
Annecy 2026 - Marcel Jean : "Signer cette programmation a représenté un défi encore plus grand que pour l'édition précédente"
Date de publication : 22/06/2026 - 10:30
Au lendemain de l’ouverture du festival d’Annecy, son délégué artistique revient sur les grandes lignes de cette édition, marquée par une participation européenne et notamment française, exceptionnelle, dévoile ses coups de cœur et évoque la forte présence des principaux grands studios américains.
Signer la programmation du festival a représenté un défi encore plus grand que pour l'édition précédente disiez-vous lors de la conférence de presse…
Effectivement et c'est lié à l'évolution de la filière. Depuis que nous avons réintégré Bonlieu, pour l’édition de 2015, nous sommes confrontés à une croissance régulière et extrêmement importante. Nous l’avons accueillie et sans doute un peu provoquée, mais il était impossible pour nous de prévoir la rapidité de cette évolution. Cela englobe le développement de la production dans les pays émergents, un peu partout autour du globe, mais aussi l'évolution des plateformes. Et la pandémie a joué un rôle majeur. En 2019 les plateformes comme Netflix s'attendaient à passer un moment très difficile à partir de 2020 en raison de l’arrivée de nouveaux concurrents. Mais la Covid est arrivée et le marché a explosé parce que les gens ne pouvaient plus sortir et ont adopté de nouveaux comportements en multipliant les abonnements. A présent la situation a tendance à se réguler. Autre phénomène que nous voyons venir depuis quelques temps, le fait que les courts-métrages soient de plus en plus longs. Si on comptabilise l’augmentation du nombre d’œuvres en minutes de films, on débouche sur un chiffre énorme et le temps de travail pour les sélectionner s’allonge d’autant. Et cela débouche sur des choix de plus en plus cruels car nous ne pouvons plus prendre le même nombre de courts-métrages qu'avant dans nos séances et qu'il a fallu créer d'autres sections. Cette évolution nous a amenés à rendre les sections Midnight Shorts et WTF compétitives cette année.
L'année dernière on remarquait un retour en force du politique et du social au sein des films des compétitions. Est-ce encore le cas ?
Il y a effectivement toujours du politique et du social, mais aussi beaucoup de films abordant des questions historiques. Je pense par exemple à celui de Ervin Han et Raúl García Le Violoniste, qui relate l'histoire de Singapour ou à un autre à Contrechamp, Peleliu : Guernica of Paradise de Goro Kuji, qui nous parle de la guerre du Pacifique, lors de la seconde Guerre mondiale, mais du point de vue des soldats japonais. C'est un film qui reste dans les esprits et va sortir en France puisque Eurozoom l'a acheté. Il y a aussi Winnipeg, el barco de la esperanza de Beñat Beitia et Elio Quiroga qui évoque un épisode historique lié à la guerre d'Espagne lorsque des républicains se sont retrouvés sur un bateau affrété par Pablo Neruda. Et puis nous allons présenter en première internationale Le Dossier de l'aube de Rupert Wyatt et Émilie Phuong qui revient sur l'arrestation de Klaus Barbie et constitue une des très belles surprises de la sélection. L’histoire avec un grand H est donc très présente mais on trouve aussi des histoires très personnelles avec In Waves de Phuong Mai Nguyen ou Tangles de Leah Nelson qui, comme In Waves d'ailleurs, est l’adaptation d'un roman graphique, où l'auteur nous parle de sa relation avec ses parents et en particulier avec sa mère atteinte d'Alzheimer. Le Corset de Louis Clichy rejoint aussi cette tendance, avec son aspect autobiographique. On peut donc parler de deux blocs assez distincts cette année dans nos longs métrages en compétition et à Contrechamp.
Si je vous demande vos coups de cœur, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?
