Cinéma

Lumière MIFC 2021 - OCS décrypte son ambitieuse politique documentaire autour du cinéma

Date de publication : 12/10/2021 - 08:40

Cette année encore, la chaîne a une forte présence documentaire à Lumière. Entre portraits et focus thématiques, cinéphilie ludique, curieuse ou pointue, voire les trois à la fois, gros plan sur un genre chéri par cette antenne avec 180 documentaires autour du 7e art préachetés depuis 2010.

Dans le riche programme des projections proposées par le Festival Lumière, les documentaires siglés OCS occupent une place de choix. La chaîne est d’ailleurs à nouveau son partenaire officiel. On découvrira ainsi des œuvres aussi variées que Casser la baraque : l’âge d’or du blockbuster et ­Courant souterrain de Nicolas Billon (L’Endroit), Gentlemen and Miss Lupino de Clara et Julia Kuperberg (Wichita Films, photo) ou Les cartoons bannis de Michel Lerokourez (Classic Cool Media). Mais également des documentaires inédits sur Anthony ­Hopkins ou Paul ­Newman, et un film autour de Lumière. “Chaque année, nous avons une forte ­présence à Lumière avec cinq à six ­documentaires présentés. Cela nous réjouit. C’est un endroit où ces films ont toute leur place, un très bel écrin important pour nous”, explique d’emblée Guillaume Jouhet, le directeur général de la chaîne, sur cette présence conséquente. "Les documentaires cinéma sont importants pour OCS. Il y a ceux issus de la collection OCS ­Signature – 95% de ce qui est présenté à Lumière en provient. La partie la plus connue d’OCS Signature est la ­fiction, comme récemment Jeune et golri, une comédie primée à Séries Mania. Mais elle compte également maintenant des unitaires de 90 minutes – dont le premier, L’invitation de Fred Grivois, sera diffusé le 21 décembre – mais aussi, et cela depuis le début de ce label, des documentaires. Dans cette partie, qui m’est très chère, la majorité est dédiée au cinéma ­classique, mais aussi à l’univers sériel comme The Art of Television de Charlotte Blum sur les réalisateurs de séries, ou sur la sexualité féminine dans les fictions TV signé Iris Brey", détaille ­Guillaume Jouhet. Il ajoute sur OCS Géants des acquisitions ou des titres issus du deal avec HBO tel que Jane Fonda in Five Acts de Susan Lacy, présenté à Cannes Classics puis à Lumière en 2018 avant sa diffusion sur OCS.
 
La variété des sujets abordés par les ­documentaires, soit proposés, soit demandés par la chaîne autour du 7e art, est donc très large. OCS travaille avec une vaste gamme de producteurs dont des collaborations au long cours avec, par exemple, Wichita Films, la société de Clara et Julia Kuperberg, qui creuse avec succès le ­sillon d’une certaine mythologie hollywoodienne. Un travail qui a, à ce jour, donné naissance à 45 titres. "Elles ont aussi beaucoup réfléchi, et très tôt, sur la place de la femme dans le cinéma hollywoodien. Elles avaient présenté dès 2016 à Lumière Et la femme créa Hollywood, qui est aujourd’hui en train de devenir un projet de série"
 
Ces documentaires accompagnent éga­lement des cycles, comme celui dédié à Anthony Perkins (L’homme ­derrière la porte de Christophe ­Champclaux, French Connection Films) ou Paul ­Newman (­Derrière les yeux bleus de Pierre ­Gaudry, French Connection Films). Certains choix très pointus sont présentés cette année à Lumière, tel Europa maudits : ¡ que viva Mexico ! de Claudia Collao (Julien ­Tricard pour Lucien Productions) autour ­d’Eisenstein. Laquelle a signé, en mai 2021, pour OCS la collection Hollywood maudit qui dévoilait les films déchus du 7e art comme Les rapaces d’Eric von Stroheim, datant de 1924. "Nous aimons aller dans tous les endroits de la cinéphilie, des plus évidents au plus inattendus", ­complète Guillaume Jouhet.
 
Le point d’orgue des présentations de ­documentaires inédits "made for OCS" sera cette année Lumière : des histoires de cinéma de ­Thomas Valette (Sortie d’Usine ­Productions). "L’idée de ce film est née d’une discussion avec Thierry ­Frémaux, qui avait depuis longtemps envie de faire un documentaire sur la genèse d’un festival comme Lumière. Celui-ci est vu de l’angle du monteur en charge des hommages chaque année. Cela balaye aussi tous les apports cinéphiliques de tous les grands invités qui ont marqué l’Histoire de cet événement. La première version, d’une heure, a été présentée sur OCS le 9 octobre, jour d’inauguration du festival, après la diffusion de L’horloger de Saint-Paul en hommage à Bertrand ­Tavernier. Mais il y a tellement d’heures qu’une version plus longue est désormais prévue", annonce le patron d’OCS.
 
À propos du 7e art français, voire européen, et c’est peut-être un effet de loupe grossissant face au nombre de sujets consacrés au cinéma hollywoodien, on peut croire que cette politique documentaire s’intéresse moins, par exemple, à l’univers tricolore. Une réserve que modère Guillaume Jouhet. "Il est vrai que l’économie des archives en France, un peu plus chère, peut jouer sur ce sujet. Mais Véronique Faurel, responsable des programmes OCS Géants, tient beaucoup aux sujets français." Et de citer l’arrivée prochaine d’un cycle sur René Clair avec un documentaire qui lui sera consacré, et d’un autre sur Claude Pinoteau (Atelier d’Images). OCS est aussi attachée au très riche héritage documentaire laissé par François Chalais, notamment sur les coulisses du tournage du film allemand Das Boot. OCS a précédemment produit avec Sébastien Labadie (Money Penny Productions) une série sur les réalisateurs des années 1980 comme Jean Marie Poiré. "Nous parlons avec autant de délectation d’Yves Robert que d’Alfred Hitchcock", ponctue le pilote d’OCS.
 
Cela fait dix ans qu’OCS mène cette politique très proactive qui fait intervenir nombre de sociétés et de visions ­artistiques. On peut donc s’interroger sur la façon dont va évoluer cette politique documentaire. "De façon multiple. Nous ne sommes pas dans une logique de format, c’est le projet qui décide et chacun d’eux est un événement, note Guillaume Jouhet. Nous présentons à Lumière un documentaire sur les cartoons bannis signé Michel Lerokourez avec ­Classic Cool Media. Ils ont une manière d’imaginer ce genre de façon totalement différente à ce que nous avons l’habitude de voir. On est sur un ton, une narration très décalée par rapport aux classiques du genre. Comme nous sommes positionnés sur des thématiques ou des sujets anciens, je suis très sensible au fait de recueillir vite des témoignages précieux. C’est très important pour nous. Nous attendons aussi des sujets que l’on ne voit jamais autour du 7e art. Nous sommes les seuls à assumer le cinéma classique autant que le reste du cinéma, tout à fait dans l’esprit de Lumière – un éclairage en compagnie des témoins d’aujourd’hui, sans aspect didactique ou poussiéreux. Du coup, nous sommes très réactifs tout en faisant plaisir aux abonnés", conclut le directeur général d’OC

Francois-Pier Pelinard-Lambert
© crédit photo :


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