne faisaient pas plutôt leur marge avec les bonbons et les esquimaux, la confiserie donc, qu’avec les recettes de billetterie. C’est déjà ce qui s’est passé à cette époque aux États-Unis. Je ne l’affirme pas de manière solennelle mais j’en fais l’hypothèse… En tout cas, nous n’avons peut-être pas encore tous les éléments de l’histoire du cinéma. Et à travers l’histoire de l’exploitation, on pourrait arriver à une autre lecture.

Que recherchez-vous comme documents ?
Nous cherchons à avoir un panel plus large de documents liés aux salles, administratifs mais aussi des dossiers sur les constructions, l’architecture. Cette documentation n’a pas encore donné lieu à des études approfondies, hormis les travaux de Claude Forest (qui publie "Figures de salles" à l’occasion du Congrès, Ndlr). Beaucoup d’exploitants entassent des dossiers dans leur cave ou ailleurs. Nous leur disons "ne les jetez pas, ce n’est peut-être pas seulement de la paperasse, ça nous intéresse et ça peut participer à l’écriture de l’histoire du cinéma".

Propos recueillis par Sarah Drouhaud
© crédit photo : Cinémathèque française


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