En premier, le film taïwanais Bienvenue chez Dolly de Seven Ych, Rady Fu et Tree Muta qui fera l’ouverture de Contrechamp. Son personnage principal, qui est une influenceuse, le rend très actuel et je pense qu'il va beaucoup parler aux jeunes spectateurs, amateurs de récits fantastiques asiatiques. Il ne figurait pas sur nos radars, puisque c’est Mickaël Marin qui l’a découvert lors d’une rencontre avec ses producteurs à Taïwan en novembre dernier. Il leur a aussitôt conseillé de l’envoyer à Annecy. Il y a aussi Tana de Ji Zhao et Ke er Zhu, film chinois en première mondiale, qui sort un peu de ce à quoi nous ont habitué les cinéastes chinois avec des histoires assez folkloriques, techniquement très spectaculaires, dans lesquelles sont mis en scène des légendes, avec des dragons et des super combattants. Or là, on est complètement ailleurs puisque Tana, est un film où la musique occupe une place importante et qui nous montre la Chine contemporaine. Une autre surprise sera sans nul doute constituée par Rogue Trooper de Duncan Jones qui sera présenté en séance événement. Il nous emmène dans un univers de science-fiction, avec un traitement qui se situe quelque part entre James Cameron et Quentin Tarantino, entre Avatar et ce côté irrévérencieux et référentiel propre à Tarantino. Il y a quelque chose de très fort là-dedans.
Et du côté d’Annecy Présente, l'ancrage grand public a été renforcé semble-t-il…
En effet avec un prix du public soutenu par Peugeot. Cet ancrage est très important pour cette section dont le but est d’offrir aux festivaliers un cinéma populaire où l'animé japonais est en bonne place. Peu à peu nous arrivons à conférer à Annecy Présente la personnalité que nous voulions lui donner au départ.
Avez-vous prévu la mise en place d’une programmation spécifique pour la toute nouvelle salle de la Cité Internationale du Cinéma d’Animation ?
Nous avons tenu à y organiser beaucoup de séances à destination des spectateurs annéciens afin de leur permettre de participer encore plus directement au festival. Il y aura donc plusieurs titres d’Annecy Présente, mais aussi des films comme le troisième épisode de la franchise phare de Paramount Pat' Patrouille - Le film : Mission Dino. Mais le cinéma de la Cité accueillera aussi des présentations sur scène avec quelques noms importants, comme la conversation entre Pierre Coffin et Chris Meledandri, ou les deux séances durant lesquelles Travis Knight vient présenter vingt minutes de Wildwood (Prue et la Prophétie de la forêt).
Peut-on parler de changements notoires dans la grille ?
Nous avons choisi d’enrichir le programme des projections du dimanche. Mais nous ne sommes pas encore au stade de présenter durant cette journée des longs ou des courts métrages en compétition, mis à part la séance d'ouverture qui peut parfois accueillir des films concourant pour le Cristal, comme ce fut le cas il y a deux ans avec La plus précieuse des marchandises ou encore l'an dernier avec les courts métrages. Mais nous voulons faire en sorte que l'ensemble des sections soient lancées dès le dimanche, d'où l'ouverture de Contrechamp et d'Annecy Présente.
Au vu de la richesse de la programmation arrivez-vous à bien l’équilibrer ?
Le défi de festivals comme Annecy, c'est d'arriver à ce que chaque journée ait une valeur équivalente. On sait que dans les manifestations qui durent plus de dix jours, les dernières journées peuvent-être moins prisées que les premières. Comme la durée d’Annecy n’est que de sept jours nous devons faire en sorte d’arriver à imposer le fait que le dimanche et le samedi soient déjà des temps forts et entiers de festival. Il ne faut pas oublier que lorsque j'ai pris la direction artistique d'Annecy, le festival commençait le mardi matin pour se terminer le vendredi midi, aux yeux d’une majorité de participants. Car même si la clôture avait lieu le samedi soir, les professionnels repartaient la veille. A présent nous arrivons à occuper l’ensemble des sept jours.
