Cinéma

Une collecte de fonds pour "sauver le cinéma de Privas de la faillite programmée"

Date de publication : 09/04/2020 - 10:55

En proie à des difficultés financières depuis qu'il a été contraint - comme toutes les salles françaises - de fermer ses portes à la mi-mars en raison de la propagation du Covid-19, Le Vivarais de Privas a initié une collecte de fonds sur Facebook en début de semaine.

"Sauvons le cinéma de Privas et son personnel de la faillite programmée". C'est sous ce titre que Patrick Dallet, gérant des trois écrans du Vivarais de Privas, a lancé le 7 avril à 11h une collecte de fonds sur Facebook. "Pour cause de pandémie, l'Etat a décidé de fermer les cinémas. Les charges fixes, elles, malgré les mesures annoncées qui certainement prendront effet après la faillite, continuent de courir... Le Vivarais a besoin de vos dons", y indique l'exploitant privé, qui ambitionne de lever 10 000€ d'ici la mi-mai. "Est-ce que cela suffira ? Je ne sais pas", nous déclare Patrick Dallet, qui pointe des retours "très encourageants" de ses spectateurs. En l'espace de deux jours, 1 926€ avaient ainsi déjà été récoltés auprès de 54 personnes.

"Les mesures prises par l'Etat sont très positives, mais elles ne suffiront pas", explique Patrick Dallet, dont les charges fixes se montent en moyenne à 8 000€ par mois. "J'ai notamment renoncé aux différents reports possibles (loyers, charges sociales et fiscales, Ndlr) car, la reprise de l'activité s'annonçant extrêmement difficile, il me sera impossible de payer ensuite les dettes accumulées. Les cinémas risquent en effet d'être les derniers à rouvrir, avec toute la défiance que les gens auront alors pour les rassemblements collectifs et les nouvelles habitudes (Netflix...) qu'ils auront prises. J'ai, par ailleurs, pris le parti de payer tous les distributeurs, pour remettre les comptes à zéro".

Quid de la mobilisation anticipée de 30 % des sommes inscrites sur son compte de soutien automatique, pour laquelle le CNC a récemment adopté une mesure dérogatoire ? "Je pourrais effectivement y avoir recours, mais ce que je prendrais permettrait seulement de colmater la brèche, pas de sauver le bateau", répond l'exploitant.

Patrick Dallet a, en outre, lancé un "journal de bord" hebdomadaire, Au temps du coronavirus, journal d'un projectionniste, vendu 3€. Avec l'objectif notamment, là aussi, de récolter un peu d'argent pour Le Vivarais.

Kevin Bertrand
© crédit photo : DR


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