Cinéma

Annecy 2017 - Avec "Petit vampire", Joann Sfar plonge pleinement dans l’animation

Date de publication : 15/06/2017 - 08:35

Présentée en Work in Progress, l’adaptation de la BD par Joann Sfar, produite par lui-même et Antoine Delesvaux, au sein d’Autochenille Productions, sortira fin 2018.

Après avoir porté Le chat du rabbin sur grand écran (sortie en 2011), l’auteur et réalisateur adapte une autre de ses BD, Petit vampire, une histoire originale basé en partie sur le premier tome. Également producteur avec Antoine Delesvaux au sein de leur société et studio Autochenille Productions, Joann Sfar a choisi à nouveau une adaptation en 2D, mais selon une approche distincte.

Au gré de cet exercice du Work in Progress qui ressemblait plus à une masterclass, du souhait de l’auteur, qui a évoqué avec l’enthousiasme et le foisonnement qui le caractérise de nombreux sujets autour de l’animation, lui, Antoine Delesvaux et Adrien Gromelle, superviseur de l’animation formé dans "la meilleure école du monde", Les Gobelins, ont livré un certain nombre d’éléments sur la méthode de travail adopté.

Joann Sfar a insisté sur le caractère collectif sur ce film en particulier. "Avec le long du Chat du rabbin, j’ai voulu mettre mes dessins sur un écran. Ici, la démarche est différente, nous allons vraiment dans l’animation", a-t-il démarré. A d’abord été fait le choix très structurant de travailler avec une équipe réduite – 80 personnes contre 180 pour Le chat du rabbin nous a indiqué Antoine Delesvaux en marge de l'événement – mais sur une durée plus longue, quatreans au total.

Et cela avec le souhait de mettre en place une fabrication organique, "avec un échange entre le dessin de Joann et l’équipe pour travailler sur la répartition des tâches", a indiqué Antoine Delesvaux. "Nous avons storyboardé et réalisé l’animatic mais pas selon la méthode habituelle, qui consiste à partir des dessins existants." Avant de construire le storyboard, l’histoire a été filmée avec des vrais comédiens, afin que la supervision de l’animation s'appuie sur le travail avec les acteurs. Toute l’équipe du film était d’ailleurs sur le plateau lors du tournage pour créer "une homogénéité" ensuite dans l’animation. "À partir de l’animatic, on a confié intégralement les séquences ou les plans à des animateurs. On essaie d’éviter au maximum les frustrations des animateurs. Si quelqu’un le souhaite, il va jusqu’au bout, la personne est ainsi plus efficace", a expliqué Adrien Gromelle.

Le film est fabriqué entre Paris et la Belgique avec le studio L’enclume, amené via le coproducteur belge du film, Panache Productions. "Nous avons cherché à travailler en intelligence et non en sous-traitance avec eux. Nous essayons de faire de cette contrainte (une partie de la fabrication disséminé) d’en faire quelque chose de positif", a expliqué Antoine Deslevaux. Avec des échanges constants entre les équipes, via internet, "la distance n’a que peu d’importance", a estimé Adrien Gromelle.

Pour suivre le souhait de Joan Sfar d’aller vraiment vers un rendu plus cinématographique, comparé à la BD, les images qui ont été projetées montrent que le trait des dessins de l'œuvre originelle n’a pas totalement disparu mais est bien moins présent. L’animation prend également des libertés par rapport au dessin de Petit vampire, "dans les décors notamment". À noter que le montage est effectué par des techniciens venus de la prise de vues réelles. Quant au son, la musique – par Olivier Daviaux, compositeur de tous les films de Sfar – et la voix, rien n’est plus important que cela pour Joann Sfar, assumant sa mégalomanie d’utiliser sa propre voix pour celle du conteur.

Pour l'auteur, avec cette expérience, "l’animation sert à vraiment montrer ce qu’évoque la BD". Dix ans après le dernier album de Petit vampire, ce personnage est revenu lui parler et il travaille sur trois nouveaux albums. Mais avec ce travail sur le film en parallèle, il est "en train d’apprendre que l’animation et la BD n’ont rien à voir".

Petit vampire devrait être finalisé fin 2018. Pour un budget de 7,97 M€ à l’agrément, il est produit par Autochenille Production, avec Panache Productions en Belgique, coproduit par Studiocanal, avec la participation de France 3 Cinéma, Canal+ et Ciné. Studiocanal gère tous les mandats ainsi que les ventes internationales.

Sarah Drouhaud
© crédit photo :


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