Il se dit que Cannes est de plus en plus boudé par les studios américains, pour diverses raisons, mais il semble que ce soit exactement l’inverse à Annecy…
En effet, pratiquement tout le monde est présent et ceux qui n'y sont pas ont des raisons précises et prennent d’ailleurs bien soin de nous dire qu'ils nous préparent quelque chose d’important pour l'an prochain. Il faut avoir conscience que pour ces grands studios, Annecy est un "safe space". Ils y trouvent un public d'amateurs et de connaisseurs ayant une relation à la fois passionnée et respectueuse avec l’animation. Par ailleurs certains cinéastes, dont les noms n’ont pas une résonance particulière auprès de la presse ou du public au sein des grands festivals généralistes, sont accueillis comme des stars à Annecy car tous nos spectateurs les connaissent. Donc ils savent qu’ils peuvent prendre des risques et que ce sera mieux accueilli qu’ailleurs par un public qui a tous les outils en main pour comprendre leur travail. Et la couverture de la presse professionnelle fait que le festival et le Mifa sont un excellent endroit pour faire des annonces. Ensuite beaucoup de participants ont une réelle influence sur la carrière des films. Les studios savent qu’à Annecy, un nombre très élevé de votants aux Oscars assiste aux projections, dans des proportions qui ne se retrouvent pas ailleurs. Bien sûr on ne peut pas dresser une équivalence mais année après année, on retrouve dans les nominations aux Oscar, voire au palmarès, des films passés par chez nous. Les exemples ne manquent pas à commencer par Flow, Amélie et la métaphysique des tubes ou encore Arco. Et La jeune fille qui pleurait des perles, qui était notre film d'ouverture l'an dernier, a gagné l'Oscar du court métrage.
Quelles sont les tendances en matière de techniques ?
Il y a toujours beaucoup de stop-motion, notamment dans les courts métrages et nous avons aussi un premier long métrage néo-zélandais qui a été animé en volume, Kiri et Lou font raaa ! de Harry Sinclair et Antony Elworthy, à Annecy Présente. Il y a quelques années, on aurait pu croire que l’animation 3D allait devenir omniprésente mais ce n’est pas le cas. Certes elle est majoritaire à Annecy Présente, donc dans les films visant un public familial. Mais la 2D est toujours largement présente dans le cinéma d’auteur, avec des factures très diverses. Dans Tangles ou In Waves on est évidemment proche du roman graphique, Le Corset présente une esthétique champêtre assez pastel et puis bien sûr on retrouve le graphisme si particulier de Sébastien Laudenbach dans Carmen, l’oiseau rebelle. Bref c’est tout un éventail. Et cette résistance de la stop-motion m’évoque d’ailleurs le retour en force de l’écran d’épingles. Il n’y a pas plus tactile que ça. Nous avons cette année un film japonais qui a eu recours à cette technique, Rest, un court métrage de Ryotaro Miyajima, produit par Koji Yamamura. C'est une tendance qui était impossible à prévoir il y a dix ans.
Effectivement et c'est lié à l'évolution de la filière. Depuis que nous avons réintégré Bonlieu, pour l’édition de 2015, nous sommes confrontés à une croissance régulière et extrêmement importante. Nous l’avons accueillie et sans doute un peu provoquée, mais il était impossible pour nous de prévoir la rapidité de cette évolution. Cela englobe le développement de la production dans les pays émergents, un peu partout autour du globe, mais aussi l'évolution des plateformes. Et la pandémie a joué un rôle majeur. En 2019 les plateformes comme Netflix s'attendaient à passer un moment très difficile à partir de 2020 en raison de l’arrivée de nouveaux concurrents. Mais la Covid est arrivée et le marché a explosé parce que les gens ne pouvaient plus sortir et ont adopté de nouveaux comportements en multipliant les abonnements. A présent la situation a tendance à se réguler. Autre phénomène que nous voyons venir depuis quelques temps, le fait que les courts-métrages soient de plus en plus longs. Si on comptabilise l’augmentation du nombre d’œuvres en minutes de films, on débouche sur un chiffre énorme et le temps de travail pour les sélectionner s’allonge d’autant. Et cela débouche sur des choix de plus en plus cruels car nous ne pouvons plus prendre le même nombre de courts-métrages qu'avant dans nos séances et qu'il a fallu créer d'autres sections. Cette évolution nous a amenés à rendre les sections Midnight Shorts et WTF compétitives cette année.
L'année dernière on remarquait un retour en force du politique et du social au sein des films des compétitions. Est-ce encore le cas ?
