Cinéma

Coronavirus : Le cinéma français réitère son appel à la création d'un fonds d'urgence supplémentaire pour la filière

Date de publication : 16/04/2020 - 16:40

Après un appel commun lancé dès le 3 avril, le Blic, le Bloc et l'Arp, c'est-à-dire l'ensemble des organisations du cinéma français, réunissant toutes les branches de la filière, interpellent à nouveau le gouvernement, en l'occurrence le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, et le Ministre de la Culture, Franck Riester. Dans un courrier en date du 15 avril, ils les alertent sur la situation que traverse un grand nombre d'entreprises et de créateurs de la filière cinématographique, confrontés à la crise liée au Covid-19. Ils sollicitent la création d’un fonds d’urgence "supplémentaire et distinct des dispositifs de soutiens annoncés par l’État et de ceux habituellement mis en œuvre par le CNC."

Nous le reproduisons in extenso :

"Monsieur le Ministre de l’Économie et des Finances, Monsieur le Ministre de la Culture,

Dans le contexte de crise sanitaire que traverse la France aujourd’hui, les organisations professionnelles du cinéma regroupées au sein du BLIC, du BLOC et de l’ARP, sont conscientes de la mobilisation constante du gouvernement pour juguler la crise et ses effets socio-économiques.

A ce titre, nous souhaitons collectivement vous interpeller sur la situation particulièrement critique dans laquelle se trouvent un grand nombre d’entreprises et créateurs de la filière cinématographique, frappés de plein fouet par la crise actuelle.

Exploitants de salles de cinéma, éditeurs-distributeurs d’œuvres cinématographiques, producteurs, créateurs, éditeurs vidéo, exportateurs, artistes-interprètes, techniciens et industries techniques, doivent faire face à de graves difficultés de trésorerie, comme de nombreux autres secteurs d’activité. Ils doivent aussi faire face à l’arrêt de pans entiers de leur activité (fermeture des salles de cinéma et interruption des tournages notamment). Cette mise à l’arrêt aura des répercussions durables, compte tenu du temps long de conception et de réalisation de la production et d’édition-distribution des films. La crise vient en outre toucher un secteur dont certains segments étaient déjà structurellement fragilisés depuis de nombreuses années.

Le BLIC, le BLOC et l’ARP saluent l’implication du président du CNC et de ses équipes avec lesquelles ils ont œuvré pour l’adoption ce 1er avril d’une mesure permettant à certains acteurs de la filière de mobiliser à hauteur de 30% les sommes inscrites sur leur compte de soutien automatique pour des besoins de trésorerie.

Cette mesure constitue une étape importante mais n’est pas suffisante pour soutenir l’ensemble de ces acteurs fortement impactés par la crise. Elle laisse par ailleurs de côté les acteurs économiques qui ne bénéficient pas du fonds de soutien (auteurs, compositeurs, éditeurs-distributeurs de films étrangers, industries techniques) et ceux qui en ont épuisé les montants disponibles du fait d’investissements récents.

Par ailleurs, comme vous le savez, les ressources du CNC vont, elles aussi, être mécaniquement impactées par la crise du fait de la forte baisse des recettes publicitaires des chaînes de télévision et du manque à gagner lié à l’absence de perception de la taxe sur les entrées en salles, elles-mêmes à l’arrêt. Les seules ressources du CNC ne peuvent donc suffire à relever les défis de la filière.

Dans ce contexte le BLIC, l’ARP et le BLOC se félicitent de l’annonce faite par le président de la République d’un plan spécifique pour le secteur de la culture. Ils souhaitent qu’il y soit incluse la création d’un fonds d’urgence, destiné à toutes les professions du cinéma, supplémentaire et distinct des dispositifs de soutiens annoncés par l’État pour l’ensemble des entreprises et de ceux habituellement mis en œuvre par le CNC. Celui-ci a d’ailleurs, par le passé, contribué au budget général de l’État par le versement de sommes substantielles issues du fonds de soutien.

La mise en œuvre urgente de ce plan spécifique, doté à titre exceptionnel de crédits budgétaires issus des ressources de l’État, est aujourd’hui une condition essentielle de la survie des entreprises et des créateurs de la filière les plus fragilisés par cette crise.

C’est aussi le gage d’une reprise salutaire de l’activité de création, de diffusion des œuvres cinématographiques et de leur exposition dans des salles ouvertes au public dès lors que la France sera sortie de cette crise.

En vous remerciant de votre attention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre de l’Économie et des Finances, Monsieur le Ministre de la Culture, l’expression de notre haute considération.

Sidonie Dumas, pour le Blic
Bertrand Bonello et Edouard Mauriat, pour le Bloc
Pierre Jolivet, pour L’Arp

Océane Le Moal
© crédit photo : DR


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