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La Cinémathèque française ouvre "Henri", une 4e salle en ligne

Date de publication : 09/04/2020 - 18:28

Fermée depuis le 13 mars en raison des mesures pour lutter contre la propagation du Covid-19, la Cinémathèque française réouvre ce soir à 20H30 avec une 4e salle virtuelle. 

Depuis sa fermeture, l'institution a vu la fréquentation de son site cinematheque.fr grimper. Elle y propose des leçons de cinéma et des conférences, des sites et des articles consacrés à ses expositions et rétrospectives, et aux trésors de ses collections. Elle enrichit aujourd'hui son offre, en ouvrant donc une nouvelle salle virtuelle, appelée Henri, pour Henri Langlois bien sûr, le fondateur de la Cinémathèque. 

Tous les soirs, sur l’adresse cinematheque.fr/henri sera proposé à 20h30, un film rare sauvegardé et restauré par La Cinémathèque française au cours des vingt dernières années.

C’est pour Frédéric Bonnaud, Dg de l'institution, une "manière de rappeler que si les grands films de l'histoire du cinéma peuvent se regarder aujourd'hui sur ordinateur et en VOD, c'est parce que Langlois et quelques autres ont commencé par les sauver de la benne, avant de les programmer, inlassablement, sans se soucier des modes et du temps qui passe".
"Cette mise en ligne d'une infime partie de notre collection, celle dont nous possédons les droits de diffusion, répond bien sûr à un contexte très particulier, l'épidémie de Covid-19 et le confinement, mais aussi à la volonté de diffuser le plus largement possible quelques pépites méconnues du patrimoine cinématographique. Très attachée à la projection et à l'émotion partagée dans une salle, La Cinémathèque poursuit ainsi sa mission de transmission et de découverte" déclare-t-il.

Chaque film mis en ligne restera accessible jusqu’à la fin du confinement, et quand les salles de l’institution pourront enfin rouvrir. La programmation ira de 1898 (Films de Paul Nadar) à 2014 (Langlois vu par 13 cinéastes contemporains).

Si chaque soir, il s’agira d'un film surprise, le nom de la première rareté proposée ce 9 avril est révélé, il s'agit du chef-d’œuvre de Jean Epstein, La Chute de la maison Usher, de 1928.
Dans ce film Lord Roderick Usher, inquiet pour sa compagne, souffrante, accueille dans sa demeure à l’atmosphère étrange et oppressante un ami d’enfance, après l’avoir appelé à l’aide.

"D'après les motifs d'Edgar Allan Poe nous souffle le générique. La maison Usher est un manoir déjà deux ou trois fois séculaire, qui a dû être une résidence coquette, sinon somptueuse. Mais cette demeure souffre maintenant d'une décrépitude qui est l'effet bien plus d'un accord avec la désolation du parc et du paysage, que d'une pauvreté impécunieuse. Cette ruine est déjà un mystère...une maladie des choses et du domaine (...) L'action se passe quelque part dans la campagne anglaise, assez loin de toute ville, au début du 19e siècle" Jean Epstein, extrait des notes préparatoires.

Le film a été restauré en 1997 par la Cinémathèque Royale de Belgique, en collaboration avec la Cineteca del Comune di Bologna à partir d’un négatif original noir et blanc avec intertitres en français, conservé par La Cinémathèque française et d’une copie positive nitrate noir et blanc teintée du Nederlands Filmmuseum. La restauration des couleurs fut établie sur base d’une copie positive nitrate noir et blanc et teintée provenant de la Collection Fernando Pereda de l’Archivo Nacional de la Imagen – Sodre (Montevideo). En 2013, le film fut restauré numériquement par La Cinémathèque française et mis en musique par Gabriel Thibaudeau d'après sa partition, interprétée par l'Octuor de France. Les travaux furent confiés aux laboratoires Digimage pour la numérisation et l'étalonnage et à L'Immagine Ritrovata pour la synchronisation.

Sarah Drouhaud
© crédit photo :


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