Il y a effectivement toujours du politique et du social, mais aussi beaucoup de films abordant des questions historiques. Je pense par exemple à celui de Ervin Han et Raúl García Le Violoniste, qui relate l'histoire de Singapour ou à un autre à Contrechamp, Peleliu : Guernica of Paradise de Goro Kuji, qui nous parle de la guerre du Pacifique, lors de la seconde Guerre mondiale, mais du point de vue des soldats japonais. C'est un film qui reste dans les esprits et va sortir en France puisque Eurozoom l'a acheté. Il y a aussi Winnipeg, el barco de la esperanza de Beñat Beitia et Elio Quiroga qui évoque un épisode historique lié à la guerre d'Espagne lorsque des républicains se sont retrouvés sur un bateau affrété par Pablo Neruda. Et puis nous allons présenter en première internationale Le Dossier de l'aube de Rupert Wyatt et Émilie Phuong qui revient sur l'arrestation de Klaus Barbie et constitue une des très belles surprises de la sélection. L’histoire avec un grand H est donc très présente mais on trouve aussi des histoires très personnelles avec In Waves de Phuong Mai Nguyen ou Tangles de Leah Nelson qui, comme In Waves d'ailleurs, est l’adaptation d'un roman graphique, où l'auteur nous parle de sa relation avec ses parents et en particulier avec sa mère atteinte d'Alzheimer. Le Corset de Louis Clichy rejoint aussi cette tendance, avec son aspect autobiographique. On peut donc parler de deux blocs assez distincts cette année dans nos longs métrages en compétition et à Contrechamp.
Si je vous demande vos coups de cœur, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ?
En premier, le film taïwanais Bienvenue chez Dolly de Seven Ych, Rady Fu et Tree Muta qui fera l’ouverture de Contrechamp. Son personnage principal, qui est une influenceuse, le rend très actuel et je pense qu'il va beaucoup parler aux jeunes spectateurs, amateurs de récits fantastiques asiatiques. Il ne figurait pas sur nos radars, puisque c’est Mickaël Marin qui l’a découvert lors d’une rencontre avec ses producteurs à Taïwan en novembre dernier. Il leur a aussitôt conseillé de l’envoyer à Annecy. Il y a aussi Tana de Ji Zhao et Ke er Zhu, film chinois en première mondiale, qui sort un peu de ce à quoi nous ont habitué les cinéastes chinois avec des histoires assez folkloriques, techniquement très spectaculaires, dans lesquelles sont mis en scène des légendes, avec des dragons et des super combattants. Or là, on est complètement ailleurs puisque Tana, est un film où la musique occupe une place importante et qui nous montre la Chine contemporaine. Une autre surprise sera sans nul doute constituée par Rogue Trooper de Duncan Jones qui sera présenté en séance événement. Il nous emmène dans un univers de science-fiction, avec un traitement qui se situe quelque part entre James Cameron et Quentin Tarantino, entre Avatar et ce côté irrévérencieux et référentiel propre à Tarantino. Il y a quelque chose de très fort là-dedans.
Et du côté d’Annecy Présente, l'ancrage grand public a été renforcé semble-t-il…
En effet avec un prix du public soutenu par Peugeot. Cet ancrage est très important pour cette section dont le but est d’offrir aux festivaliers un cinéma populaire où l'animé japonais est en bonne place. Peu à peu nous arrivons à conférer à Annecy Présente la personnalité que nous voulions lui donner au départ.
Avez-vous prévu la mise en place d’une programmation spécifique pour la toute nouvelle salle de la Cité Internationale du Cinéma d’Animation ?
Nous avons tenu à y organiser beaucoup de séances à destination des spectateurs annéciens afin de leur permettre de participer encore plus directement au festival. Il y aura donc plusieurs titres d’Annecy Présente, mais aussi des films comme le troisième épisode de la franchise phare de Paramount Pat' Patrouille - Le film : Mission Dino. Mais le cinéma de la Cité accueillera aussi des présentations sur scène avec quelques noms importants, comme la conversation entre Pierre Coffin et Chris Meledandri, ou les deux séances durant lesquelles Travis Knight vient présenter vingt minutes de Wildwood (Prue et la Prophétie de la forêt).
Peut-on parler de changements notoires dans la grille ?
