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Lumière MIFC 2018 - Le Rendez-vous des éditeurs vidéo en détail

Date de publication : 17/10/2018 - 08:47

Marquant une première journée presque entièrement consacrée au format vidéo, ce tour de table des sorties a permis de prendre la température des tendances en matière d’édition physique, avec pas moins de 13 sociétés et institutions participantes.

Pour cette deuxième édition du rendez-vous réservé aux line-ups des éditeurs vidéo, la note introductive fut confiée au CNC, incarnée sur place par Tiphaine Pirlot Marion, chargée de mission vidéo physique au Centre. Cette dernière est revenue sur les trois dispositifs de soutien composant l’action du Centre à destination du secteur.

Le CNC a ainsi renommé cet été sa Commission vidéo et VOD en Commission d’aide à la diffusion des œuvres cinématographiques et audiovisuelles en vidéo physique et en ligne, désormais composée de trois collèges distincts : vidéo physique, VàD et Numev. "Cette restructuration des collèges nous permet de réaffirmer nos actions de soutien et de politique culturelle sur les différents secteurs, la vidéo physique, la VàD et le cinéma de patrimoine."

Une autre nouveauté est à attendre en 2019 alors que le Centre réorganise ses protocoles de demande d’aide. "Nous allons prêter plus d’attention à la stratégie de diffusion des éditeurs et distributeurs, pour les aider dans les investissements de promotion sur le plan média et hors média, créer de la visibilité et en recréer autour des œuvres, tant nouveautés que de patrimoine, avec une attention toute particulière consacrée aux actions jeune public." Le CNC va ainsi revoir tous ses documents, et "gagner en efficacité car nous allons automatiser une partie du dossier".

Tirant un petit bilan 2017 des aides sélectives du centre concernant la vidéo : aide unitaire, au programme et Numev. Les trois cumulent ainsi une enveloppe de "un peu moins de 4,5 M€" de soutien, pour environ 100 éditeurs et 1 000 projets aidés, soit un soutien moyen de près de "5 000 € par projet ".

12 éditeurs se succèdent
Puis Gaumont a présenté ses nouveautés vidéo, au travers d’une boucle d’images détaillant ses différentes collections. Au rang des Découvertes DVD, qui comptent plus de 400 titres, 30 nouvelles rééditions sont apparues, parmi lesquelles Et ta sœur de Maurice Delbez (1958), Samson de Maurice Tourneur (1936 – photo). Du côté des Découvertes Blu-ray, qui compte également 30 nouvelles entrées, la Marguerite a mis en avant Les fugitifs de Francis Veber (1986), Montparnasse-Pondichéry d’Yves Robert (1994), Je chante de Christian Stengel (1938), Attention, une femme peut en cacher une autre ! de Georges Lautner (1983). Dans la collection Gaumont Classiques, ont été dévoilées des images de Daïnah la métisse de Jean Grémillon (1932), L’homme du jour de Julien Duvivier (1937) et Jenny de Marcel Carné (1936). Et la collection Prestige s’est enrichie, en 2018, d’une intégrale de Jean Vigo de quatre titres en 4K. Au final, Gaumont aura édité plus de 80 titres en 2018 et table sur un volume équivalent l’an prochain.

Pour sa part, Pathé a décidé de consacrer sa présentation à deux événements. Tout d’abord, une intégrale de Claude Berri sortie le 3 octobre, pour marquer les dix ans de sa disparition. Soit 21 long métrages et un documentaire inédit en HD, dont 18 titres inédit en blu-ray. Une édition qui sera suivie d’une rétrospective en salle en janvier 2019. La Société au Coq a suivi la "vague Rappeneau" avec la restauration 4K du Hussard sur le toit (1995), Cyrano de Bergerac (1990) et Tout feu, tout flamme (1982), qui seront repris dans un autre coffret de six titres, rejoints par Le sauvage (1975), La vie de château (1966) et Les mariés de l’an II (1971). Le tout en combo DVD/BR avec au moins un bonus inédit et une sélection des actualités Pathé d’époque pour recontextualiser.

À la fois éditeur et distributeur vidéo, ESC est revenu sur sa diversification dans la distribution VàD et SVàD, via ESC Digital Service au printemps 2018. La société a livré une présentation de tout un panel de titres édités ou distribués, parmi lesquels, rayon cinéma de genre, la trilogie Hellraiser (avec L’Atelier d’Images), le média book Street Trash de Jim M. Muro (1987), The Blob d’Irvin Yeaworth Jr. (1958), Inferno de Dario Argento. Mais aussi Dirty Dancing d’Emile Ardolino, qui fera l’objet d’un coffret collector pour les 30 ans de sa sortie. En 2019, ESC prévoit un nouveau coffret de huit titres de Jean-Pierre Mocky, d’autres média book de genre (Candyman...) et une édition Ultimate du Zombie de George Romero (1978).

Au tour d’Héliotrope de prendre le relais, pour se concentrer sur un seul projet éditorial sur lequel l’éditeur travaille depuis plus de deux ans, à savoir un coffret dédié à Robert Enrico. Ce dernier comprend ainsi Les grandes gueules (1965), Les aventuriers (1967), Ho ! (1968), Tante Zita (1968), mais aussi les raretés Thaumetopoea (1961) et le court La rivière du hibou (1962). Et Héliotrope d’inviter le réalisateur et fils du cinéaste Jérôme Enrico, venu présenter à Lumière le matin même son documentaire Robert Enrico, bref passage sur la Terre.

