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Annecy 2017 - Mickaël Marin : "Ce Mifa va encore nous faire passer un cap"

Date de publication : 13/06/2017 - 08:30

Pour absorber une folle croissance, le Marché international du film d’animation gagne un jour et un étage, s'assurant d'ores et déjà d'une édition historique. Explications avec le délégué général de Citia, délégué développement économique & Mifa.

Ce Mifa s’annonce comme "le plus grand depuis sa création en 1985", souligniez-vous à la conférence de presse en avril. Un record confirmé ?
Je confirme effectivement que ce sera le plus grand en termes de surface d’exposition, soit +1 000 m², à 4 200 m², et de nombre de stands. Nous sommes à nouveau sur les rails d’une année record également, d’un point de vue de la participation puisqu'à J-1, plus de 2 900 professionnels étaient accrédités pour le marché et plus de 6 600 pour le Festival, soit une progression à date pour l’ensemble de l’événement de 10% en un an. 

Parmi les territoires présents, la Chine, à l’honneur cette année, compte une importante délégation. Le fait que le Festival ait été contraint de retirer un long métrage chinois de la compétition, sur pressions officielles, a-t-il des conséquences sur le marché ?
La délégation chinoise compte plus de 130 personnes pour une cinquantaine de sociétés représentées. Aucune d’entre elles ne s’est manifestée à ce sujet. 

La nouveauté majeure cette année porte sur l’ajout d’une journée. L’agenda s’était à ce point démultiplié ?
Oui, il s’est considérablement densifié ces dernières années. Avant même de lancer la dernière édition, en juin 2016, nous savions ce qu’il allait se passer en termes de croissance et de dynamique, et nous avions déjà des idées pour le Mifa 2017. Nous ne voulions pas attendre d'être en difficulté. Même si la croissance, il y a pire comme difficulté.
Notre ambition est que le Mifa reste un marché où l’on continue de se sentir à l’aise pour travailler et où l’on maintient un bon échange entre les différentes catégories de professionnels. Ce qui a toujours fait sa force. Au final, l’édition de juin 2016 n’a fait que renforcer nos intuitions. Celle qui démarre aujourd’hui concrétise le travail que nous avons mené depuis plus d’un an. Les enjeux sont forts. Il va s’agir d’observer comment toutes ces évolutions vont fonctionner pour les confirmer et les renforcer en 2018.

Justement, fort des évolutions "déterminantes et structurantes" de cette année, vous qui disiez avoir en tête dès juin 2016 les pistes d’aménagements pour le Mifa 2017, savez-vous déjà à quoi ressemblera 2018 ?
Si ce choix s’avère probant bien sûr, la journée supplémentaire sera maintenue. Nous verrons aussi comment est accueilli le premier Mifa Campus créé le mardi. Quant à l’agrandissement du marché sur un étage, si ça fonctionne, notre question sera comment on agrandit 2018 dans la perspective de la venue de nouveaux participants qui ont déjà signalé leur intérêt pour de prochaines éditions. 

Vous expliquez la journée supplémentaire par un agenda décuplé, or vous y ajoutez une nouveauté, le Mifa Campus, en outre parrainé par Guillermo del Toro. À quelle volonté obéit sa création ?
L’une des spécificités d’Annecy est le nombre de talents et, parmi eux, le nombre d’étudiants qui y participe. Leur présence est sans commune mesure et assez singulière dans le paysage des manifestations consacrées à l’audiovisuel et au cinéma en Europe et dans le monde. En 2016, il y avait 2 400 étudiants à Annecy.
Parallèlement à cela, la participation des pays émergents dans l’animation est assez importante, avec des talents issus de ces territoires qui attendent du Mifa un transfert d’expertise. La diversité des professionnels à Annecy nous permet d’être un tremplin pour l’industrie, et pour l’emploi.
Par le passé, nous proposions déjà des contenus sur ces thématiques. Ce qui signifie que certaines bribes du Mifa Campus existaient mais qu’elles étaient éparpillées, donc manquaient de visibilité. Elles sont davantage le résultat d’un travail d’éditorialisation comme sur le Festival, avec les Midnight Specials par exemple. Enfin, ajouté à cela que les séances de recrutement des studios marchent très fort, davantage encore qu’en 2016, tous ces éléments nous ont décidés à créer un événement entièrement destiné à cette partie de la population que sont les talents. Cette nouvelle journée nous a paru être le bon moment pour le positionner.

Le parrain du Mifas Campus, Guillermo del Toro, qui participera également à une rencontre avec les étudiants, est de retour après une première visite l’an dernier pour sa série Trollhunters. Il a été conquis par Annecy ?
Dans l’histoire du Festival, il est vrai qu’on a très rarement vu un réalisateur de sa stature venir deux années de suite. Je crois qu’Annecy lui a bien plu en effet !

Autre révolution, les conférences sont désormais toutes centralisées à l’Impérial Palace alors qu’auparavant certaines avaient lieu à la Chambre de métiers. Quels peuvent être les autres impacts, outre le caractère pratique ?
Le premier impact, pour les participants, il est déjà pratique effectivement. Et la salle offrant par ailleurs une plus grande capacité d’accueil, je pense que cela va permettre une plus grande audience. La présence des auditeurs sera grandement facilitée et la visibilité meilleure. Les conférences ne peuvent que s’en trouver renforcées. D’une manière plus générale, nous nous attendons à une très belle édition et à un Mifa dans la continuité des dernières années qui va encore nous faire passer un cap. 

Propos recueillis par Emmanuelle Miquet
© crédit photo : CITIA


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