Nous avons choisi d’enrichir le programme des projections du dimanche. Mais nous ne sommes pas encore au stade de présenter durant cette journée des longs ou des courts métrages en compétition, mis à part la séance d'ouverture qui peut parfois accueillir des films concourant pour le Cristal, comme ce fut le cas il y a deux ans avec La plus précieuse des marchandises ou encore l'an dernier avec les courts métrages. Mais nous voulons faire en sorte que l'ensemble des sections soient lancées dès le dimanche, d'où l'ouverture de Contrechamp et d'Annecy Présente.
Au vu de la richesse de la programmation arrivez-vous à bien l’équilibrer ?
Le défi de festivals comme Annecy, c'est d'arriver à ce que chaque journée ait une valeur équivalente. On sait que dans les manifestations qui durent plus de dix jours, les dernières journées peuvent-être moins prisées que les premières. Comme la durée d’Annecy n’est que de sept jours nous devons faire en sorte d’arriver à imposer le fait que le dimanche et le samedi soient déjà des temps forts et entiers de festival. Il ne faut pas oublier que lorsque j'ai pris la direction artistique d'Annecy, le festival commençait le mardi matin pour se terminer le vendredi midi, aux yeux d’une majorité de participants. Car même si la clôture avait lieu le samedi soir, les professionnels repartaient la veille. A présent nous arrivons à occuper l’ensemble des sept jours.
Il se dit que Cannes est de plus en plus boudé par les studios américains, pour diverses raisons, mais il semble que ce soit exactement l’inverse à Annecy…
En effet, pratiquement tout le monde est présent et ceux qui n'y sont pas ont des raisons précises et prennent d’ailleurs bien soin de nous dire qu'ils nous préparent quelque chose d’important pour l'an prochain. Il faut avoir conscience que pour ces grands studios, Annecy est un "safe space". Ils y trouvent un public d'amateurs et de connaisseurs ayant une relation à la fois passionnée et respectueuse avec l’animation. Par ailleurs certains cinéastes, dont les noms n’ont pas une résonance particulière auprès de la presse ou du public au sein des grands festivals généralistes, sont accueillis comme des stars à Annecy car tous nos spectateurs les connaissent. Donc ils savent qu’ils peuvent prendre des risques et que ce sera mieux accueilli qu’ailleurs par un public qui a tous les outils en main pour comprendre leur travail. Et la couverture de la presse professionnelle fait que le festival et le Mifa sont un excellent endroit pour faire des annonces. Ensuite beaucoup de participants ont une réelle influence sur la carrière des films. Les studios savent qu’à Annecy, un nombre très élevé de votants aux Oscars assiste aux projections, dans des proportions qui ne se retrouvent pas ailleurs. Bien sûr on ne peut pas dresser une équivalence mais année après année, on retrouve dans les nominations aux Oscar, voire au palmarès, des films passés par chez nous. Les exemples ne manquent pas à commencer par Flow, Amélie et la métaphysique des tubes ou encore Arco. Et La jeune fille qui pleurait des perles, qui était notre film d'ouverture l'an dernier, a gagné l'Oscar du court métrage.
Quelles sont les tendances en matière de techniques ?
Il y a toujours beaucoup de stop-motion, notamment dans les courts métrages et nous avons aussi un premier long métrage néo-zélandais qui a été animé en volume, Kiri et Lou font raaa ! de Harry Sinclair et Antony Elworthy, à Annecy Présente. Il y a quelques années, on aurait pu croire que l’animation 3D allait devenir omniprésente mais ce n’est pas le cas. Certes elle est majoritaire à Annecy Présente, donc dans les films visant un public familial. Mais la 2D est toujours largement présente dans le cinéma d’auteur, avec des factures très diverses. Dans Tangles ou In Waves on est évidemment proche du roman graphique, Le Corset présente une esthétique champêtre assez pastel et puis bien sûr on retrouve le graphisme si particulier de Sébastien Laudenbach dans Carmen, l’oiseau rebelle. Bref c’est tout un éventail. Et cette résistance de la stop-motion m’évoque d’ailleurs le retour en force de l’écran d’épingles. Il n’y a pas plus tactile que ça. Nous avons cette année un film japonais qui a eu recours à cette technique, Rest, un court métrage de Ryotaro Miyajima, produit par Koji Yamamura. C'est une tendance qui était impossible à prévoir il y a dix ans.
Recueilli par Patrice Carré
© crédit photo : ANNECY FESTIVAL F Murarotto
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