Cinéma

Annecy 2018 - Lancement d’un groupe de travail autour de l’animation adulte

Date de publication : 12/06/2018 - 08:30

La société de production Autour de Minuit a initié ces derniers mois un groupe de travail dédié à la question des films d’animation adulte, dont l’Afca assure la coordination. Plusieurs projets concrets en ont déjà émergé.

Le segment spécifique de l'animation adulte s'est imposé, ces dernières années, comme un sujet central pour le secteur, avec une situation paradoxale à la clé. D’un côté, celui-ci peine de plus en plus régulièrement à trouver des financements puis à exister en salle. De l’autre, le nombre de films en développement est en plein boom avec, selon les relevés de l’Association française du cinéma d’animation (Afca), une trentaine de projets d’animation pour adultes – dont certains ado-adultes – dans les tuyaux d’une vingtaine de sociétés de production.

"Lorsqu’on essaie de monter ce type de projet, on se prend de plein fouet la réalité du marché. Et c’est à nouveau le cas lorsque le film sort en salle", résume Nicolas Schmerkin, dirigeant de la société de production Autour de Minuit, qui déplore que l’argument selon lequel "l’animation, c’est pour les enfants" lui soit encore régulièrement renvoyé. Et le producteur de s’interroger sur les raisons pour lesquelles les films d’animation adultes peinent à s’imposer en salle. "Est-ce une problématique liée à la salle elle-même ? Une difficulté à rencontrer le public ? Ce type d’œuvres est-il plus adapté aux plateformes de SVàD ?..."

C’est en partant de ces réflexions, et en s’appuyant sur le mémoire d’Isabelle Vanini consacré à La diffusion du long métrage d’animation en salles pour La fémis qui cristallisait cette problématique, que Nicolas Schmerkin a initié un groupe de travail autour de cette question. Une première réunion informelle s'est tenue en février, avec Isabelle Vanini (par ailleurs programmatrice au Forum des Images), Vanessa Ode (programmatrice art et essai de CGR) et Sabine Zipci, déléguée générale de l’Afca, qui coordonne ce groupe. La première "réunion officielle" s’est, elle, déroulée fin mai. Outre Autour de Minuit (Unicorn Wars d’Alberto Vazquez en développement), sont désormais associés à ce groupe les sociétés de production Les Films d’Ici (Funan de Denis Do, photo), Folivari (Le sommet des dieux de Patrick Imbert), Everybody on Deck (Mars express de Jérémie Périn), Je Suis Bien Content (Super Vinamotor de Stéphanie Lansaque et François Leroy), Les Armateurs* (Les hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mevellec), Naïa Productions, Vivement lundi ! (Flee de Johan Poher Rasmussen), Ikki Films (Virus tropical de Santiago Caicedo de Roux) et Miyu Productions (Domenica d'Ugo Bienvenu et Kevin Manach).

"L’idée est de se rassembler et de réfléchir ensemble", résume simplement Nicolas Schmerkin, qui formule déjà un premier constat. "Il faudrait, dès le départ, sensibiliser l’aval de la chaîne, en mettant les exploitants dans la boucle". D’où, parmi les premières pistes abordées, la nécessité de "fédérer un réseau de salles" partenaires sensibles à l’animation (ado)adulte, avec l’idée d’aboutir à un réseau de 100 à 150 cinémas. Des salles qui "s’engageraient au moins à voir ce que l’on fait", et idéalement à mettre en valeur les productions concernées. Celles-ci seront notamment invitées, début 2019, à une "journée professionnelle qui serait un mix entre le Cartoon Movie et le Congrès des exploitants (la journée des distributeurs, Ndlr)". Cet événement, ouvert aux exploitants partenaires comme aux autres, serait l’occasion pour producteurs et distributeurs de montrer des images de films en cours de développement ou prochainement attendus en salles.

Car si ce groupe de travail est à ce jour essentiellement constitué de producteurs, l’idée est évidemment d’enclencher une deuxième phase d’échanges, aux alentours d’Annecy, afin d’inviter distributeurs, exploitants et organisations professionnelles – telles l’Acid ou l’Afcae – à prendre part aux discussions. "La problématique de départ concernait la fabrication des films. La prochaine étape consistera à inviter les distributeurs et les exploitants pour constituer ce réseau de salles", explique Nicolas Schmerkin, qui insiste sur le caractère "interprofessionnel et, a priori, intersyndical" de ces réflexions. Avec l’objectif global de mettre en route une "dynamique vertueuse pour créer des cases et un marché".

*Participation majoritaire d'Hildegarde, propriétaire du Film français

Kevin Bertrand
© crédit photo : Bac Films


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