Fêtant en grande pompe ses 20 ans d’activité, Carlotta Films est revenue sur son actualité lyonnaise, avec deux titres participant à l’hommage à Peter Bogdanovich, The Last Picture Show (1971) et Saint Jack (1979). La structure a mis également en avant le coffret prestige consacré à La dame de Shanghai d’Orson Welles ; un autre à Masaru Naruse édité pour Les Acacias en 2019, et annonce notamment pour 2019 un second volume consacré à l’âge d’or du cinéma japonais, avec un ouvrage de 150 pages et 4 DVD, la sortie du seul film réalisé par Toshiro Mifune, Gojuman-nin no isan (1963). Sans oublier The Last Movie de Denis Hopper (1971) et une rétrospective consacrée à Charles Matton, dont Spermula (1976).

Tamasa a présenté, à son tour, en toute synergie avec son activité salle, une trilogie de thrillers anglais, The Blue Lamp et Pool of London (Les trafiquants du Dunbar) de Basil Daerden (1950 et 1951) et Payroll de Sidney Hayers (1961), ainsi qu’une série de comédies italiennes, dont Un vrai crime d’amour et Qui a tué le chat ? de Luigi Comencini (1974 et 1977), le documentaire sur les Sex Pistols, L’obscénité et la fureur (The Filth and the Fury) de Julien Temple (2000), et le coffret Le cinéma fou du Café de la Gare volume 2, dont des images du Graphique de Boscop de Sotha et Georges Dumoulin (1976) furent exposées.

Sidonis et Calysta Films poursuivent, pour leur part, leur exploration des classiques de genre du cinéma hollywoodien, en s’appuyant sur plusieurs axes. À commencer par le western, avec des images, notamment, de Winchester 73 d’Anthony Mann (1950), présenté à Lumière, Le dernier des géants de Don Siegel (1976), Law and Order d’Edward L. Cahn (1932), Les aventures du capitaine Wyatt de Raoul Walsh (1951), Le train sifflera trois fois de Fred Zinnemann (1952) ou encore Rio Grande de John Ford (1950). L’éditeur prévoit également une Encyclopédie du film noir avec 20 titres dont 10 inédits, comprenant notamment Tokyo Joe de Stuart Heisler (1949), L’heure du crime (Johnny O’ Clock) de Robert Rossen (1947) ou encore La main qui venge de William Dieterle (1950). Sans oublier les films de guerre – La nuit des généraux d’Anatole Litvak (1967), Sahara de Zoltan Korda (1943)… – et le fantastique avec un hommage à Ray Harryhausen via la trilogie Sinbad le marin, ou encore Jason et les argonautes de Don Chaffey (1963)… Dans un tout autre genre, l'éditeur a enfin proposé des images des Guichets du Louvre de Michel Mitrani (1974).

Pour sa première participation au Rendez-vous des éditeurs du MIFC, Wild Side s’est versé dans une longue présentation de 1900 de Bernardo Bertolucci (1976), un projet d’"édition ultime" sur lequel l’éditeur travaille depuis trois ans, pour une restauration 4K éditée à 3 000 exemplaires le 7 novembre. Mais aussi une trilogie Takeshi Kitano avec, pour la première fois en blu-ray, Violent Cop (1989), Jungatsu (1990) et Sonatine, mélodie mortelle (1993) ; un dyptique Samuel Fuller avex Shock Corridor (1963) et The Naked Kiss (1966) ; Outrages de Brian De Palma (1989) ; ou encore L’homme qui voulut être roi de John Huston (1975), entre autres.

Malavida poursuit de son côté son travail autour du cinéma de patrimoine à destination du jeune public, montrant des images des programmes de courts tchèques, La révolte des jouets et Quel cirque !, qui prolongeront leur première vie en salle avec une édition DVD, ou encore les Alice Comédies 2 de Walt Disney. L’éditeur et distributeur a montré des images de Cocktail Molotov de Diane Kurys (1980), J'ai même rencontré des tziganes heureux d’Aleksandar Petrovic (1967), et prépare les rééditions collector du programme La ferme des animaux, Trains étroitement surveillés de Jirí Menzel (1966) et Joe Hill de Bo Widerberg (1971). Ainsi que des coffrets des cinémas géorgien, hongrois et slovaque attendus pour mi-novembre.

LCJ a, pour sa part, livré un focus sur cinq titres inédits en DVD : La mandarine d’Édouard Molinaro (1972), La pirate de Jacques Doillon (1984), La classe de neige de Claude Miller (1998), Les assassins de l’ordre de Marcel Carné (1971), ainsi qu’un média book regroupant les deux versions 4K des deux adaptations de Tintin de Hergé en prises de vues réelles, Tintin et le mystère de la Toison d’or de Jean-Jacques Vierne (1961) et Tintin et les oranges bleues de Philippe Condroyer (1964). Et l’éditeur d’anticiper la sortie de deux documentaires animaliers marquants en 2019, Le territoire des autres de François Bel, Jacqueline Lecompte, Michel Fano et Gérard Vienne (1970) et La griffe et la dent de François Bel et Gérard Vienne (1976).

Nouveau venu dans l’édition vidéo, Coin de Mire a présenté sa ligne éditoriale, qu’il souhaite resserrer, dès 2019, sur "les films en déshérence adressés aux passionnés du cinéma français". L’éditeur a par la suite présenté des images de Porte des Lilas de René Clair (1957), et annoncé six autres titres à venir rapidement.

Enfin, le Polish Film Institute, invité de cette 6e édition du MIFC mettant la Pologne à l’honneur, a livré une présentation d’un coffret consacré à Andrzej Wajda, disparu en 2016, regroupant ainsi 26 titres du cinéaste et 36 DVD au total. L’institution a déjà participé à un précédent coffret consacré à Krzysztof Kieslowski et en envisage un prochain dédié à Roman Polanski.

Sylvain Devarieux
© crédit photo : Gaumont


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